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Oscar
du vidéoclip . La 4e édition
de ce festival a consacré ce nouveau genre artistique, qui
contribue désormais pleinement au succès d'une chanson. Rencontre
avec les professionnels et les acteurs de cette révolution.
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La
métamorphose du vidéoclip
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Charm
Al-Cheikh,
De notre envoyée spéciale —
Le vidéoclip
est sorti de l'ombre. Il contribue désormais pleinement
à la vie d'une chanson. En proposant
un rapport affectif à la chanson, il a donné une grande
visibilité aux chansons connues du public, qui jusque-là
restaient confinées au marché des cassettes. Pour le compositeur
Hani Chénouda, qui a plus de 35 ans de carrière, « la
valorisation de la chanson par les vidéoclips est loin d'être
négligeable. Dans ce secteur, on est plus proche des canaux
de la consommation cinématographique. Les stratégies marketing
du vidéoclip tirent les enseignements du vidéoclip à la
télévision, et prolongent le travail du distributeur.
Les éditeurs se précipitent d'ailleurs sur ce créneau
rentable ».
Car
le vidéoclip occupe désormais une place à part dans la production
et la diffusion des chansons. Autant que le son, l'image
reste gravée dans les mémoires. « Par un phénomène
bien étrange, une image vient se superposer dans une histoire.
Le clip transforme le sens des paroles. Les histoires de
création, ce sont aussi des histoires d'amour »,
dit Helmi Bakr, le compositeur et président du Haut Comité
du festival. Certains mots reviennent comme un leitmotiv
dans les propos des professionnels : « Un art
ne voit pas, il métamorphose », « La beauté
n'écoute pas, elle métamorphose ».
« Le
réalisateur du clip, habité par une insatiable curiosité
pour le métier, fait du bon travail de journaliste, mais
aussi du grand travail de peintre. Pour le restituer au
mieux, nous optons pour une forme particulière. Avec d'un
côté la bande-son (la chanson), et de l'autre, la
bande-image (les mouvements, les expressions) illustratrices,
jamais autonome. L'image et le son, les paroles et la musique,
le masculin et le féminin, le proche et le lointain, le
présent et l'absent, l'homme et la caméra ... Belle
histoire, assurément », explique le réalisateur
Tareq Al-Eriane, auteur de plus de 40 vidéoclips, dont entre
autres Raguéïne (Nous revenons) et Awédouni
(Ils m'ont habitué) d'Amr Diab, deux grands succès. Il a
changé les règles du clip et montré ce qu'il pouvait apporter
à une chanson. Car en apportant beaucoup, il enlève aussi
un tas de choses. Al-Eriane dissèque l'essence du mot, pour
l'envoyer très loin. Il commence par se représenter, lui,
conscient du climat que dégage le texte. Il met son talent
au service de la chanson et de la voix du chanteur pour
en faire une vraie création, forte, belle, rythmée.
Hani
Chénouda ne manque pas de remarquer, de son côté, un changement
sur un plan technique et spirituel dans le métier, des améliorations
techniques, du mixage des sons. Il y a l'enregistrement
au studio, puis vient le temps de la promotion et de son
compagnon obligatoire, le clip. « Maintenant, on
travaille dans des conditions plus modernes, en bénéficiant
du tout dernier matériel et de techniciens qui savent manipuler
un matériel extrêmement sophistiqué qui n'était pas très
bien maîtrisé avant. On le voit dans le cinéma aussi. Avant
par rapport à la technique, c'était moyen. Aujourd'hui,
on a atteint un très bon niveau de performance ».
« C'est là où l'on s'exprime ».
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Le
rôle du réalisateur
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La
réaction du chanteur vis-à-vis du clip est aussi intéressante.
Medhat Saleh, qui compte à son répertoire plus de 100 chansons,
et qui a fait récemment réaliser son clip Allah ya sidi (Par
le nom de Dieu), tourné en Grèce par Tareq Al-Eriane, avec
la participation de Miss Grèce, explique : « Quand
je fais du studio, je pense toujours au clip en même temps.
Si je fais du studio pour moi, ou si je fais un album, je
ferai un clip après car cet album, j'aurai envie de le faire
vivre devant les gens ». Pour lui, il y a la radio, les
disques, qui sont devenus de toutes petites choses que les
gens peuvent mettre dans leurs poches. Il y a le studio mais
aussi le clip. « C'est là où on s'exprime, évidemment,
même si on sait à l'avance que la promotion par le clip va
prendre un temps extraordinaire ».
Décider
quel instrument mettre à tel endroit, quel rythme adopter
sur cette musique. Toutes ces décisions sont du ressort du
réalisateur. D'après lui, « c'est très intéressant
d'être dans la lumière. Pour le plaisir, mais sans les embêtements.
Evidemment, on ne chante pas comme dans un concert. Mais dans
le clip, on se laisse aller, on se met à chanter. Il y a un
écho qui enjolive la voix, elle est alors au mieux ».
Le réalisateur Tareq Al-Eriane ajoute aussi que « voir
un chanteur dans un film, on va voir une personne qu'on aime
bien, à travers un personnage qui n'est pas la personne qui
l'interprète. Mais dans un clip, si on aime un chanteur, on
l'aime lui. On aime ce qu'il dégage. Parce qu'un chanteur,
normalement, il parle de lui, de ses préoccupations, de ses
souffrances, des choses qu'il aime. C'est ça que l'on découvre
à travers un clip, normalement ». Pour Medhat Saleh,
« ce qu'il y a de particulier dans ce métier, c'est
que les gens vous aiment pour vous. C'est le contraire d'être
acteur ».
Finalement,
tous les professionnels s'accordent à dire que le succès d'un
vidéoclip est désormais la garantie du succès de la chanson.
Et en règle générale, grâce aux clips, le titre évolue extrêmement
bien sur la durée.
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| Amina
Hassan |
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