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Football . Le Championnat égyptien compte de plus en plus de joueurs africains. Leur niveau de jeu laissant à désirer, la fédération cherche à limiter leur recrutement. Etat des lieux.
Les Africains
ne font plus recette

Voilà quelques années que le débat sur les joueurs étrangers en Egypte est ouvert. La question qui se pose est de savoir ce qu'apportent réellement ces éléments au football égyptien. Surtout si on les compare à leurs homologues présents dans les pays du Golfe persique, dont la contribution au développement de la discipline est importante.

Car les performances de ces joueurs au sein des formations égyptiennes sont depuis quelque temps très décevantes. Les statistiques officielles de la Fédération Egyptienne de Football (FEF) révèlent qu'au cours des 4 dernières saisons, sur 73 joueurs étrangers de première division, seuls 30 ont participé à plus de 50 % des rencontres et 16 ont dépassé le seuil des 75 % de participation, c'est-à-dire de 20 à 26 rencontres en championnat. Mis à part John Utaka (Nigeria) avec Ismaïli, Somaïla Coulibaly (Mali) avec Zamalek et Gilberto (Angola) avec Ahli, peu de joueurs ont marqué les esprits. « Même si ces joueurs ne sont pas très talentueux, ils sont physiquement très bons et coûtent moins cher que les joueurs égyptiens », répond Mohamad Salah, l'ex-directeur technique de Goldi, qui a lui-même largement puisé dans le vivier des joueurs africains. La majorité de ces joueurs se rendent d'eux-mêmes en Egypte pour passer les tests de recrutement au sein de différents clubs. Une très bonne affaire pour ces derniers, qui n'ont pas à payer de prix de transfert. Ils ne déboursent ainsi que la somme du contrat et les salaires.

C'est au début des années 1980 que commence le recrutement des joueurs africains dans les clubs égyptiens. Avec en particulier l'achat de vedettes telles que le Camerounais Antoine Bell à Moqaouloun et les Ghanéens Emanuel Kwarchi à Zamalek, et Abdel-Razak Karim à Moqaouloun. Leur énorme succès pousse les clubs égyptiens à rechercher d'autres talents. Mais le football africain a beaucoup gagné en réputation et les joueurs qui se distinguent peuvent désormais directement aller en Europe. Sinon, ils demandent des sommes bien trop élevées pour les clubs égyptiens. Ce qui a conduit les équipes égyptiennes à faire appel à des joueurs de qualité moindre. C'est là une grande différence avec les riches formations du Golfe qui ont le luxe de s'offrir des joueurs de haut niveau.

D'un autre côté, nombreux sont les directeurs technique étrangers qui ont contribué à cette présence toujours plus importante de joueurs étrangers en Egypte. Le directeur technique néerlandais de Zamalek, Ruud Krul, a fait appel aux Nigérians Christopher et Andy Chiko en 1995. A Ahli, l'Allemand Hans Dexy a amené en Egypte Robert Akwaroy et Sunday Sheykou en provenance du Lobi Stars (Nigeria) en 2001. Suivit du célèbre duo angolais Gilberto et Avelino Lopes en provenance de Petro Atletico en 2002, sur demande du Portugais Manuel José Da Silva. « Ils suivent les consignes à la lettre et savent se comporter en vrai professionnel sur et hors du terrain », justifiait ce dernier.

Lopes et son compatriote Gilberto ont fait l'objet du plus important des recrutements africains. 1 300 000 million de dollars ont été versés par Ahli pour obtenir les services du duo angolais. Si Gilberto a répondu aux attentes, Avelino a en revanche beaucoup déçu. En 18 mois, l'attaquant angolais n'a disputé que 6 rencontres en championnat, ne marquant qu'un seul but contre Ismaïli en 2001/2002. Son seul coup éclat remonte à la rencontre contre l'AS Rome en août 2002 où il a marqué le but de la victoire (2-1).


