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de longues années, le coton est resté le roi de l'agriculture
égyptienne. Il constituait la denrée la plus importante et
la plus influente dans la vie sociale égyptienne, que ce soit
à la campagne ou dans les villes. Pendant près d'un siècle
et demi, le vie de la majorité des Egyptiens était liée au
coton. La saison de la récolte constituait un moment de prospérité
économique pour toutes les classes de la société. Les espoirs
des jeunes se focalisaient sur cette saison de l'année, qu'ils
attendaient impatiemment pour se marier. Au cours de la saison,
on achetait de nouveaux vêtements pour toute la famille, et
l'on pouvait enfin rembourser ses dettes. Tous les projets
reportés étaient relancés au cours des cette période, et même
l'industrie du divertissement attendait les campagnards, les
poches pleines du revenu de la vente de la récolte. Le coton
faisait aussi la fierté des Egyptiens, qui s’enorgueillissaient
partout dans le monde de la qualité de cet or blanc, dont
le nom était toujours associé à celui de l'Egypte.
Mais il y a quelques
années, l'empire blanc a commencé à s'effondrer pour de multiples
raisons. Les principales causes de ce déclin sont l'apparition
des fibres synthétiques, les errements des politiques de sa
commercialisation, l'exode rural, et la tendance des agriculteurs
à cultiver de nouvelles denrées.
Les politiques
de commercialisation qui ont été menées restent le principal
facteur de la détérioration de ce pan de l'économie égyptienne.
Ces politiques ont commencé en 1963 avec ce que l'on appelait
alors « la commercialisation coopérative ».
Là, le gouvernement a monopolisé toutes les phases de production,
de la récolte à l'exportation. Trente ans après, en 1994,
les politiques de commercialisation sont devenues de plus
en plus compliquées avec la cohabitation des secteurs public
et privé. Quant au dernier coup porté à la commercialisation
du coton, ce fut la création sans précédent par le gouvernement
de 2 Bourses. La conséquence de ces politiques, dont on ne
sait si elles sont libérales ou dirigées, est que les cultivateurs
de coton vivent une souffrance sans précédent.
Au cours de la
première moitié du siècle dernier, l'Egypte exportait plus
de 6 millions de quintaux par an. Aujourd'hui, les exportations
se limitent à quelque 4 millions par an. La qualité du coton
égyptien a baissé à cause des différentes variétés de coton
actuellement cultivées. Les superficies cultivées en coton
ont baissé. Si l'on continue sur cette voie, le coton ne sera
bientôt plus qu'une ancienne gloire du paysan égyptien !
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