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Dans la capitale
assiégée depuis deux mois par les forces du mouvement rebelle
des Libériens unis pour la démocratie et la réconciliation
(LURD), les deux parties, rebelle et gouvernementale, ont
évoqué la menace de violences pour les jours qui viennent.
Devant la presse,
le ministre de l'Economie de Taylor, Sam Jackson, a brandi
le spectre de l'anarchie et du chaos dans ce petit pays d'Afrique
de l'ouest.
De son côté,
le LURD, qui contrôle le nord-ouest de Monrovia, dont son
port, redoute en outre des « infiltrations ennemies »
après le départ du président Charles Taylor. Les partisans
de l'ex-chef de l'Etat, armés et indisciplinés, sont présents
par milliers dans la capitale. Et il n'est pas certain que
les 776 soldats de la force de maintien de la paix ouest-africaine
(Ecomil), considérés par une majorité des habitants de Monrovia
comme des sauveurs, soient en mesure de contenir une éventuelle
flambée de violence.
Moses Blah devra
alors prendre les rênes d'un pays dont le gouvernement ne
contrôle plus qu'un cinquième environ.
Des pourparlers
entre des représentants du régime en place et des mouvements
rebelles qui le combattent sont toujours en cours au Ghana,
pour tenter de mettre sur pied un gouvernement d'union nationale
pour une période de transition.
Les responsables
du LURD se disent prêts à accepter le résultat de ces négociations,
mais le secrétaire général adjoint de la rébellion, Sékou
Fofana, a affirmé vendredi qu'ils ne pouvaient accepter la
présence de Moses Blah, « général de Charles Taylor »,
à la tête du Liberia. « Si Blah succède (à Charles
Taylor), nous le combattrons. On ne peut pas laisser le
peuple libérien à Moses Blah qui est un général de l'armée
de Taylor », a affirmé Sékou Fofana. Il a souhaité
« qu'un civil neutre » assure la transition
du pouvoir après le départ du président Taylor.
Washington, qui
écartait une intervention terrestre tant que Charles Taylor
était encore au Liberia, a envoyé trois bâtiments militaires
au large des côtes libériennes avec 2 500 hommes à bord
et tout le matériel nécessaire à un débarquement. Une équipe
militaire américaine restreinte, composée d'une dizaine d'hommes,
se trouve à Monrovia en vue d'établir tous les contacts nécessaires
à une éventuelle intervention.
Les affrontements
entre les rebelles opposés à l'ex-président Charles Taylor
ont fait au cours des deux derniers mois des milliers de morts,
de blessés et de déplacés, pris au piège par les combats entre
les rebelles du LURD et les forces loyalistes.
Les Nations-Unies,
qui ont demandé mercredi 69 millions de dollars à la communauté
internationale pour faire face à la crise humanitaire frappant
un million de personnes au Liberia, réfléchissent à un plan
ambitieux pour la reconstruction du pays. Le plan onusien
prévoit notamment la création d'une force de 15 000 hommes
pour désarmer les factions armées, affirme le Washington
Post dans son édition de vendredi. Toutefois, l'un des
principaux obstacles au projet est qu'avant toute opération
majeure de l'Onu au Liberia, les pourvoyeurs potentiels de
troupes et de fonds exigeront au préalable un accord de paix
entre les factions armées.
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