Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Kiosque

 

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie
Carrefour
de Mohamed Salmawy
Portrait
Littérature
Arts
Femmes
Société
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Kiosque . La publication des photos des cadavres des deux fils de l'ancien président iraqien a suscité de nombreux commentaires dans la presse arabe.
Une victoire provisoire
« Les photos des cadavres des fils de Saddam et la politique occidentale de deux poids, deux mesures » ; « Qossaï et Odaï Saddam ... Nouveaux et anciens crimes » ; « Pourquoi les a-t-on tués ? » ; « Il pleut des cadavres au-dessus des palmiers ». C'est ainsi que la presse égyptienne et arabe a titré ses articles, à l'annonce de la mort des deux fils de l'ancien président iraqien Saddam Hussein. Les éditorialistes ont analysé l'assassinat de Odaï et Qossaï comme une tentative de l'Administration américaine de réaliser une victoire médiatique pour contenir la colère de l'opinion publique et enlever des esprits l'effet du scandale des armes de destruction massive. « L'assassinat des deux fils de Saddam Hussein représente pour le président Bush une bouée de sauvetage pour sortir de la série d'échecs politiques et militaires internes et externes qui menaçait son avenir politique, à savoir le scandale des armes de destruction massive en Iraq, les échecs militaires des forces américaines face à la résistance iraqienne ; la perte de tout soutien des alliés et de la communauté internationale et la régression de l'économie américaine », a donc écrit Salwa Habib dans un éditorial intitulé « Des rêves éveillés » dans le quotidien Al-Ahram. Selon la journaliste, Bush ne profitera de cette évolution que sur le très court terme. « L'euphorie de la victoire passera vite comme un rêve éveillé et Washington réalisera que rien n'a changé », affirme-t-elle. Et d'ajouter : « C'est ce qu'a réalisé l'administrateur civil de l'Iraq, Bremer, qui a été plus réaliste et a constaté que ni la mort de Qossaï et Odaï ni celle de Saddam lui-même ne mettra fin aux défis auxquels est confrontée l'armée américaine ».

Soutenant la même idée, Ossama Saraya, rédacteur en chef d'Al-Ahram Al-Arabi, affirme dans un éditorial : « La mort de Qossaï et Odaï dans une bataille militaire injustifiée a laissé l'impression chez l'opinion publique que les Américains ne veulent pas dévoiler certaines informations en présentant Saddam et ses deux fils à la justice ». Une conclusion qui a été faite aussi par le journal syrien Al-Thawra qui dit : « L'assassinat des deux fils de Saddam vise à éviter qu'ils puissent prouver qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Iraq ». Saraya rejette aussi les justifications présentées par les Américains selon lesquelles il aurait été inévitable que l'opération du 22 juillet s'achève sans la mort des deux frères. « Que pouvaient bien faire deux, quatre ou même dix personnes assiégés dans un appartement ? Il n'y avait aucun besoin pour les Américains de les tuer sauf s'ils cherchaient une victoire médiatique », insiste-t-il. Les deux journalistes sont arrivés à la même conclusion. Cette « dite victoire » ne changera rien pour l'Administration américaine. Selon eux, Washington se trouvera obligé de demander l'aide de la communauté internationale et des Nations-Unies.

La presse égyptienne a dénoncé également la politique de deux poids, deux mesures adoptée par les Etats-Unis. « Comment est-ce qu'un empire qui prône les valeurs morales et humaines ait besoin de distribuer de telles photos au moment où lui-même avait dénoncé cette attitude lorsqu'il s'est agi de cadavres de ses propres soldats ? », écrit Ghassan Charbel, rapportant les propos d'un de ses amis iraqiens, dans son éditorial dans le journal Al-Hayat. L'éditorialiste continue à rapporter les propos de son ami iraqien qui affirme que l'histoire de ce pays a tout le temps témoigné de ce genre de massacres. Et Charbel de conclure : « Pauvre peuple iraqien. Il a subi longtemps le joug des hommes cruels. Le fleuve des cadavres s'apprête à affluer. Rumsfeld a publié la photo de deux cadavres. L'Administration a fait tomber un dirigeant autoritaire, mais a provoqué un incendie qui annonce beaucoup d'autres cadavres. C'est la leçon de l'Histoire ».

Yolande Youssef
Retour au sommaire
Air du temps

Les élections sont des événements plus ou moins rares dans notre pays. Et s'il y en a, elles sont loin d'être chaudes. Là, une première : le 30 juillet, les élections du Syndicat des journalistes promettent un vent de changement.

Pour la première fois, aucun des candidats pour le siège du bâtonnier n'est président d'une des fondations de presse publiques. Ces présidents, souvent « préférés » par le gouvernement, avaient toujours réussi à occuper cette position. C'était bien Cramer versus Cramer : (d'après le nom du film interprété par Dustin Hoffmann) : Le chef du syndicat — qui devait exercer des pressions sur les fondations pour améliorer les conditions de travail des journalistes — n'est autre que le président d'une de ces entreprises. Et donc, pendant une trentaine d'années, les salaires des journalistes n'ont cessé de baisser. Aujourd'hui, tous les journalistes égyptiens qui ont choisi de rester fidèles à leur profession — et leur profession seulement — vivent sous le seuil de la pauvreté, fixé par la Banque mondiale, soit deux dollars par jour !

De même, puisque le chef était d'habitude « préféré » du gouvernement, il a toujours mené, avec les hauts responsables, des médiations réussies pour la libération rapide de la plupart des journalistes arrêtés par les autorités pour des délits d'opinion, sans pourtant se jeter dans des guerres risquées pour assurer à ses « confrères-journalistes » la liberté de presse, voire d'expression.

Cette fois-ci, la concurrence se limite à deux humbles et grands journalistes (par la réputation et l'âge). Effectivement, l'un des deux a été président d'une fondation publique, mais il ne l'est plus, ce qui est déjà un pas en avant.

De même, un bon nombre de jeunes candidats pour le conseil vivent l'expérience pour la première fois. Ils ont une chance de gagner, puisqu'ils ne sont pas des activistes politiques, comme c'était le cas dans le syndicat des ingénieurs, où le conseil a été dominé par des islamistes, ce qui a poussé le gouvernement à annuler les élections depuis plus de 10 ans.

Malgré ces atouts, sans des journalistes conscients et courageux, le terrain ne peut être pavé pour un syndicat indépendant des fondations de presse et des intérêts du gouvernement. Certes, c'est la première fois, mais c'est en forgeant qu'on devient forgeron.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631