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Palestine
. En recevant
tour à tour le premier ministre palestinien Mahmoud
Abbass et son homologue israélien, Ariel Sharon,
les Etats-Unis montrent qu'ils demeurent engagés
dans le processus de paix. |
Nouvelle
impulsion |
| La
visite effectuée par le premier ministre palestinien,
Mahmoud Abbass, aux Etats-Unis vendredi dernier,
la première depuis son entrée en fonctions, a
été l'occasion pour l'Administration américaine
de lui réaffirmer un soutien politique, alors
même que le président palestinien, Yasser Arafat,
est toujours boycotté par cette même Administration.
George Bush a tenu à rappeler qu'il souhaitait
voir cesser la colonisation juive dans les territoires
palestiniens occupés et annoncé la création d'un
groupe américano-palestinien pour développer la
coopération économique entre les deux pays.
Mais
c'est notamment sur l'arrêt de la construction
par Israël d'un « mur » en Cisjordanie
que la position du président américain a été la
plus manifeste. M. Bush a estimé que le « mur » — nom
donné par les Palestiniens à la « clôture
de sécurité » construite par les Israéliens — constituait
un « problème ». « Il
est très difficile d'instaurer la confiance entre
Palestiniens et Israéliens avec un mur serpentant
à travers la Cisjordanie, et je continuerai de
discuter de cette question très franchement avec
les premiers ministres » palestinien
et israélien, a souligné M. Bush.
Ce
mur englobe un ensemble d'ouvrages de sécurité
censés protéger Israël d'attaques palestiniennes
et dont la construction a débuté en juin 2002.
Il devait suivre le tracé de la « ligne
verte » séparant Israël de la Cisjordanie.
Mais cet ouvrage s'enfonce de plus en plus à l'intérieur
de la Cisjordanie, et les plans approuvés par
le ministère de la Défense visent à le déplacer
de près de 20 km vers l'est en certains endroits
pour englober des blocs de colonies, ou bien pour
construire une seconde barrière. Les Palestiniens
voient dans cet édifice une nouvelle tentative
israélienne de s'approprier des terres, notamment
avant la création d'un Etat palestinien d'ici
2005, comme le prévoit la Feuille de route élaborée
par les Nations-Unies, les Etats-Unis, la Russie,
et l'Union européenne.
Le
principal conseiller du président de l'Autorité
palestinienne, Yasser Arafat, Nabil Abou-Roudeina,
s'est félicité du progrès réalisé lors des discussions
Bush-Abbass mais a déclaré qu'« il faut
traduire les paroles de M. Bush en actes et appliquer
la Feuille de route ».
Toutefois,
Israël a défendu samedi la construction de cette
« clôture de sécurité » et estimé
qu'il s'agit d'une nécessité et non pas d'un choix.
« L'édification de cette clôture de sécurité
n'a aucune connotation politique. C'est une obligation
dictée par des impératifs sécuritaires :
empêcher les attaques de kamikazes palestiniens
contre Israël », a déclaré un haut responsable
israélien qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.
Déjà, Le chef de la diplomatie israélienne, Sylvan
Shalom, a parlé jeudi d'un « malentendu
avec les Américains en raison d'une méconnaissance
des détails de ce projet ».
Par
ailleurs, si les Palestiniens ont marqué un point
avec la pression américaine sur Israël pour arrêter
la « clôture de sécurité », ils
n'ont pas réussi à convaincre les Etats-Unis de
leur position sur la libération des groupes radicaux.
