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Iran . Sous pression en raison du dossier nucléaire, le gouvernement a avoué détenir des membres du réseau Al-Qaëda et promis leur extradition. Un moyen de montrer son engagement dans la lutte antiterroriste.
Téhéran veut rassurer l'Occident

Alors que les pressions américaines et européennes sur l'Iran— l'un des trois pays formant, selon les Etats-Unis l'axe du mal — s'accentuent, à cause du dossier nucléaire, Téhéran tente de lâcher du lest pour ne pas s'attirer davantage les foudres de l'Occident.

Le représentant permanent de l'Iran auprès de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a ainsi plaidé dimanche dans un journal gouvernemental pour l'acceptation par son pays d'inspections inopinées et a « espéré une initiative » de Téhéran d'ici à septembre.

Ali Akbar Salehi, dont l'avis compte même si la décision ne lui appartient pas, est l'un des tout premiers responsables de son pays à prôner aussi ouvertement la signature du protocole additionnel au Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), qui permettrait à l'AIEA de venir sans préavis effectuer des contrôles poussés des installations nucléaires iraniennes.

Toutefois, ses déclarations ont été contrebalancées le jour même par un haut responsable conservateur, Mohammad Reza Bahonar, selon qui les pays qui ont signé le protocole le « regrettent » aujourd'hui. L'Iran pourrait même se désengager du TNP si les pressions se poursuivaient, a-t-il menacé.

Pressé d'accepter ces inspections par une communauté internationale qui s'inquiète que son programme nucléaire civil ne dissimule un programme militaire, Téhéran a jusqu'ici refusé de signer tout en soulignant ne pas avoir dit qu'il ne signerait jamais et en invoquant la vocation « pacifique » de ses activités nucléaires.

Toutefois, s'il n'est pas encore sûr que Téhéran cède aux pressions occidentales en ce qui concerne le nucléaire, il semble vouloir faire preuve de bonne volonté dans la domaine de la lutte antiterroriste.

En effet, l’Iran a reconnu la semaine dernière détenir de nombreux responsables terroristes d’Al-Qaëda arrêtés sur son territoire, et a annoncé son intention de commencer bientôt à extrader vers leur pays d'origine les membres d'Al-Qaëda qu'il tient emprisonnés quand cela sera possible, ou à les expulser vers le pays par où ils sont venus, ou à les juger en Iran même.

Cette annonce a rassuré la communauté internationale quant à la position de l’Iran dans la lutte antiterroriste, surtout suite aux accusations de Washington qui considère l’Iran comme un pays refuge pour nombre de terroristes, dont certains auraient participé aux attentats de Riyad en mai dernier.

Cependant, Téhéran n'a pas confirmé que des figures aussi éminentes qu'un fils d'Ossama bin Laden, les numéros deux et trois ainsi que le porte-parole de l'organisation étaient entre ses mains. Il n'a donc pas dit non plus quel sort ils réservaient aux prisonniers « importants » : extradition, expulsion, procès en Iran.

Les nouvelles n'en ont pas moins été qualifiées « d'intéressantes » par le chef de la diplomatie américaine. Colin Powell s'est cependant empressé d'ajouter qu'il importait à présent de savoir « comment les Iraniens vont disposer de ces individus ». Des sources diplomatiques disent ainsi « attendre de voir » qui sera extradé ou expulsé et quand, mais aussi qui sera traduit devant les tribunaux iraniens et selon quels critères. Un éventuel soutien iranien au terrorisme compte au nombre des principales préoccupations occidentales, avec la crainte de plans secrets pour se doter de l'arme atomique, d'entraves au processus de paix au Proche-Orient et la situation des droits de l'Homme.

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