Banques
. Les établissements
bancaires commencent à s'adapter aux dispositions
prévues par la nouvelle loi. Une petite révolution. |
La
nouvelle ère |
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« Je
ne peux pas t'octroyer le crédit dont tu as
besoin. La nouvelle loi sur les banques interdit
d'accorder des crédits aux proches des membres
du conseil d'administration jusqu'au 4e degré »,
lance Hala Fayeq, directeur du département des
crédits à MiBank, à l'une de ses proches.
Voilà l'ambiance qui règne dans les banques
un mois après la rentrée en vigueur de la nouvelle
loi, le 16 juillet dernier. Le texte a intensifié
les restrictions pour l'octroi de crédits pour
mettre fin à l'insolvabilité de certains clients,
une questions particulièrement problématique.
En effet, le montant des sommes empruntées par
les personnes insolvables dépasse les 37 milliards
de L.E. actuellement.
La loi a aussi modifié les
formulaires de demandes de crédits, recueillant
ainsi de nombreuses informations concernant
le client. Ces procédures sont complétées par
la création de comités de révision internes
au sein des banques pour chercher les domaines
d'utilisation des crédits et pour suivre la
situation des clients après l'octroi de ces
derniers.
La création de ces comités
ne se limite pas au département des crédits,
mais englobe tous les services de la banque.
« Pour la première fois, chaque établissement
est obligé de créer ces comités conformément
à la nouvelle loi. Chaque branche sera contrôlée
par un comité pour examiner son travail »,
explique Abdel-Rahmane Baraka, PDG de la banque
Misr Romanian.
Ces restrictions touchent aussi
la nomination des banquiers. La nouvelle loi
contraint les banques à demander l'autorisation
de la Banque Centrale égyptienne avant la désignation
des directeurs des départements de crédits,
des titres financiers et d'inspection. Une manière
de limiter le recours au piston dans
les nominations aux postes stratégiques.
Malgré ces restrictions, la
loi autorise désormais les personnes endettées
à régler leurs problèmes à l'amiable avec les
banques et à rembourser les crédits à condition
que cette procédure ait lieu avant que le tribunal
ne se prononce. « Ce qui est important
pour la banque, c'est que les clients remboursent
les crédits », commente Abdel-Rahmane
Baraka. « Mais malheureusement, tous
ceux qui ont fait l'objet d'un jugement judiciaire
tels que Hoda Abdel-Moneim et Aliaa Al-Ayouti
(ndlr : Des femmes d'affaires qui se
sont enfuies à l'étranger avec les crédits obtenus),
seront privés de cet avantage, même s'ils veulent
rembourser les sommes empruntées »,
explique Ahmad Qoura, PDG de la banque Al-Watani
Al-Masri. Il ajoute que les banquiers, qui
octroient un crédit et savent que le client
est insolvable, seront sanctionnés.
Par ailleurs, la loi interdit
à la banque d'empêcher les clients endettés
de partir à l'étranger sans l'autorisation préalable
de la Banque Centrale égyptienne et sans une
demande auprès du tribunal. « Cet article
pourra encourager la fuite des hommes d'affaires
et augmenter les problèmes des personnes insolvables »,
déplore Ahmad Qoura.
Grâce à la loi, les banques
vont pouvoir demander officiellement à des société
de conseil de faire des études de faisabilité
sur les projets avant d'octroyer des crédits.
En même temps, la loi punit toutes les sociétés
de conseil qui réalisent des études erronées.
« Ces sanctions seront définies dans
la charte exécutive de la loi qui sera publiée
six mois après sa promulgation », explique
Ahmad Qoura.
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Capital minimum
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En fait, l'adaptation des banques
à la nouvelle loi ne se limite pas à la question
des personnes insolvables, mais impose aussi
aux banques d'augmenter leur capital. En fait,
la loi fixe à 500 millions de L.E. le capital
minimum pour chacune d'entre elles. Cette idée
a été déjà conçue et pratiquée par les banques
il y a un ans et demi. « Toutes les dispositions
de la nouvelle loi ne sont pas nouvelles pour
les banques. La loi n'a fait que regrouper les
mesures qui se trouvaient dans les ordres de
mission donnés par la Banque Centrale aux banques »,
commente le président d'une banque, sous couvert
d'anonymat.
