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Presse
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La précarisation
du métier de journaliste est au cœur de la campagne
pour les élections du syndicat.
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La
bataille des salaires |
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En
août prochain, les primes que reçoivent du syndicat
les quelque 4 218 journalistes membres augmenteront
peut-être de 40 L.E. C'est en tout cas l'une des
promesses de campagne de Salah Montasser, le candidat
d'Al-Ahram pour le siège du président du
syndicat. En fait, tous les deux ans les salaires
des journalistes connaissent une légère hausse
à l'occasion des élections de leur syndicat. Or,
la modestie de la somme promise aux journalistes
pour les inciter à élire le candidat montre à
quel point leurs revenus se sont détériorés. « Elever
le salaire minimum des journalistes ».
Le slogan revient d'ailleurs comme un leitmotiv
dans presque tous les programmes des 68 candidats
qui convoitent les 12 sièges du conseil du Syndicat
des journalistes, quelle que soit leur orientation
politique ou leur rapport avec les administrations
des journaux ou avec le gouvernement.
En
fait, le salaire minimum des journalistes est
de 112 L.E. par mois, il n'a pas bougé depuis
1993. Cela ne correspond pas à la somme totale
que touchent l'ensemble des journalistes, mais
dans certains journaux, le salaire se limite à
cette somme. Dans d'autres titres, les salaires
peuvent flirter avec le millier de livres par
mois. Une chose qui dépend surtout de l'institution
journalistique où il travaille. « C'est
la différence entre le nord et le sud »,
pour reprendre les termes utilisés par les journalistes.
Par « nord » ils entendent les
institutions aux salaires relativement élevés
comme les institutions officielles d'Al-Ahram
et Al-Akhbar ainsi que quelques rares institutions
privées. Le « sud » recouvre
les autres journaux privés ou les journaux des
partis.
Mais
le problème ne s'arrête pas là. A l'intérieur
même des institutions, un grand fossé sépare les
revenus des journalistes de ceux de la haute administration
ou des employés des services commerciaux et de
la publicité. « Parfois le salaire d'un
seul de ces derniers représente 1 000 fois
le salaire de l'un de ses collègues au sein d'un
même établissement. Pourtant, c'est injuste. Quand
un journal contient beaucoup de publicités c'est
parce que le public aime lire le journal et non
pas en raison d'une habileté particulière des
employés du service de la publicité. Les journalistes
sont vraiment devenus le prolétariat de ces établissements »,
conclut Ahmad Al-Naggar, journaliste et candidat
au conseil du syndicat. Il a lancé une pétition
adressée aux conseils d'administration des différents
groupes de presse, au syndicat, au haut conseil
du journalisme ainsi qu'au Parlement réclamant
que le salaire minimum du journaliste s'élève
à 1 000 L.E. par mois. De même, il demande
que les primes ne dépassent pas le salaire principal
afin d'éviter que les revenus de certains cadres
ne se gonflent pour atteindre des centaines de
milliers de L.E. par mois. |
Revendications utopiques ?
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Des
demandes qui paraissent un peu utopiques, mais
que plusieurs candidats défendent. Ils évoquent
l'exemple des juges et de l’Ordre des avocats
qui ont réussi à réunir leurs assemblées générales
et à améliorer leur situation. Ainsi, le salaire
d'un substitut du procureur débutant atteint désormais
1 200 L.E. alors que leur situation était
encore moins avantageuse que celle des journalistes.
D'autre part, la pension de retraite qu'un avocat
reçoit du syndicat s'élève désormais à 1 000
L.E. alors que celle des journalistes est de 225
L.E. seulement. « Il n'est pas impossible
de réaliser de tels objectifs », assure
Galal Aref, l'un des deux candidats pressentis
pour le siège de président du syndicat. « Il
faut juste réactiver la loi du syndicat pour augmenter
les revenus des journalistes et lui rendre ses
droits perdus », poursuit-il, faisant
allusion à la loi sur la publicité promulguée
en 1970. Celle-ci implique que chaque journal
paye au syndicat 1 % des revenus des publicités.
De même, il permet au syndicat de renégocier les
sommes que lui versent les journaux chaque année.
Or, en 1971, le syndicat et les journaux ont conclu
un accord obligeant les grandes institutions à
payer 10 000 L.E. et les petites institutions
5 000 L.E. par an au lieu de 1 % des
revenus de la publicité. « Depuis cette
date, l'accord n'a pas été renégocié, parce que
l'administration des groupes de presse dominait
le syndicat. L'application de la loi était contre
leurs intérêts directs. Notre lutte est dirigée
contre les administrations des journaux et non
contre l'Etat, ce qui fait que c'est plus facile »,
conclut Galal Aref. « Aussi, il faut revendiquer
le droit des journalistes à des négociations collectives
et à un contrat de travail unifié. Un journaliste
tout seul ne peut pas combattre toute une institution »,
ajoute Kamel Zoheiri, membre du Haut Conseil du
journalisme et ancien président du syndicat. Il
faut noter que les journalistes ont déjà réussi
à obtenir une revalorisation de leur salaire ;
c'était au cours des années 1960. A l'époque le
salaire maximum en Egypte était de 3 000
L.E. par an, alors que celui des journalistes
atteignait 5 000 L.E. Les journalistes occupaient
la troisième place dans la liste des salaires
des différents corps métiers. Actuellement, ils
figurent à la 18e place. |
Marwa
Hussein |
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