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Mosquées . Le ministre des Waqfs, Hamdi Zaqzouq, a affirmé cette semaine sa volonté de moderniser le discours religieux et les prêches dans les mosquées. Objectif : lutter contre le fanatisme.
Un discours moderne mais sous contrôle

« L'imam de la mosquée est entièrement libre de choisir le thème de son prêche », a déclaré le ministre des Waqfs, Hamdi Zaqzouq, cette semaine. Le ministre a nié toute intention du gouvernement d'unifier les prêches prononcés dans les mosquées lors de la prière du vendredi. « Nous avons dit que le prêche du vendredi doit tenir compte des exigences de l'époque et du quotidien des gens. Un prêche prononcé à la campagne ne peut pas être comme celui prononcé en ville ou dans un quartier populaire », a déclaré Hamdi Zaqzouq.

Depuis quelques années, le gouvernement accorde un intérêt particulier aux prêches dans les mosquées. Objectif : faire face aux idées extrémistes en modernisant le discours religieux et en instaurant un contrôle plus stricte sur les imams. Il y a quelques années, le ministère avait requis un permis de prêche aux imams volontaires (non issus des Waqfs ou d'Al-Azhar) qui désirent prêcher dans les mosquées et dont le nombre s'élève à 30 000. Parallèlement, le ministère mène depuis 1996 une politique qui vise à inclure sous son autorité la totalité des lieux de culte. « Notre premier objectif est de lutter contre les intégristes qui ont exploité ces établissements pour propager leurs idées fanatiques. Aujourd'hui, je peux vous assurer que cette politique a abouti. Nous avons réussi à éviter les discours subversifs, extrémistes ainsi que ceux qui critiquent avec virulence le régime et la politique étrangère », affirme Mohamad Zidane, responsable au ministère.

Selon un récent rapport publié par la commission des affaires religieuses à l'Assemblée du peuple, les imams des mosquées sont loin des questions qui touchent la vie quotidienne des gens et ils n'abordent que très rarement des questions comme le planning familial, la transplantation des organes et les intérêts bancaires. Ils répètent des stéréotypes sur des questions vitales comme la liberté d'expression, la condition de la femme et l'acceptation de l'autre. « Nous voulons remédier à cette situation », affirme Mohamad Zidane. « Nous demandons aux imams de centrer leurs discours en premier lieu sur les questions strictement religieuses et ensuite les questions internes sociales et économiques. Le but est de sensibiliser les fidèles aux questions d'actualité », ajoute Zidane. Ces mesures gouvernementales sont dénoncées par les islamistes. « Il est curieux que nous entendions parler au même moment de l'intention du gouvernement d'unifier les prêches du vendredi, de son intention d'annuler l'enseignement de la religion à l'école pour la remplacer par une autre matière appelée les mœurs. Heureusement qu'il ne s'agit que de rumeurs », ironise Hamdi Hassan, député de tendance islamiste.

Selon lui, le gouvernement est en train de céder aux pressions étrangères, notamment après les récents développements dans la région et la guerre américano-britannique en Iraq. Ces propos sont rejetés par Mohamad Zidane qui affirme qu'« aucune pression n'a été exercée sur le ministère », et que « L'Egypte ne s'est jamais soumise aux pressions externes ».

Mohamad, imam d'une mosquée située à Madinet Nasr, au Caire, affirme qu'il reçoit des instructions du ministère des Waqfs quant aux sujets à traiter lors du prêche du vendredi. Il ajoute qu'il ne lui est pas recommandé de parler de politique. « Le ministère envoie des contrôleurs en civil qui assistent au prêche du vendredi pour s'assurer que les imams respectent les instructions et qu'ils ne dépassent pas les limites. Si l'imam ne respecte pas ces instructions, le ministère l'avertit deux fois avant de le muter dans une autre mosquée moins importante, voire dans un village éloigné ». Ces contrôles se sont intensifiés depuis la guerre anglo-américaine sur l'Iraq.

Héba Nasreddine

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