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Un
sondage surprise |
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Par
Mohamed Sid-Ahmed |
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La
détérioration de la situation au Proche-Orient
est telle qu'il devient indispensable d'envisager
toute idée nouvelle afin de chercher un nouveau
détail qui puisse être utile. Il ne faut pas
afficher du mépris et repousser à l'avance tout
ce qui nous paraît inhabituel, et revenir inlassablement
sur des idées qui ont été longtemps débattues,
en vain, et qui nous ont conduits à l'impasse.
Il
est temps de dépasser tout ceci et d'encourager
la discussion des idées nouvelles sans accuser
leurs promoteurs de trahison, de résignation
et d'abandon. Une idée ne doit pas être rejetée
à priori, car son promoteur fait au départ l'objet
de doutes et de suspicions. Discuter l'idée
ne signifie pas que l'on doit nécessairement
s'y engager.
Dans
ce contexte, il est nécessaire de bien réfléchir
à l'histoire qui suit. « Le comité de
l'initiative du Rassemblement national pour
la défense du droit au retour des réfugiés palestiniens »,
qui siège dans la bande de Gaza et qui regroupe
des dirigeants nationalistes, islamistes et
des membres du Conseil national et du Conseil
législatif, a condamné les résultats d'un sondage
d'opinion effectué par le Centre des études
politiques présidé par le chercheur palestinien
de renom, le professeur Khalil Al-Chakaki. Le
comité a estimé que ce sondage visait à commercialiser
la position adoptée par les Etats-Unis et l'Etat
hébreu au cours des négociations de Camp David
II, en 2000. Une position qui concerne le règlement
de la question des réfugiés, conformément à
leur propre volonté. Le comité a fini par expliquer
dans un communiqué que ce sondage fait partie
d'une campagne venimeuse dont l'objectif est
de renoncer au droit des réfugiés.
De
fait, les résultats de ce sondage ont été surprenants :
Au moment où une majorité écrasante de Palestiniens
insistent sur la reconnaissance par Israël — au
moins par principe — du droit des
réfugiés au retour (ceci n'a rien de nouveau),
une grande partie s'est montrée prête à accepter
un règlement inventif pour cette question (ceci
est plus surprenant).
La lecture de la réaction du comité mentionné
plus haut révèle que certains Palestiniens considèrent
la position d'Al-Chakaki comme un renoncement
et insistent sur le fait que le sondage qu'il
a effectué auprès des camps des réfugiés au
Liban et en Jordanie vise à falsifier la position
des réfugiés, et à détourner les regards de
leur attachement inébranlable au droit au retour.
Un
sondage d'opinion est certes un outil aisément
manipulable. Celui qui l'effectue peut l'utiliser
pour suggérer ce que bon lui semble et lui conférer
de la crédibilité via une conclusion qui paraît
comme une conclusion scientifiquement précise.
Mon
objectif, lorsque je raconte cette histoire,
n'est pas de défendre Al-Chakaki ni d'adopter
les résultats qu'il a conclus ni de discuter
s'ils reflètent vraiment la position des réfugiés
palestiniens ou pas. Mais admettons que ces
résultats soient justes. Dans ce cas, l'idée
est digne d'être soumise à la discussion. Après,
qu'on la refuse ou qu'on l'accepte, l'important
est de ne pas l'ignorer et de ne pas l'écarter
sans la discuter d'une manière responsable.
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Une réaction américaine
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Richard
Murfey, le diplomate américain et membre éminent
du Conseil américain des relations étrangères,
ainsi que David Mack, vice-président de l'Institut
du Proche-Orient se sont intéressés au sondage
d'Al-Chakaki. Ils l'ont soutenu dans un article
publié dans le New York Times. « Une
chance de dépasser les tabous et de faire revivre
le processus de paix au Proche-Orient s'est
présentée ». ont-ils rappelé. Il s'agit
d'utiliser « un amalgame d'argent et
de diplomatie pour trouver une issue à deux
des questions les plus difficiles qui entravent
le règlement de la cause israélo-palestinienne :
le droit au retour des Palestiniens et les colonies
israéliennes ». Et d'ajouter :
« Si l'Amérique promet de financer la
construction d'habitations pour les colons dans
les territoires israéliens, ceci contribuerait
largement au règlement du problème jusqu'à présent
insolvable des colonies. Un sondage d'opinion
effectué en Israël a montré que 80 % des
colons ont habité la bande de Gaza et la Cisjordanie
après la guerre de 1967 pour des raisons économique.
Et ce, pour profiter des belles maisons que
leur offrait l'Etat à bas prix. Il n'est donc
pas impossible de réinstaller ces personnes
au sein d'Israël si on leur offre des motifs
financiers ». Et de reprendre :
« Cet engagement américain peut inciter
d'autres bailleurs de fonds à financer la construction
d'habitats et d'infrastructures pour les réfugiés
palestiniens ou bien au sein de leur nouvel
Etat ou dans d'autres pays ». Ceci
signifie normalement écarter leur retour à leurs
demeures si elles étaient dans les territoires
israéliens. Les deux auteurs ont ajouté :
« Israël peut faire montre de ses bonnes
intentions s'il laisse intact aux Palestiniens
les colonies israéliennes avec leurs infrastructures ».
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Poser des conditions
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| Certains
membres du Comité de l'initiative pensent (et
ceci est justifié) que la proposition américaine
est favorable aux Israéliens puisque les frontières
de l'Etat palestinien n'ont pas été encore définies.
