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Kiosque . Les élections du Syndicat des journalistes ont suscité de nombreux commentaires dans la presse arabe et égyptienne cette semaine.

La démocratie avant tout

« Elections des journalistes égyptiens : changement démocratique ou suicide ? ». « Le début de l'air de l'indépendance ». « Une révolution au Syndicat des journalistes en Egypte ». « Un Nassérien à la tête du Syndicat des journalistes égyptiens ». « L'envie de changement a été déterminante pour les élections des journalistes ». « Les arrangements louches dans les élections des journalistes ». C'est ainsi que la presse égyptienne et arabe commente les résultats des élections du Syndicat des journalistes qui se sont déroulées le 30 juillet au Caire. Les éditorialistes sont unanimes à considérer que ces élections constituent une « mini-révolution ». « Ce qui s'est passé au sein du Syndicat des journalistes est très important. C'est peut-être une avant-première de ce qui arrivera en Egypte au cours des années futures sur une plus grande échelle », analyse Réda Hilal dans le quotidien Al-Ahram. C'est donc le début d'une nouvelle ère qui commence en Egypte avec une conscience politique plus forte et une réelle volonté de changement. Réda Hilal espère que cette expérience démocratique sera respectée par toutes les parties. « Le vrai démocrate ne peut qu'espérer que les deux courants dominants au sein du conseil d'administration, islamiste et nassérien, respecteront la pratique de la démocratie », poursuit Hilal dans son éditorial.

Salah Issa, dans le quotidien Al-Wafd, tire lui aussi les leçons de ce scrutin surprenant, affirmant que les journalistes ont prouvé que leur syndicat est indépendant : « Un syndicat indépendant est capable de protéger les droits de ses membres sans que ces derniers ne soient obligés de vendre leur voix, ou de mettre à prix leurs décisions », affirme Issa en ajoutant que « le gouvernement se tromperait s'il ne prend pas en considération la signification de cette réussite du nouveau président Galal Aref, ou bien s'il ne se rend pas compte qu'il est temps de lever toutes formes de protection et d'hégémonie imposées à la société civile ».

« Où en est la presse égyptienne », s'interroge pour sa part Sami Atallah dans le quotidien arabe Al-Charq Al-Awsat. Atallah voit les choses sous un autre angle. Selon lui, « les élections ne changeront rien à la réalité professionnelle ». Et la presse égyptienne et arabe continue à traverser une crise existentielle.

Toujours est-il que les élections ont provoqué « une révolution au sein du Syndicat des journalistes », titre le quotidien londonien Al-Hayat. Ce dernier note qu'« avec l'élection d'un président nassérien, et en plus un conseil dont les Frères et les Nassériens sont majoritaires, le gouvernement a reçu un coup très dur ».

Certains écrivains ne manquent pas de souligner que ces élections ont été celles des « accords secrets » entre les Nassériens et les Frères musulmans d'où une présence très forte de ces deux courants au sein du conseil du syndicat. Karam Gabr, dans l'hebdomadaire Rose Al-Youssef, tente de comprendre ce qui s'est passé. « Est-ce que c'est la volonté de changement, est-ce que c'est le gouvernement qui ne s'intéresse pas aux élections, ou bien a-t-il mal choisi son représentant ? S'agit-il de manœuvres, de trahisons, de fausses promesses, et de marchandages, ou enfin c'est l'intelligence d'une minorité organisée qui a pu l'emporter sur une majorité désorganisée ? », écrit Karam Gabr. Tous les indices portent à croire que la mission sera très difficile pour le nouveau conseil d'administration du Syndicat des journalistes.
« Les journaux nationaux refuseront dès le début que le conseil mette son nez dans leurs affaires », conclut Gabr dans son éditorial.

Hoda Ghali

La vocation perdue
La perte de vocation semble être la remarque qui découle immédiatement de l'annonce des résultats d'admission aux universités. Par vocation on veut dire un centre d'intérêt, l'amour d'une discipline, les perspectives d'une profession choisie parce qu'elle est une réalisation de soi ou l'expression des aptitudes de tout un chacun. Certes, il ne faut pas pêcher par excès d'idéalisme. Entrer à l'université, c'est envisager aussi de se lancer dans le marché du travail, d'où une recherche de la rentabilité et une approche plus pratique de la chose. Mais il est certain aussi que l'on ne peut envisager les études et la vie avec ce seul souci. Ainsi on a vu monter en flèche, dans la section lettres, les pourcentages des facultés de pédagogie. Tout d'un coup, des milliers de candidats semblent avoir découvert les vertus du métier d'enseignant. Or, cela n'a rien à voir avec un souhait de former des jeunes générations, ni avec l'approche et le contact humains que doit procurer cette profession. Un peu cyniques, les bacheliers qui ont dépensé des milliers de livres en cours particuliers y ont trouvé la poule aux œufs d'or. Pourtant, enseigner est bien la profession qui exige le plus de qualités humaines, si l'on songe que ces dernières ne sont plus de mise, dans la course effrénée au profit.

En revanche, d'autres facultés ont été quasiment abandonnées. La faculté des sciences avec ses prestigieuses matières, mathématiques, physique, chimie, etc., support de la recherche scientifique, s'est trouvée au bas de la liste. Un des premiers de la promotion qui a choisi envers et contre tous la faculté des sciences a dû s'expliquer longuement sur ses choix et présenté des excuses à ses parents déçus qui voulaient le voir sans doute en médecine. Pour se défendre, il a dit qu'il voulait être comme Ahmad Zoweil, le prix Nobel américain d'origine égyptienne.

Ahmed Loutfi
 

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