| La
cause palestinienne, le dossier iraqien et la réforme politique
et économique en Egypte. Tels étaient les principaux thèmes
évoqués par le président Moubarak lors de sa rencontre avec
les étudiants des universités samedi dernier à Alexandrie.
Le chef de l'Etat a parlé du rôle de l'Egypte pour relancer
le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. « Nos
efforts se poursuivent avec l'actuelle Administration américaine,
nous lui avons parlé de la destruction des maisons des Palestiniens
et leurs mauvaises conditions de vie. (...) La poursuite de
cette situation mènera à l'accentuation du terrorisme »,
a déclaré le président Moubarak. « Les Etats-Unis
ont annoncé que la Feuille de route constitue la meilleure
chance. Pourtant, le plus important, c'est son application »,
a ajouté le président Moubarak. Pour le chef de l'Etat, l'avantage
de la Feuille de route réside dans le fait que c'est que la
première fois que l'Administration américaine y est pleinement
engagée jusqu'à la création d'un Etat palestinien indépendant
d'ici 2005. Ces propos du président interviennent au moment
où des efforts sont déployés pour relancer le processus de
paix au Proche-Orient. C'est dans ce contexte que les premiers
ministres palestiniens et israéliens, Mahmoud Abbass et Ariel
Sharon se sont rendus respectivement à Washington pour rencontrer
le président américain Georges W. Bush. Le président Moubarak
a affirmé que la responsabilité de la situation actuelle incombe
à Ariel Sharon. « Israël doit cesser la politique
d'assassinat, la confiscation des terres et libérer les prisonniers
palestiniens », a exigé le chef de l'Etat. D'ailleurs,
ces questions ont été au centre de la réunion la semaine dernière
au Caire, entre le chef de l'Etat et Mahmoud Abbass.
Le
dossier iraqien a été également évoqué par le président Moubarak.
Le président a mis en garde contre les risques d'une multiplication
des actes terroristes et contre la guerre des gangs en Iraq.
« Si les Américains ne redressent pas la situation
rapidement en Iraq, les opérations terroristes se multiplieront
et la guerre des gangs se renforcera », a averti
Moubarak. « Le peuple iraqien n'est pas comme les
autres peuples. Il est d'une autre trempe. Il est vrai que
tous les peuples ont de l'impétuosité et du patriotisme, mais
ceux-là (les Iraqiens), en raison des immenses pressions
sous Saddam Hussein, n'ont rien à perdre », a-t-il
déclaré. Pour lui, les Iraqiens sont capables de tout. « Il
faut établir rapidement un calendrier pour établir un gouvernement
et tenir des élections, sinon la situation chaotique se poursuivra
en Iraq (..) et la violence augmentera », a-t-il
averti. Moubarak a estimé que les agissements de l'Iraq lors
des inspections internationales a suscité des soupçons sur
sa possession d'armes de destruction massives, attitude qui
a crédibilisé les informations transmises à l'Administration
américaine par ceux qui voulaient frapper l'Iraq en l'accusant
de posséder de telles armes. « Saddam voulait donner
l'impression qu'il possédait quelque chose, mais il a pris
une raclée », a lancé le président Moubarak.
Le
chef de l'Etat a donc critiqué le président iraqien déchu
qui s'est auto-attribué les plus hauts grades militaires.
« Ce n'était qu'un civil qui a vêtu l'uniforme militaire
sans avoir aucune stratégie militaire ».
Le
chef de l'Etat a abordé avec les étudiants les questions interarabes.
Il a affirmé qu'il est devenu impératif d'entamer un dialogue
franc et constructif pour réformer l'ordre régional arabe
et réactiver le rôle de la Ligue arabe. « L'Egypte
a présenté une importante initiative pour réformer la Ligue
arabe. (...) Ce qui réalisera les intérêts arabes et accroîtra
la capacité de la Ligue arabe à contenir les conflits arabes
dès leur déclenchement », a affirmé le chef de l'Etat.
Pour lui, l'important est de créer le marché commun comme
principal accès à la réalisation du rapprochement entre gouvernements
et peuples arabes.
Le
président a évoqué aussi les problèmes internes affirmant
que l'Egypte a fait de grands pas sur la voie de la réforme
politique et économique. Il s'agit de la pratique démocratique,
le respect des droits de l'homme et en donnant l'occasion
à l'établissement d'une véritable continuité entre les générations.
« Cependant, nous avons besoin de développer le rôle
joué par les partis dans la vie politique contemporaine »,
a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « Nous avons redoublé
d'efforts en faveur de notre intégration dans l'économie mondiale
en plaçant nos produits sur la carte des marchés mondiaux ».
Pour le chef de l'Etat, l'exportation représente encore un
véritable défi afin de réduire le fossé entre exportation
et importation. Enfin, le président a affirmé que la responsabilité
de la poursuite de la marche de la modernisation et du développement
incombe aux jeunes d'Egypte. |