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Musée . Vivian Davies, directeur du département égyptien et du Soudan au British Museum, évoque sa coopération avec le Conseil suprême des antiquités.
« Le pavillon égyptien est l'un
des plus remarquables
 »

Al-Ahram Hebdo : Le British Museum célèbre ses 250 ans. Qu'a-t-il proposé à cette occasion ?
Vivian Davies : Le British Museum a consacré toute l'année 2003 à des manifestations culturelles. Au cours de l'année, on a organisé plusieurs événements : des conférences, des séminaires, des expositions, de la danse et plusieurs autres spectacles, dans le seul but de montrer au monde ce qu'était et ce qu'est devenu le musée. C'est toujours pour la même raison qu'on a invité Zahi Hawas à donner une conférence sur les dernières découvertes en égyptologie, puisque le pavillon égyptien est l'un des plus remarquables du musée.

— Quelles sont les plus belles pièces exposées ?
— Il est très difficile de désigner la plus belle pièce. En fait, définir une pièce comme étant la plus belle ou la plus importante n'est pas le but de l'exposition. Les objets sont choisis selon leur importance dans le contexte thématique de l'exposition. Les objets ne doivent donc pas être spectaculaires, mais doivent plutôt avoir du sens. En fait, chaque pièce est évocatrice.

— En quoi, à votre avis, le British Museum se distingue-t-il des autres musées, de celui du Caire par exemple ?
— L'entrée au British Museum est gratuite de même que pour toutes les expositions organisées. On voit le British Museum comme un musée universel. Les cultures du monde peuvent être vues côte à côte sous un seul toit. C'est en cela que le British Museum est différent du Musée du Caire par exemple. Si le visiteur veut comprendre l'histoire de la culture égyptienne, c'est au Musée du Caire qu'il faut qu'il se rende. Mais quand on vient au British Museum on peut voir la civilisation égyptienne, mais à travers le contexte des autres cultures du monde.

— Quel type de coopération existe-t-il entre le British Museum et le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) égyptien ?
— Bien qu'on célèbre les 250 ans du musée on n'est pas trop concerné par le passé, mais plutôt par le présent et le futur. On cherche à avoir une vision claire des 250 prochaines années. C'est pour cette raison que l'on a invité Zahi Hawas pour essayer d'approfondir les relations entre le British Museum et le CSA. On a un programme de collaboration intense pour promouvoir nos travaux en Egypte. Le British Museum opère déjà sur 5 sites archéologiques : deux dans le Delta, un à Louqsor, et deux autres au sud de Louqsor. Ces sites sont très souvent affectés par beaucoup de problèmes comme l'urbanisme, la pollution, l'agriculture ... On procède à des fouilles, des travaux de conservation, de nettoyage dans des tombes. On a beaucoup de choses encore à régler. On a aussi un programme de stage pour les jeunes Egyptiens, on croit beaucoup à la création de nouvelles générations. On veut donc avoir un rôle dans ce genre de coopération. On veut organiser des stages de manière plus systématique de façon à recevoir chaque année au moins deux jeunes pour les entraîner au musée. On est aussi très attachés à aider l'Egypte pour affronter le trafic illicite des antiquités. Depuis quelques années, le British Museum joue un rôle important aux côtés des autorités égyptiennes et de la police britannique pour arrêter un grand trafiquant dénommé Jonathan Tokely Parry. Il a essayé de vendre des papyrus au musée.

Propos recueillis par
Hala Fares
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La pierre de Rosette contre le masque de Toutankhamon

« On va demander au British Museum de nous restituer la pierre de Rosette », a déclaré Zahi Hawas, à la fin de son allocution à l'occasion de la célébration de la semaine égyptienne au British Museum. Une déclaration qui a fait grand écho parmi les présents et les responsables du musée. S'agissait-il d'une boutade ? Vivian Davies, directeur du département égyptien au musée, était stupéfait de cette annonce. « C'est la première fois que j'entends une telle chose », dit-il surpris. Même si Hawas est conscient de la difficulté de reprendre définitivement la pierre de Rosette, surtout qu'elle se trouve en Angleterre depuis presque 200 ans, cette proposition n'est pour lui qu'un marché. Une initiative dont le but est d'accueillir la pierre qui a permis le déchiffrement des hiéroglyphes pour quelques mois au Musée du Caire. « Je rêve de voir cette stèle dans son pays d'origine », déclare-t-il. Pour lui, un tel acte est une excellente propagande pour l'Egypte qui peut attirer un grand nombre de touristes. Mais l'affaire n'est pas tellement facile. « Pour prêter la stèle à l'Egypte, il nous faut nous aussi une pièce à l'encontre », a rétorqué Davis. Ce dernier a demandé le masque en or de Toutankhamon pour l'exposer au British Museum. « Il nous faut une belle pièce à la place de la pierre de Rosette nous aussi », a-t-il dit. Pour sa part, Mamdouh Al-Damati, directeur du Musée égyptien, estime qu'il serait suffisant de prêter au British Museum à la place de la pierre de Rosette la chaise royale de Toutankhamon. Que ce soit le masque ou la chaise du jeune pharaon, Hawas insiste à exposer la stèle pour quelques mois en Egypte et estime que cela serait avant la fin de cette année.

Si la direction du British Museum accepte de faire sortir la pierre de Rosette de l'Angleterre, cela en fait ne sera pas la première fois. L'Angleterre l'avait déjà prêtée à la France en 1972 lors de la célébration du 150ième anniversaire du déchiffrement des hiéroglyphes.

H.F
 

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