Le président américain s'est prononcé pour le
démantèlement de ces groupes et a repris l'un
des principaux arguments d'Israël sur la libération
de leurs membres. « Personne ne veut laisser
un meurtrier de sang-froid sortir de prison et
cela contribuerait à faire dérailler le processus »
de paix, a-t-il dit. Cette position a été dénoncée
par M. Abbass qui s'est demandé « si la
trêve était respectée, pourquoi utiliserions-nous
la force contre les membres de notre peuple ? »,
a déclaré M. Abbass samedi à la presse. Le groupe
radical palestinien Hamas a également dénoncé
cette prise de position américaine. « C'est
le summum de la haine à l'égard du peuple palestinien
car M. Bush sait que les meurtriers sont les juifs
qui ont chassé notre peuple de sa terre et tué
nos fils », a déclaré Abdelaziz Al-Rantissi,
haut responsable du Hamas, accusant M.
Bush de « couvrir les crimes israéliens » |
Gestes de bonne volonté
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Quelques
heures avant le départ du premier ministre Ariel
Sharon pour Washington, afin d'éviter un affrontement
avec les Etats-Unis et pour paraître engagé dans
le processus de paix, le gouvernement israélien,
qui jusqu'ici refusait la libération des détenus
des groupes islamiques, a voté dimanche en faveur
de la libération prochaine d'une centaine d'islamistes
palestiniens du Hamas et du Djihad
islamique, à condition qu'ils ne soient pas impliqués
dans des actes de violence.
De
son côté, le premier ministre israélien, Ariel
Sharon, a pris les devants et a procédé dimanche
à la levée de trois barrages routiers de l'armée
israélienne dans la région de Ramallah et de Bethléem
(Cisjordanie) qui rendaient extrêmement difficile
tout déplacement pour les Palestiniens. L'armée
israélienne devait également permettre la réouverture
de la route reliant Naplouse à Jénine, dans le
nord de la Cisjordanie. Israël va aussi permettre
à environ 9 000 Palestiniens de revenir travailler
sur son territoire, dont 5 000 personnes
issues de la bande de Gaza, 2 500 de la ville
de Kalkiliya (nord de la Cisjordanie) et plus
d'un millier de Bethléem. Israël s'apprête enfin
à transférer le contrôle de deux villes de Cisjordanie,
sans doute Jéricho et Kalkiliya, aux Palestiniens.
Le ministre palestinien de l'Information, Nabil
Amr, a indiqué samedi que les modalités de cette
opération doivent être mises au point dans les
prochains jours au cours d'une rencontre entre
Mohammad Dahlane, ministre palestinien délégué
aux Affaires de sécurité, et le ministre israélien
de la Défense, Shaoul Mofaz. L'armée israélienne
avait transféré début juillet le contrôle de Bethléem
aux Palestiniens.
Toutefois,
en dépit de ces mesures qui invitent plutôt à
l'optimisme, certains actes de violence ont été
signalés. En Cisjordanie, un enfant palestinien
de quatre ans a été tué et deux de ses sœurs blessées
par une rafale de mitrailleuse, dans ce que l'armée
israélienne a présenté comme un « tragique
accident », et pour lequel elle a exprimé
ses « regrets ». Par ailleurs,
la police israélienne a restreint vendredi l'accès
des fidèles à l'Esplanade des mosquées à Jérusalem
de crainte de manifestations palestiniennes pour
protester contre l'autorisation de visites d'Israéliens
et de touristes étrangers sur ce lieu saint musulman.
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Rania
Adel |
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L'Europe
a regagné un rôle important |
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Ferdinand
Trauttmandorff, ambassadeur d'Autriche au Caire,
s'exprime sur le rôle de l'Europe dans le règlement
des questions palestinienne et iraqienne. |
— Quel
rôle peut jouer l'Europe dans le règlement politique
des questions-clés du Moyen-Orient ?
— Le
problème, à mon avis, c'est que même si l'Europe
représente une force considérable sur le plan
économique, peut-être le plus grand marché uni — nous
sommes aujourd'hui 15 et nous passerons bientôt
à 25 pays membres —, ceci veut dire qu'on
ne peut pas nous comparer aux Etats-Unis. Nos
organisations fonctionnent de façon très complexe
et l'Europe n'a pas le même pouvoir que les Etats-Unis,
même si elle a un certain pouvoir. Celui-ci pourrait
être bien plus important si on trouve des procédures
adaptées, capables d'utiliser le poids des différents
Etats de l'Union Européenne (UE). Ainsi, actuellement
il y a un groupe d'Etats qui aimeraient avoir
un ministre des Affaires étrangères pour toute
l'Europe ce qui pourrait renforcer le poids de
l'UE sur le plan de la politique étrangère.