Alors, la position
à adopter en ce qui concerne l'initiative d'Al-Chakaki
est soit de la refuser et accuser Al-Chakaki
de servir le plan américano-israélien, et ensuite
s'arrêter là. Soit saisir l'occasion de cette
proposition tout en la soumettant à des conditions
qui peuvent changer la situation en faveur des
Palestiniens.
Cette
dernière est de fait l'attitude qu'adopte généralement
la partie adverse. Elle évite de dire « non »
et dit un « oui conditionné ».
Et ces conditions renversent d'habitude l'équilibre
des forces en sa faveur. Nous suggérons à titre
d'exemple que la partie palestinienne précise
la superficie du territoire dont les Israéliens
doivent évacuer leurs colonies en se référant
à l'initiative du prince héritier saoudien Abdallah,
qui l'a déjà fixée et que le sommet des présidents
arabes à Beyrouth avait approuvé à l'unanimité.
De fait, toutes les parties concernées y compris
les parties occidentales ont accueilli favorablement
l'initiative qui stipule d'échanger tous les
territoires occupés contre la paix totale. Il
est à noter que les capitales occidentales étaient
enthousiastes pour cette initiative, car elle
implique une approbation de la part de tous
les pays arabes de normaliser leurs relations
avec Israël. Mais ces pays ont gardé le silence
quant à la partie de l'initiative concernant
la récupération des Arabes de tous leurs territoires
ou plus précisément le retrait jusqu'aux lignes
du 4 juin 1967.
L'initiative
d'Al-Chakaki est une occasion de tester jusqu'à
quel point l'Occident accepte les deux parties
de l'initiative du prince Abdallah, la normalisation
totale et le retrait total.
D'aucuns
peuvent dire que l'initiative du prince saoudien
suppose une entente sur les frontières de l'Etat
palestinien, alors que cette question est reléguée
à la phase finale de la Feuille de route. Mais
l'article du New York Times a proposé
de saisir l'occasion du sondage surprise d'Al-Chakaki
et d'en profiter immédiatement, abstraction
faite de la Feuille de route.
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Sécurité
alimentaire |
| Par
Salama A. Salama
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Le
consommateur égyptien encourt des risques importants
pour sa santé dus à l'utilisation de matières
nocives dans les aliments, tels les hormones,
les insecticides et les matières chimiques dans
les produits agricoles, qu'il s'agisse de légumes,
de fruits ou autres récoltes. Sans oublier les
hormones et les produits à base animale que
l'on retrouve dans la volaille, la viande, le
poisson, les colorants, les conservateurs tous
genres confondus, la formaline et toute une
longue liste de matières utilisées dans les
conserves. Dans ce contexte, n'oublions pas
de signaler au passage les dangers dont sont
porteurs les organismes génétiquement modifiés.
Le
monde entier s'oppose sur les moyens de se protéger
de ces dangers. Les pays en voie de développement
se contentent des tests faits sur des échantillons
pour découvrir leurs composantes toxiques. Malgré
ses coûts exorbitants, cette méthode souffre
de lenteur et les résultats, médiocres, n'ont
pas éradiqué ces dangers, parce qu'elle se limite
à découvrir des matières toxiques sans pour
autant proposer de solutions finales pour s'en
débarrasser. Ainsi, le problème reste globalement
irrémédiable, et resurgit chaque année comme
le problème des fruits d'été à titre d'exemple.
Les
pays développés, quant à eux, ont opté pour
un traitement qui ne se limite pas à ces seules
analyses pour découvrir les composants dangereux.
Leur méthode vise surtout à garantir la pérennité
de la sécurité alimentaire et l'absence de toute
nocivité. Tout ceci avec pour objectif ultime
de protéger à la fois la santé du consommateur
et l'économie du pays.
A
cette fin, les pays du monde développé recourent
dans leur production alimentaire au système
connu internationalement sous le nom de HACCP
(il s'agit d'une nouvelle approche en matière
de gestion des dangers chimiques, physiques
et biologiques qui touchent la production alimentaire …).
Ce système détecte toutes les origines du danger
dans la production alimentaire quelles qu'elles
soient. Comme l'usage abusif des hormones, des
insecticides, des conservateurs et autres. Cette
méthode est essentiellement préventive, elle
empêche le mal avant qu'il n'ait lieu. Ceci
contribue sans aucun doute à avancer vers une
solution finale au problème de la production
alimentaire polluée.
L'Union
européenne a imposé une réglementation rigoureuse
pour écarter tout aliment, ne fût-ce qu'un morceau
de pain, s'il n'est pas produit selon le système
HACCP. Les Etats-Unis, à leur tour, ont appliqué
des mesures similaires. L'Egypte a devancé de
nombreux pays du monde depuis les années 1950
en posant des conditions pour garantir une production
alimentaire saine. Il lui incombe à l'heure
actuelle de suivre la voie empruntée par le
monde développé afin de produire des aliments
exempts d'hormones, d'insecticides, de formaline,
etc. Une manière d'épargner aux consommateurs
les craintes de consommer une nourriture polluée
ou avariée, mais aussi de protéger l'économie
de notre pays.
Nous
espérons nous joindre aux pays développés. Non
pas seulement pour accroître nos exportations,
mais avant tout pour assurer à nos concitoyens
une vie hygiénique saine. Et puisque le HACCP
est appliqué avec succès dans d'autres pays,
pourquoi donc ne pas en faire de même en Egypte ?
Ne serait-ce pas là en plus une manière d'éviter
aux autorités de recourir à des rapports imprécis
sur la sécurité alimentaire ?
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