Il
a passé presque la moitié de sa vie au British Museum.
L'égyptologie est sa seule passion. T.G.H. James, qui
a pris sa retraite en 1988, a commencé sa carrière en
1951 en tant que jeune égyptologue pour arriver, en
1974, à devenir le directeur du Département égyptien
du British Museum. Au départ, ce n'était pas
vraiment son but puisqu'il a étudié les classiques :
le latin et le grec à l'Université d'Oxford. « Après
avoir obtenu mon diplôme, un de mes professeurs m'a
suggéré de faire de l'égyptologie. Cela m'a intéressé
mais ce n'était pas ce que je voulais exactement, ce
n'était qu'une inspiration. Je n'étais pas très sûr
de ce que je voulais », se souvient-il. C'est
ainsi qu'en 1948, T.G.H. James a commencé ses études
en égyptologie toujours à l'Université d'Oxford où il
s'est spécialisé dans les langues anciennes. Son entrée
au British Museum était un heureux hasard. Un
concours a été organisé pour choisir un égyptologue
qui puisse se rendre en Egypte. Il a remporté le premier
prix. Et c'était son vrai début sur le chemin de l'égyptologie.
« Janvier 1951. C'était ma première visite en
Egypte ». A Saqqara, il a eu alors sa première
expérience concrète avec les antiquités égyptiennes.
Là, il devait copier toutes les inscriptions de la tombe
de Khentika vizir, au temps de Téti I de la VIe dynastie.
Revenu
à son pays natal, il devait chercher un poste stable.
A l'époque, le Département égyptien au British Museum
était encore petit, il n'y avait que deux égyptologues
qui y travaillaient et James a réussi à les joindre
pour devenir ainsi un assistant du directeur. Quand
James a pris ce poste, le Département égyptien était
encore très petit. « A l'époque, le musée collectait
encore ses trésors. La plupart des pièces provenaient
des fouilles faites en Nubie et au Soudan et le reste
venait des collections privées », se souvient-il.
Au
cours de ces 37 ans au musée, T.G.H. James ne se contentait
pas de superviser son travail en tant que responsable
au musée mais il a rédigé beaucoup de livres sur différents
sujets.
D'ailleurs,
au Département égyptien du musée se trouvent plusieurs
volumes en son nom. « J'ai publié entre 15 et
20 publications, quelques-unes sur des papyrus, d'autres
sur les inscriptions trouvées dans des tombes. J'ai
aussi rédigé un livre sur les peintures, un autre sur
Ramsès II et le dernier était sur Toutankhamon et plusieurs
autres ... », se souvient-il. Pour lui,
chaque jour au musée, il y avait du nouveau. Soit une
nouvelle pièce qui s'ajoute à la collection ou une exposition
à organiser. Mais pour lui, la manifestation la plus
importante et la plus excitante dans l'histoire du musée
était celle de l'exposition de Toutankhamon qui a eu
lieu en 1972. En ce moment, James était encore l'assistant
du directeur du Département égyptien. Il avait comme
tâche de sélectionner de l'Egypte les pièces qui devaient
être exposées. « Cette période était pour moi
très excitante. C'était certainement l'exposition la
plus réussie dans l'histoire du British Museum.
Pour cette occasion, on a fait de nouvelles galeries,
on a eu un bon designer pour nous arranger l'exposition
que la reine a inaugurée. C'était un grand succès. On
avait peur que quelqu'un meure durant cette exposition,
pour ne pas dire que c'est la malédiction des pharaons »,
se souvient-il en souriant.
Pour lui, la relation entre le CSA
et le British Museum a beaucoup changé. Au moment
où il était directeur du Département égyptien, il n'y
avait pas de vrais problèmes du côté archéologique.
« Les choses étaient plus faciles »,
dit-il. Un des problèmes qu’affrontait le service des
antiquités égyptien était de faire l'équilibre entre
les demandes des fouilleurs et l'intérêt de l'Egypte.
« C'était aux étrangers de choisir le site où
ils voulaient travailler. Tous les sites étaient encore
vierges et importants alors que maintenant les critères
sont beaucoup plus stricts et les formalités assez compliquées ».
T.G.H. James n'a raté aucune année sans se rendre en
Egypte. Il a visité presque toutes les tombes de Saqqara
et celles de la Haute-Egypte. Il a travaillé à Gabal
Al-Selséla en Haute-Egypte entre Kom Ombo et Edfou.
Quand James a visité Le Caire la dernière fois en octobre
dernier, tout avait changé pour lui. « Ce n'est
plus Le Caire d'autrefois que j'ai connu dans les années
50. Quand j'allais aux Pyramides en 1951, il n'y avait
aucune construction entre le zoo et les Pyramides, il
n’y avait que des terres agricoles. La ville n'était
pas polluée, on pouvait voir du plateau des Pyramides
la colline de Moqattam ». A 80 ans, T.G.H.
James ne cesse de donner de son mieux. Il est actuellement
occupé par la rédaction de la biographie d'Alain Gardner,
égyptologue, auteur du premier dictionnaire de grammaire
égyptienne, qui avait une très grande influence sur
lui.
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