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Les
discours sur l'avenir et le rôle de la Ligue arabe se sont
multipliés après l'invasion de l'Iraq. Certaines voix répétaient
que la Ligue arabe aurait commencé à perdre son rôle et même
sa raison d'être, avec la présence directe des Etats-Unis
sur les territoires d'un Etat arabe indépendant. Ces discours
ont représenté un prélude logique à une vision réclamant la
désintégration de la ligue ou sa substitution par une organisation
nouvelle, qui serait le moteur de l'action arabe commune.
Personne n'ignore cependant que la Ligue arabe connaît des
problèmes, et que l'action interarabe connaît des difficultés.
La question est
maintenant de savoir si les régimes arabes — qui
d'habitude parviennent à sortir indemnes de leurs crises — trouveront
une issue satisfaisante pour sortir de la crise actuelle.
Il faut se rendre
compte dans ce contexte que les défis qui nous attendent cette
fois-ci sont incomparables avec les défis antérieurs. Nous
avons en fait besoin d'une vision et d'une réflexion nouvelle,
qui non seulement garantissent une sortie proche et facile
de la crise actuelle mais qui apportent les principes et les
moyens d'activer l'action arabe commune. Toute tentative pour
sortir de la crise implique l'examen de la réalité qui nous
entoure pour surmonter ces points négatifs. Il existe d'ailleurs
plusieurs axes à partir desquels peuvent se lancer les efforts
arabes de réforme et d'activation de l'action arabe.
En
tête, il y a la nécessité d'apaiser le climat dans les pays
arabes. Les expériences du monde arabe au cours des dernières
décennies, ses défaites et ses succès montrent qu'il existe
une absence de confiance.
Le second axe
est celui qui souligne la nécessité d'aider la ligue à accomplir
ses missions. Certains Etats arabes ne désirent pas le maintien
du rôle de la Ligue arabe et manquent à cet égard de volonté
politique. D'autres Etats arabes préfèrent les cadres et les
institutions régionales à ceux de la Ligue arabe. Cela entrave
naturellement la capacité de la ligue à régler les problèmes
qui se transforment en conséquence en crises menaçant l'action
arabe commune. Une série d'idées et de directives sont à proposer
dans ce contexte en vue d'aider à la réforme de la ligue au
maintien de son rôle.
Contenir les désaccords
et les conflits arabes représente le troisième axe qu'il s'agit
de confirmer avant de se concentrer sur la ligue et l'activation
de l'action arabe commune. Il est temps de traiter ce problème
selon des principes objectifs au lieu de les dissimuler ou
les démentir sans examen. Il
est toujours possible de contenir ces désaccords à travers
la mise en place de mécanismes au lieu de passer outre les
positions réelles pour éviter d'affronter la vérité.
Nous aurons d'ailleurs
à notre portée de nombreux principes pour soutenir cette cause,
que ce soit dans la Charte de la ligue ou dans celle des Nations-Unies.
Ainsi, le principe de la souveraineté des Etats membres, le
refus de toute ingérence dans les affaires d'autrui, le règlement
pacifique des conflits, etc. L'achèvement de ces directives
doit reposer sur une vision claire en grande mesure fondée
sur les expériences réussies d'actions communes. En tête,
celle de l'Union européenne et du sud-est asiatique. A noter
que ces deux expériences se sont concentrées sur des projets
de coopération économique dans divers domaines.
Nous espérons
enfin que les gouvernements arabes trouvent dans la réforme
de la Ligue arabe le véritable essor de l'action arabe commune.
Ensuite, viendra l'action sur le plan officiel et non officiel,
afin d'établir une expérience de coopération interarabe sur
des principes objectifs et pratiques. Il s'agit aussi d'assurer
une expérience de coopération interarabe articulée autour
de principes objectifs et pratiques.
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