| L'annonce
cette semaine du décès du président de la Haute Cour constitutionnelle,
Fathi Naguib, à l'âge de 65 ans, a profondément bouleversé
le milieu juridique. Le président Hosni Moubarak et de nombreuses
personnalités ont pris part aux obsèques qui se sont déroulées
à la mosquée Rabia Al-Adawiya, à Madinet Nasr. Le chef de
l'Etat a décidé de décerner au défunt « le cordon
de l'ordre du Nil » pour ses efforts dans le domaine
de la justice. « La mort du conseiller Fathi Naguib
est une lourde perte, non seulement pour la Haute Cour constitutionnelle,
mais aussi pour les recherches dans le domaine de la législation
en général », estime un responsable au ministère
de la Justice. Et d'ajouter que Naguib continuait à assumer
ses tâches judiciaires quelques heures seulement avant sa
mort d'une crise cardiaque. Il était en train de rédiger certains
verdicts qu'il devait prononcer prochainement.
Fathi Naguib
a œuvré parallèlement dans le domaine de la justice et de
la recherche. Après avoir terminé ses études à la faculté
de droit en 1958, il intègre le corps judiciaire et occupe
plusieurs postes juridiques avant d'obtenir un doctorat à
l'université de la Sorbonne il y a plus de 30 ans. En 1986,
il fait partie de la commission nationale chargée du dossier
de Taba, et devient membre de la commission chargée des affaires
juridiques concernant cette ville qui était alors sous occupation
israélienne. En 1988, il est nommé adjoint du ministre
de la Justice, chargé de l'arbitrage. A partir de juillet
2001, il occupe tour à tour le poste de président de la Cour
de cassation et celui de président du Haut Conseil de la justice,
avant d'être nommé par le président Moubarak, président de
la Haute Cour constitutionnelle, en septembre de la même année.
Fathi Naguib
faisait partie de ceux qui pensaient que la Constitution égyptienne
est capable de s'adapter aux différentes époques. « La
Constitution égyptienne a pu répondre aux mutations économiques
qu'a connues l'Egypte au cours de la période précédente. Car
le législateur a attribué à la Constitution une marge suffisante
pour assimiler les évolutions », indiquait-il dans
un entretien à Al-Ahram Hebdo, après sa nomination.
Le nom de Fathi
Naguib restera lié au domaine de la législation. Il a participé
à la préparation de plusieurs dizaines de lois, notamment
celles sur le statut personnel, le commerce maritime, le code
de procédures pénales et la protection de la propriété intellectuelle.
Il a présidé plus de 30 fois la délégation égyptienne pour
conclure des accords juridiques internationaux. En outre,
il a publié plusieurs ouvrages sur les législations relatives
aux impôts et le statut personnel. |