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La vie mondaine
La gloire perdue du coton
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie Pendant de longues années, le coton est resté le roi de l'agriculture égyptienne. Il constituait la denrée la plus importante et la plus influente dans la vie sociale égyptienne, que ce soit à la campagne ou dans les villes. Pendant près d'un siècle et demi, le vie de la majorité des Egyptiens était liée au coton. La saison de la récolte constituait un moment de prospérité économique pour toutes les classes de la société. Les espoirs des jeunes se focalisaient sur cette saison de l'année, qu'ils attendaient impatiemment pour se marier. Au cours de la saison, on achetait de nouveaux vêtements pour toute la famille, et l'on pouvait enfin rembourser ses dettes. Tous les projets reportés étaient relancés au cours des cette période, et même l'industrie du divertissement attendait les campagnards, les poches pleines du revenu de la vente de la récolte. Le coton faisait aussi la fierté des Egyptiens, qui s’enorgueillissaient partout dans le monde de la qualité de cet or blanc, dont le nom était toujours associé à celui de l'Egypte.

Mais il y a quelques années, l'empire blanc a commencé à s'effondrer pour de multiples raisons. Les principales causes de ce déclin sont l'apparition des fibres synthétiques, les errements des politiques de sa commercialisation, l'exode rural, et la tendance des agriculteurs à cultiver de nouvelles denrées.

Les politiques de commercialisation qui ont été menées restent le principal facteur de la détérioration de ce pan de l'économie égyptienne. Ces politiques ont commencé en 1963 avec ce que l'on appelait alors « la commercialisation coopérative ». Là, le gouvernement a monopolisé toutes les phases de production, de la récolte à l'exportation. Trente ans après, en 1994, les politiques de commercialisation sont devenues de plus en plus compliquées avec la cohabitation des secteurs public et privé. Quant au dernier coup porté à la commercialisation du coton, ce fut la création sans précédent par le gouvernement de 2 Bourses. La conséquence de ces politiques, dont on ne sait si elles sont libérales ou dirigées, est que les cultivateurs de coton vivent une souffrance sans précédent.

Au cours de la première moitié du siècle dernier, l'Egypte exportait plus de 6 millions de quintaux par an. Aujourd'hui, les exportations se limitent à quelque 4 millions par an. La qualité du coton égyptien a baissé à cause des différentes variétés de coton actuellement cultivées. Les superficies cultivées en coton ont baissé. Si l'on continue sur cette voie, le coton ne sera bientôt plus qu'une ancienne gloire du paysan égyptien !

 

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