— Pour
ce qui est de la question palestinienne, l'Europe
a toujours tenté de jouer un rôle de médiateur.
Pourtant concernant l'Iraq, l'UE est quasi absente.
Pourquoi ?
— L'Europe
essaye de jouer le rôle de médiateur au Proche-Orient,
mais Israël ne veut pas reconnaître ce rôle. Ceci
parce qu'on nous accuse toujours de prendre le
parti des Palestiniens. Toutefois, on a été capable
de conquérir cette force de médiation, avec l'aide
bien entendu des Etats Unis, notamment par la
mise en place de la Feuille de route. L'Europe
a pu ainsi regagner un rôle important. Ce rôle,
on peut également l'exercer du point de vue économique.
Ceci
peut également s'appliquer à l'Iraq. Lorsque les
Américains auront contrôlé certaines choses à
100 % dans ce pays, il y aura une situation
politique où ils vont chercher l'Europe en tant
que partenaire. Et ceci en vue de résoudre des
problèmes qu'ils ne pourront plus régler seuls.
A ce moment-là, l'Europe pourra jouer un rôle
très important que ce soit sur les plans économique,
diplomatique, ou même sécuritaire, comme on l'a
déjà fait dans les Balkans. Dans cette région,
l'Europe est présente en tant que force de sécurité.
Et ce après que les Américains eurent résolu les
problèmes de base. Maintenant, le rôle stabilisateur
revient à l'Europe. Donc que ce soit à court ou
à long terme, l'Europe deviendra un partenaire
dans la stabilisation de l'Iraq et dans la reconstruction
économique de ce pays.
— L'Europe
a joué un rôle important dans l'élaboration de
la Feuille de route. Concrètement, comment peut-elle
contribuer à son application ?
— L'Europe
a en effet joué un rôle très important dans l'élaboration
de ce document, mais malheureusement ce rôle n'était
pas très bien vu. D'un côté, on a vu le travail
de certaines personnes comme Javier Solana et
Miguel Angel Moratinos, mais il ne faut pas non
plus sous-estimer le rôle sur le plan bilatéral
des gens comme Joschka Fisher ou Papandréou.
Maintenant
au moins, nous pouvons dire que nous avons une
sorte de réorientation. Et ceci surtout si on
prend en considération qu'il y a à peine un an,
personne ne savait par quoi commencer pour relancer
le processus de paix. On ne savait pas s'il fallait
s'occuper d'abord de la mise en place d'un nouveau
gouvernement palestinien. Il était difficile de
trouver une formule pour faire en sorte que les
Palestiniens prennent en main non seulement leur
propre sécurité, mais aussi celle d'Israël. Et
ceci alors qu'ils étaient sous pression en raison
des attaques ciblées de la part des Israéliens.
— Les
Egyptiens fournissent de gros efforts pour la
mise en application de la Feuille de route et
le dialogue interpalestinien. Comment jugez-vous
cet effort ?
— La
diplomatie égyptienne a un rôle-clef. Les Egyptiens
ont contribué d'une manière vraiment efficace
à la mise en place de la trêve. Malheureusement
ceci n'est pas suffisamment apprécié, mais le
rôle de Omar Soliman et aussi de toute la diplomatie
égyptienne doit être vraiment reconnu pour son
succès. Personnellement j'ai confiance en la diplomatie
égyptienne. Et je pense et j'espère que les Américains
vont eux aussi reconnaître ce succès.
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Propos
recueillis par
Randa
Achmawi
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