La Fédération intervient

Depuis, la Fédération Egyptienne de Football (FEF) est intervenue à diverses reprises pour limiter l'ampleur du phénomène. En 1999, un nouveau règlement a été mis en place limitant à trois le nombre des joueurs étrangers dans chaque équipe. Un an après, et pour protéger les Egyptiens, le règlement interdisant le recrutement de nouveaux gardiens étrangers est entré en vigueur. Une décision importante qui a par exemple permis à Mohamad Sobhi de briller avec Ismaïli, en se faisant couronner meilleur gardien d'Egypte de la saison 2000/2001 par la FEF. A l'été 2002, la fédération a ensuite décidé de réduire à deux le nombre de joueurs étrangers en liste A de chaque équipe. Avec une option pour deux autres joueurs mais seulement en équipe juniors.

« Nous avons essayé de limiter au maximum le recours à ses joueurs mais les clubs y recourent toujours. Nous cherchons toujours à garantir l’efficacité de ses achats mais nous n'avons pas encore de nouvelles mesures pour la prochaine saison », a déclaré Ahmad Chobeir, membre du conseil d'administration de la FEF.

Avec ces mesures, la FEF s'est conformée à la majorité des normes européennes qui posent une limite au nombre de joueurs étrangers présents dans une équipe. En Angleterre, les joueurs étrangers (non européens) doivent même posséder un permis provisoire de travail. Lors du renouvellement de leur contrat, la Fédération anglaise examine le taux de participation du joueur avec son équipe, et s'il est en dessous de 75 %, son autorisation de travail est refusée. Les clubs sont ainsi forcés de recruter selon leurs stricts besoins. Un modèle qui conviendrait parfaitement à l'Egypte puisque les statistiques (voir tableau) indiquent que 6 joueurs sur 17 ne comptent aucune participation en 2002/2003!

Karim Farouk
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Au cours des 20 dernières années, seuls 7 joueurs africains ont vraiment marqué le football égyptien. Portraits.

Emmanuel Kwarchi, la référence
C'est la référence des joueurs africains en Egypte. Arrivé à Zamalek en 1983, l'attaquant ghanéen a d'emblée impressionné les observateurs par ses grandes qualités. Coriace, surpuissant, et très rapide, Kwarchi est un attaquant complet. Il est en plus doté d'un jeu très technique, qui fait de lui un des meilleurs joueurs africains d'Egypte. Il était un vrai casse-tête pour les défenseurs adverses. Surtout avec la présence de son coéquipier Tareq Yéhia, à l'époque ailier gauche de Zamalek et de la sélection égyptienne. Celui-ci, réputé pour ses centres décisifs, a toujours su profiter du jeu de tête de Kwarchi, en lui offrant des passes millimétrées, souvent transformées en buts. Kwarchi n'a passé que deux saisons (1983-1985) avec Zamalek, mais cela lui a suffi pour acquérir une grande popularité en Egypte.

Bell, le gymnaste
Tout a commencé lors d'un match comptant pour les quarts de finale de la Coupe des coupes africaines, opposant Moqaouloun à Africa sport (C-Iv). Malgré la victoire de Moqaouloun, les attaquants de l'équipe ont dû faire face à une résistance acharnée du gardien de but adverse, le Camerounais Antoine Bell. Séduits par son excellente performance, les dirigeants du club n'ont pas tardé à le recruter. Et Bell n'a pas déçu. Bien qu'ayant intégré les rangs de l'équipe en milieu de saison, il a grandement contribué à ce que Moqaouloun remporte le Championnat d'Egypte 1983 et la Coupe des coupes africaines 1984. Pendant son expérience égyptienne qui a duré 3 ans (1983-1986), Bell s'est illustré comme l'un des meilleurs gardiens d'Egypte. Il a compensé sa taille moyenne (178 cm) par une énorme flexibilité et une bonne vision de jeu. Bell a d'ailleurs souvent été comparé à un gymnaste. L'entraîneur de la sélection camerounaise de gymnastique lui a même proposé d'intégrer les rangs de son équipe ! Son transfert à l'Olympique de Marseille (D1, Fra), en 1987, prouve ses grandes qualités.

