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0Exposition Oxyrhynchus Al-Bahnassa au Musée gréco-romain d'Alexandrie, jusqu'à fin juillet.

 

Exposition . Le Musée gréco-romain organise une exposition des plus récentes découvertes byzantines de la mission espagnole qui travaille à Bahnassa, près de Minya, à 190 km au sud du Caire.
Le premier âge du christianisme
en Egypte

Cinq grandes peintures en plâtre avec 55 autres pièces de différentes dimensions sont l'objet d'une exposition organisée par le Musée gréco-romain à Alexandrie. Ces pièces sont les plus récentes découvertes de la mission égypto-espagnole qui travaille à Bahnassa, ville située à 190 km au sud du Caire. L'ancienne appellation de cette ville est Oxyrhynchus.

« D'après le style artistique de ces pièces, on constate qu'elles remontent au début de l'époque chrétienne », explique Mansoura Awad, chef du secteur copte au Musée gréco-romain. A cette époque, les Egyptiens conservaient encore leurs coutumes pharaoniques bien qu'ils aient adhéré au christianisme. Ils ont alors exprimé ce nouveau culte d'après leurs anciennes coutumes. La peinture du prophète Jonas, la plus importante pièce de toute l'exposition, en est l'exemple par excellence. Sur cette peinture, on remarque le prophète Jonas qui sort d'un crocodile au lieu de sortir d'une baleine. « Le crocodile a remplacé la baleine parce qu'il est mieux connu par les Egyptiens. Et en même temps, cet animal avait une importance religieuse à l'époque pharaonique », explique l'experte. Quant à la baleine, elle est inconnue des Egyptiens, poursuit-elle.

Aussi la domination du culte pharaonique se voit dans une autre peinture, où le défunt se présente à Dieu. Ce dernier est symbolisé par la croix entourée de la Couronne immortelle dont les fleurs et les feuilles ne meurent jamais. Derrière lui, apparaît une femme voilée qui pourrait être sa mère ou sa femme. Cette scène est prise ou inspirée des tombes pharaoniques que l'on rencontre fréquemment. Petite différence, « il n'y a pas de résurrection après la mort » explique-t-elle.

Les trois autres peintures se complètent. Cependant, on ne sait pas au juste d'où elle commence et où elle se termine. Au centre, on peut voir clairement quelques marches d'escaliers qui se dirigent vers une enceinte. « Ces marches symbolisent l'arrivée de l'âme au ciel dans l'art copte », explique l'experte. A gauche, on aperçoit un soldat d'après ses souliers et auprès de lui, un citoyen. En bas sont rédigés les noms de ces deux personnes. A droite, en revanche, on peut distinguer avec difficulté une partie d'une table funéraire sur laquelle sont posés deux poissons ainsi que des lampes qui éclairent l'endroit de la prière. Jusque-là, on est en train de décrire une scène dans une tombe pharaonique. Mais petite différence : des rideaux ornés de croix et des signes de Ankh représentent l'arrière-plan de ces trois peintures. Ces cinq peintures sont portées d'une église.

Quant au cinquante autres pièces, quelques-unes sont de petites tables d'offrandes en calcaire, d'autres sont des pains sur lesquels sont inscrits des oudjats (œil d'Horus). Aussi sont exposées des statuettes d'Ouchepti et des petits yeux d'Horus bleu foncé.

Ces 55 pièces ne sont pas les seules provenant de Bahnassa dans le Musée gréco-romain. Ce dernier expose plusieurs autres pièces sorties d'Oxyrhynchus et en conserve d'autres dans ses dépôts, notamment une momie sur laquelle sont dessinées la croix et plusieurs décorations architecturales en marbre et en calcaire. Toutes ces pièces étaient découvertes grâce aux missions successives menées par l'archéologue italien Evaristo Breccia, entre 1927 et 1934 (lire article sur cet archéologue). Cette ville nous fournit encore beaucoup de trésors avec la mission égypto-espagnole. Ce qui confirme que Bahnassa reste un site riche qui n'a pas encore livré tous ses secrets.

Doaa Elhami
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