|
Al-Ahram
Hebdo : Le programme de privatisation tourne
au ralenti depuis quelques années ? Où en est-il
à présent ?
Hamdi Rachad
: Nous essayons de faire avancer le programme, mais
nous demeurons incapables d'atteindre notre but. Cependant,
plusieurs transactions sont en voie de réalisation.
Je pense que les choses progresserons d'ici trois mois.
Nous sommes en train de préparer plusieurs entreprises
à la vente. Nous allons lancer prochainement un appel
d'offres pour vendre les parts publiques de quelques
joint-ventures. Les appels d'offres de la maison d'édition
Dar Mayo — dont des banques publiques et
la société d'assurance Misr détiennent 17 %
des actions — et celui de Ideal Standard
seront lancés dans quelques jours. Les appels d'offres
concernant 8 autres joint-ventures seront également
lancés dans un mois. Je crois que la vente de ces entreprises
se fera rapidement. De plus, 8 entreprises vont être
privatisées par capitalisation (ndlr : ce qui signifie
que le secteur privé entrera comme partenaire en augmentant
le capital de l'entreprise de manière à devenir propriétaire
d'au moins 51 % des actions de l'entreprise).
— On
évoque la privatisation par capitalisation de ces 8
entreprises depuis 9 mois. Mais aucun investisseur ne
s'est présenté jusqu'à maintenant. Comment expliquer
ces réticences ?
— La
situation économique en Egypte et dans l'ensemble de
la région n'est pas encourageante. Et les pays arabes
passent par une période de transition, qui provoque
une grande incertitude. Ainsi, les investisseurs
égyptiens hésitent à investir vu la situation économique
intérieure et les difficultés qu'ils endurent. Les étrangers,
quant à eux, préfèrent ne pas s'installer dans un pays
du Moyen-Orient en raison des tensions dans la région,
en Palestine ou en Iraq.
— Le
ministère a annoncé l'année dernière qu'il procéderait
à la vente des 511 joint-ventures dont il vient d'hériter
la gestion. Or, jusqu'à présent, seules trois ventes
ont eu lieu. Comment expliquez-vous cela ?
— Le
problème des joint-ventures est que la part de capital
public dans ces entreprises n'est pas entre les mains
du ministère, mais appartient à des banques publiques
et à des sociétés d'assurances publiques qui parfois
refusent de vendre leurs parts. D'autre part, le nombre
de joint-ventures est en augmentation. Chaque
jour, nous découvrons de petites joint-ventures dont
nous ne soupçonnions pas l'existence. Il ne s'agit plus
à présent de 511, mais de quelque 670 entreprises.
— Quel
est le bilan du programme de privatisation depuis début
2003 ?
— Seulement
deux transactions ont été réalisées depuis le début
de l'année, pour une valeur globale de 15 millions de
L.E. Il s'agit de la vente de deux hôtels côtiers
: Isis et Osiris.
— Le
ministère a annoncé qu'il s'orienterait vers la restructuration
et la modernisation des entreprises restantes étant
donné le ralentissement du programme. Cette décision
n'arrive-t-elle pas un peu tard ?
— Au
début de l'application du programme de privatisation,
les entreprises devaient être vendues dans un délai
de deux ans. Il n'était donc pas nécessaire de les moderniser
ou de les restructurer. A présent, 12 ans se sont écoulés
depuis le début du programme, et nous avons réalisé
qu'il était impensable de négliger la modernisation
de ces entreprises. Il est nécessaire de restructurer
les entreprises restantes, et de les adapter aux progrès
techniques. En fait, plus le temps passe, plus la situation
des entreprises se détériore, elles deviennent obsolètes
et donc invendables. Nous nous sommes focalisés sur
les entreprises de textile, de médicaments ainsi que
sur l'entreprise de fer et d'acier. A titre d'exemple,
nous avons dédié 490 millions de L.E. au secteur textile
pour augmenter l'efficacité des lignes de production.
— Les
entreprises du secteur public souffrent d'une dette
colossale de 30 milliards de L.E. Comment comptez-vous
faire pour honorer cette dette ?
— Nous
sommes parvenus à un compromis non détaillé avec les
banques selon lequel les dettes seront transformées
en titres. Mais il faut que le ministère des Finances
l'approuve. Il étudie
l'affaire depuis le mois de mars et nous attendons toujours
la réponse.
— Comment
expliquez-vous la fusion de la Holding pour l'ingénierie
dans deux autres deux entités, la Holding pour les
industries chimiques et la Holding pour les mines ?
— Le
rôle principal du ministère depuis le début du programme
est de vendre les entreprises. Cela conduit à réduire
le nombre de Holdings. Leur nombre est passé de 37 à
27 dans un premier temps, puis a continué à diminuer
de 17 à 13, passant de 11 à 10, jusqu'à 9 après cette
dernière fusion. Le but de cette fusion était de répartir
les entreprises de la Holding pour l'ingénierie
sur d'autres holdings plus riches, qui ont des capacités
financières, pour restructurer les entreprises de cette
holding, dont plusieurs accumulent de lourdes pertes.
— Le
ministre, Mokhtar Khattab, a récemment annoncé la volonté
du gouvernement d'investir dans des entreprises de production
de sucre et d'engrais afin de pallier aux insuffisances
du secteur privé. S'agit-il d'une nouvelle orientation
du ministère ?
— Etre
concerné par les privatisations ne contredit pas le
fait que nous sommes convaincus que le rôle de l'Etat
est d'encourager l'investissement. Ainsi pour encourager
le secteur privé à investir dans certains domaines,
nous agissons en parallèle et conjointement. Le comité
ministériel pour la privatisation a décidé de participer,
aux côtés du secteur privé, à hauteur de 180 millions
de livres pour la construction de 5 usines d'engrais.
Nous pourrions nous retirer de ces projets au bout de
4 ou 5 années et vendre nos parts. |