La black star de Moqaouloun
C'est trois ans après son titre de meilleur joueur africain en 1979 que le Ghanéen Abdel-Razak Karim a intégré les rangs de Moqaouloun. Le nouveau meneur de jeu de l'équipe a fait partie de la génération dorée de ce club qui a remporté le Championnat d'Egypte en 1983 et la Coupe des coupes africaines en 1984. Sa présence sur le terrain a été d'une redoutable efficacité. « C'est l'un des meilleurs joueurs que j'ai vus de toute ma carrière. Sa présence sur le terrain rassurait ses coéquipiers et apportait énormément de puissance à l'équipe », se souvient Ali Chéhata, ex-défenseur du Moqaouloun et de la sélection égyptienne de football. Après son départ de Moqaouloun en 1986, il a joué dans la célèbre formation ghanéenne de Kotoko et a fait partie de l'équipe qui a battu Zamalek 5-1 à Kumassi, lors des quarts de finale de la Coupe d'Afrique des clubs champions en 1987.

 

L'incontournable Amunike
Après son excellente performance lors des Jeux panafricains d'Egypte en 1991, le Nigérien Emmanuel Amunike a intégré les rangs des Blancs pour deux saisons. Les dirigeants de Zamalek ne se sont pas trompés. L'attaquant nigérien a sans doute présenté la meilleure des performances de tous les joueurs étrangers en Egypte. Ce qui a contribué en grande partie à ce que son équipe décroche les titres de champions d'Egypte lors des saisons 91/92 et 92/93. Zamalek n'a en conséquence pas hésité à renouveler son contrat pour deux autres saisons. Mais après sa participation avec les Super Eagles en CAN 1994 et son doublé lors de la finale, Amunike a fait l'objet de toutes les attentions des clubs européens. Son transfert au club portugais Sporting Lisbonne pour une somme de 800 000 dollars représente le plus grand transfert d'Egypte. Ce qui n'étonne pas si on sait qu'Amunike a été désigné par la CAF meilleur joueur d'Afrique 1994.

Felix, la star d'Ahli et de Zamalek
Arrivé en Egypte en 1993, le Ghanéen Ahmad Felix a été pendant 6 ans le fer de lance de l'attaque d'Ahli. Ses succès avec les Rouges ont été nombreux. Il a remporté 6 championnats consécutifs, deux Coupes d'Egypte, deux Coupes arabes et une Coupe d'Afrique des clubs champions. Ses débuts en Egypte ont néanmoins été laborieux. Logique pour un joueur, alors âgé de 17 ans. Mais dès sa deuxième saison avec les Rouges, il a su former avec son coéquipier Hossam Hassan un duo d'attaque redoutable. Après un petit séjour en Europe, Felix est revenu en Egypte en 2001. Mais cette fois, pour défendre les couleurs de Zamalek, l'éternel rival d'Ahli. Il a aussi rejoint son ex-coéquipier Hossam Hassan, transféré lui aussi à Zamalek en 2000. Mais ses prestations avec les Blancs n'ont pas été aussi probantes. Il a été remercié fin 2002.

Utaka, le prodige
L'attaquant nigérian est arrivé en Egypte en 1998. Pendant sa période d'essai avec Merrikh (D2, Egypte), les responsables de Moqaouloun présents aux entraînements ont été séduits par ses performances, puis l'ont recruté. Au cours de sa première saison en D1 égyptienne, Utaka s'est illustré. Même s'il n'a inscrit avec Moqaouloun que 6 buts. Séduit par son talent et son style de jeu, Ismaïli l'a recruté. C'est avec ce club qu'Utaka est apparu comme un grand attaquant. Lors de la saison 1999/ 2000, Utaka a remporté le titre de meilleur buteur du championnat, avec 17 buts. Il a aussi remporté la Coupe d'Egypte. Après son départ d'Ismaïli, il a intégré le club qatari Al-Sad avant d'intégrer Lens, (Fran. D1) en 2002.

L'avenir prometteur de Gilberto
En 2001, sa performance dans le match qui a opposé son club angolais Petro Atletico à Ahli a été excellente. Séduits, les Rouges l'ont recruté pour 600 000 dollars. Agé de 19 ans, l’Angolais Gilberto est devenu l'un des pions essentiels de l'équipe égyptienne ces deux dernières saisons. De sorte que la saison dernière, il a été désigné meilleur joueur étranger en Egypte. C'est un joueur polyvalent qui suit à la lettre les consignes de ses entraîneurs. En dépit de ses efforts il n'a remporté qu'une seule compétition avec les Rouges, la Coupe d'Egypte 2003. Mais au cours des 3 saisons qui lui restent avec Ahli , il aura le temps de se rattraper.

Mohamad Mosselhi
 

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