Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Affaire

 

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Af faires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Entretien . Hamdi Rachad, directeur du bureau technique du ministre du Secteur public des Affaires, évoque les difficultés que rencontre l'Etat à mener à bien son programme de privatisation.
« Je pense que les choses progresserons d'ici
trois mois
 »

Al-Ahram Hebdo : Le programme de privatisation tourne au ralenti depuis quelques années ? Où en est-il à présent ?

Hamdi Rachad : Nous essayons de faire avancer le programme, mais nous demeurons incapables d'atteindre notre but. Cependant, plusieurs transactions sont en voie de réalisation. Je pense que les choses progresserons d'ici trois mois. Nous sommes en train de préparer plusieurs entreprises à la vente. Nous allons lancer prochainement un appel d'offres pour vendre les parts publiques de quelques joint-ventures. Les appels d'offres de la maison d'édition Dar Mayo — dont des banques publiques et la société d'assurance Misr détiennent 17 % des actions — et celui de Ideal Standard seront lancés dans quelques jours. Les appels d'offres concernant 8 autres joint-ventures seront également lancés dans un mois. Je crois que la vente de ces entreprises se fera rapidement. De plus, 8 entreprises vont être privatisées par capitalisation (ndlr : ce qui signifie que le secteur privé entrera comme partenaire en augmentant le capital de l'entreprise de manière à devenir propriétaire d'au moins 51 % des actions de l'entreprise).

— On évoque la privatisation par capitalisation de ces 8 entreprises depuis 9 mois. Mais aucun investisseur ne s'est présenté jusqu'à maintenant. Comment expliquer ces réticences ?

— La situation économique en Egypte et dans l'ensemble de la région n'est pas encourageante. Et les pays arabes passent par une période de transition, qui provoque une grande incertitude. Ainsi, les investisseurs égyptiens hésitent à investir vu la situation économique intérieure et les difficultés qu'ils endurent. Les étrangers, quant à eux, préfèrent ne pas s'installer dans un pays du Moyen-Orient en raison des tensions dans la région, en Palestine ou en Iraq.

— Le ministère a annoncé l'année dernière qu'il procéderait à la vente des 511 joint-ventures dont il vient d'hériter la gestion. Or, jusqu'à présent, seules trois ventes ont eu lieu. Comment expliquez-vous cela ?

— Le problème des joint-ventures est que la part de capital public dans ces entreprises n'est pas entre les mains du ministère, mais appartient à des banques publiques et à des sociétés d'assurances publiques qui parfois refusent de vendre leurs parts. D'autre part, le nombre de joint-ventures est en augmentation. Chaque jour, nous découvrons de petites joint-ventures dont nous ne soupçonnions pas l'existence. Il ne s'agit plus à présent de 511, mais de quelque 670 entreprises.

— Quel est le bilan du programme de privatisation depuis début 2003 ?

— Seulement deux transactions ont été réalisées depuis le début de l'année, pour une valeur globale de 15 millions de L.E. Il s'agit de la vente de deux hôtels côtiers : Isis et Osiris.

— Le ministère a annoncé qu'il s'orienterait vers la restructuration et la modernisation des entreprises restantes étant donné le ralentissement du programme. Cette décision n'arrive-t-elle pas un peu tard ?

— Au début de l'application du programme de privatisation, les entreprises devaient être vendues dans un délai de deux ans. Il n'était donc pas nécessaire de les moderniser ou de les restructurer. A présent, 12 ans se sont écoulés depuis le début du programme, et nous avons réalisé qu'il était impensable de négliger la modernisation de ces entreprises. Il est nécessaire de restructurer les entreprises restantes, et de les adapter aux progrès techniques. En fait, plus le temps passe, plus la situation des entreprises se détériore, elles deviennent obsolètes et donc invendables. Nous nous sommes focalisés sur les entreprises de textile, de médicaments ainsi que sur l'entreprise de fer et d'acier. A titre d'exemple, nous avons dédié 490 millions de L.E. au secteur textile pour augmenter l'efficacité des lignes de production.

— Les entreprises du secteur public souffrent d'une dette colossale de 30 milliards de L.E. Comment comptez-vous faire pour honorer cette dette ?

— Nous sommes parvenus à un compromis non détaillé avec les banques selon lequel les dettes seront transformées en titres. Mais il faut que le ministère des Finances l'approuve. Il étudie l'affaire depuis le mois de mars et nous attendons toujours la réponse.

— Comment expliquez-vous la fusion de la Holding pour l'ingénierie dans deux autres deux entités, la Holding pour les industries chimiques et la Holding pour les mines ?

— Le rôle principal du ministère depuis le début du programme est de vendre les entreprises. Cela conduit à réduire le nombre de Holdings. Leur nombre est passé de 37 à 27 dans un premier temps, puis a continué à diminuer de 17 à 13, passant de 11 à 10, jusqu'à 9 après cette dernière fusion. Le but de cette fusion était de répartir les entreprises de la Holding pour l'ingénierie sur d'autres holdings plus riches, qui ont des capacités financières, pour restructurer les entreprises de cette holding, dont plusieurs accumulent de lourdes pertes.

— Le ministre, Mokhtar Khattab, a récemment annoncé la volonté du gouvernement d'investir dans des entreprises de production de sucre et d'engrais afin de pallier aux insuffisances du secteur privé. S'agit-il d'une nouvelle orientation du ministère ?

— Etre concerné par les privatisations ne contredit pas le fait que nous sommes convaincus que le rôle de l'Etat est d'encourager l'investissement. Ainsi pour encourager le secteur privé à investir dans certains domaines, nous agissons en parallèle et conjointement. Le comité ministériel pour la privatisation a décidé de participer, aux côtés du secteur privé, à hauteur de 180 millions de livres pour la construction de 5 usines d'engrais. Nous pourrions nous retirer de ces projets au bout de 4 ou 5 années et vendre nos parts.

Propos recueillis par
Névine Kamel
Marwa Hussein

Retour au Sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631