D'autres établissements cependant
ne sont pas encore prêts à augmenter leur capital.
« Par exemple, la banque Misr
Romanian souhaite réunir ses actionnaires
pour procéder à l'augmentation de son capital
qui est actuellement de 182 millions de L.E.
C'est une somme modeste par rapport au capital
requis, mais nos partenaires roumains ont l'intention
d'effectuer cette augmentation », explique
Baraka.
Les banques n'ont qu'un an
pour augmenter leur capital et seule la Banque
Centrale a le pouvoir de prolonger ce délai
à trois ans. « Plus de la moitié des
banques ont déjà augmenté leur capital à 500
millions de L.E. Tandis que le reste se prépare
à réaliser cet objectif », explique
Ahmad Qoura. « Celles qui seront incapables
d'augmenter le capital seront obligées de fusionner
avec une autre banque avec l'autorisation de
la Banque Centrale. Sinon, elles devront lancer
une souscription publique », précise
Mohamad Aboul-Maati, banquier au département
des systèmes d'informations à la banque Ahli.
En fait, la clause d'augmentation du capital
n'est pas une innovation de la nouvelle loi.
Elle était déjà stipulée dans le réglement du
comité de Bazel 2. « Ce dernier oblige
les banques à couvrir les risques à hauteur
de 10 % du capital actuellement, contre
8 % en 2002 », explique Baraka
en soulignant que ce taux s'élève à 17 %
dans sa propre banque.
La loi stipule de même l'interdiction
pour chaque actionnaire de posséder plus de
10 % du capital de la banque, sans avoir
préalablement obtenu l'aval de la Banque Centrale.
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| Dahlia
Réda
Gilane
Magdi |
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« La
loi va permettre
de trouver
des compromis » |
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Abdel-Rahmane
Baraka, PDG de la banque Misr Romanian, estime
que la nouvelle loi sur les banques permettra
à ces dernières de sortir de l'impasse.
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Ahram Hebdo : Quel
regard portez-vous sur la politique monétaire
égyptienne ?
Abdel-Rahmane Baraka :
Avec l'application de la nouvelle loi sur les
banques, la politique monétaire égyptienne va
être modifiée conformément à la conjoncture
économique actuelle. Cette politique est influencée
par le ralentissement des performances économiques,
ainsi que par la conjoncture économique mondiale.
Mais à mon avis, la décision de libéraliser
le taux de change a beaucoup changé le climat
de l'investissement en encourageant les étrangers
à mieux investir, donnant plus de crédibilité
au contexte économique.
— Comment les banques
peuvent-elles se développer pour être compétitives
sur le marché international ?
— Je pense que la loi
sur les banques est là pour modifier les bases
du système d'emprunt et établir les règles essentielles
des transactions bancaires. Mais cela ne suffit
pas, les banques doivent se doter de moyens
informatiques afin que leurs différentes branches
soient en réseau pour mieux contrôler les transactions.
Pour la première fois, les banques sont reliées
entre elles et à la Banque Centrale à travers
le réseau informatique. Par exemple, ma banque
a mis en place de nouveaux services tels que
l'envoi de SMS pour informer le client de la
position de son compte courant. Un service bancaire
par Internet existe aussi pour améliorer la
prestation offerte aux clients.
— Que pensez-vous du problème
des personnes insolvables ?
— A mon avis, la nouvelle
loi va permettre aux banques de recouvrer les
sommes prêtées sans que les personnes insolvables
aient à subir des peines de prison, en trouvant
des compromis, en souplesse. A mon avis, il
faut distinguer trois types de personnes insolvables :
ceux qui sont en difficulté à cause de la conjoncture.
Ceux-ci représentent 65 % du portefeuille
de la banque. La deuxième catégorie représente
les insolvables qui sont en difficulté :
la banque va rééchelonner leurs dettes. Enfin,
les derniers sont ceux qui ne peuvent rembourser
leurs crédits à cause de leurs mauvaises performances.
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| Propos
recueillis par
D.
R. et G. M. |
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