Négociations
et renégociations |
| La
« feuille de route » est venue s'ajouter
à une dizaine de plans de paix restés lettre morte.
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1991 |
| 30
octobre : Ouverture
de la Conférence de Madrid
par les présidents américain et soviétique George
Bush et Mikhaïl Gorbatchev, suivie, le 3 novembre,
des premières négociations bilatérales entre Israël
et ses voisins arabes, y compris les Palestiniens
dans le cadre d'une délégation commune jordano-palestinienne.
Celles-ci se poursuivront, non sans mal, en décembre
puis en février 1992, alors que les négociations multilatérales
s'ouvriront, à Moscou, le 28 janvier 1992. |
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1993 |
| 13
septembre :
Signature par l'OLP (Organisation de Libération de
la Palestine) et le gouvernement israélien à la Maison
Blanche, en présence d'Itzhaq Rabin et de Yasser Arafat,
de la Déclaration
de principes sur les arrangements intérimaires d'« autogouvernement ».
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Le texte, négocié en secret en Norvège entre l'OLP
et le gouvernement israélien, prévoit la mise en place
d'une autorité intérimaire palestinienne pour une
période transitoire de cinq ans menant à un arrangement
permanent. |
| 4
mai : Accord
du Caire entre Rabin
et Arafat sur les modalités d'application de la Déclaration
de principes israélo-palestinienne. Le 1er juillet
1994, M. Yasser Arafat arrive à Gaza. |
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1995 |
| 28
septembre :
Arafat et Rabin signent à Washington, en présence
des présidents Clinton et Moubarak ainsi que du roi
Hussein, des accords sur l'extension de l'autonomie
à la Cisjordanie, dits d'Oslo II. |
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1997 |
| 15
janvier : Protocole
d'accord sur le redéploiement israélien dans la ville
d'Hébron et sur le
transfert de certains pouvoirs à l'Autorité palestinienne. |
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1998 |
| 23
octobre : Signature
de l'accord de Wye River aux Etats-Unis entre Arafat
et Benyamin Netanyahu, premier ministre israélien ;
l'accord stipule que l'Autorité doit récupérer dans
les trois mois 13 % supplémentaires du territoire
de la Cisjordanie (dont 1 % en pleine souveraineté
et 12 % en souveraineté partagée avec Israël)
en échange d'une répression accrue de la part de la
police palestinienne des mouvements hostiles à la
paix. La CIA supervise le plan de « lutte
contre le terrorisme ». |
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1999 |
| 4
septembre :
Signé par Yasser Arafat et Ehud Barak, l'Accord
de Charm Al-Cheikh
redéfinit le calendrier d'application des accords
de Wye River pour le retrait supplémentaire de l'armée
israélienne, l'ouverture de deux « passages
sûrs » entre la bande de Gaza et la Cisjordanie,
la libération de prisonniers supplémentaires et l'accord
définitif sur les questions restées en suspens, qui
doit être conclu au plus tard le 13 septembre 2000. |
| 11-24
juillet : Les
négociations à Camp
David entre le président
américain William Clinton, le premier ministre israélien
Ehud Barak et le président de l'Autorité palestinienne
Yasser Arafat n'aboutissent à rien. |
| 16-17
octobre :
Israéliens et Palestiniens acceptent de se retrouver
autour de la même table à Charm
Al-Cheikh. L'accord,
précaire, du 17 octobre survient après 24 heures de
négociations incertaines et ne donne lieu à aucune
signature de texte. Israéliens et Palestiniens s'engagent
seulement par un accord oral auprès du président William
Clinton en le chargeant de la déclaration finale.
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2001 |
| 4
janvier :
Reprise des négociations israélo-palestiniennes à
Washington.
Mais à quelques semaines de la passation de pouvoir
à la Maison Blanche, le président Clinton échoue dans
ses efforts en vue d'arracher un accord définitif
de paix entre Israël et les Palestiniens. « Tout
ce qui peut arriver, déclare-t-il, sera désormais
du ressort de son successeur George Walker Bush ». |
| 21-27
janvier :
Les pourparlers
de Taba en Egypte
s'achèvent sans accord de paix. L'hypothèse, un moment
évoquée, d'une rencontre entre Barak et Arafat avant
l'élection israélienne du 6 février, est annulée.
Elle aurait dû se dérouler à Stockholm, dont le gouvernement
assume la présidence tournante de l'Union européenne. |
| 5
mai : Le
journal anglais The Independent publie des
extraits du rapport préliminaire de la commission
internationale conduite par le sénateur
américain George Mitchell sur
les violences en Israël. Le rapport demande qu'Israël
mette fin à toute colonisation dans les territoires
palestiniens et cesse d'utiliser des balles en caoutchouc.
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| 21
mai : La
commission
Mitchell préconise
un gel de l'extension des colonies juives de peuplement
en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, et l'incarcération
des terroristes palestiniens pour tenter de mettre
fin à huit mois de violences. |
| Fin
mai/début juin :
Nouvelles missions de William Burns, nouveau médiateur
spécial pour le Proche-Orient afin d'aider les deux
parties à mettre en œuvre les conclusions du rapport
Mitchell et du directeur de la CIA, George Tenet,
chargé par l'Administration Bush de contribuer à la
réorganisation des services de sécurité palestiniens. |
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2002 |
| 10/12
juin : M.
Bush reçoit pour la sixième fois en deux ans le premier
ministre israélien Ariel Sharon qui déclare notamment :
« Nous avons obtenu ce que nous voulions ».
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| 24
juin : Les
Etats-Unis conditionnent leur soutien à la création
d'un Etat palestinien provisoire à l'élection d'une
« nouvelle direction palestinienne ».
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| 17
septembre :
La « feuille de route », un plan
par étapes devant conduire d'ici 2005 à la création
d'un Etat palestinien, est adoptée par le Quartette
sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne
et les Nations-Unies). |
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2003 |
| 30
avril :
Publication par la Maison Blanche de la « feuille
de route ». |
| 9
mai : George
W. Bush propose la création d'une zone de libre-échange
entre les Etats-Unis et les pays du Moyen-Orient dans
les dix ans pour favoriser le développement économique
et la stabilisation de cette région. |
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Etablie par |
|
Aliaa Al-Korachi |
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Proche-Orient .
Bush participe à deux sommets
destinés à faire appliquer la feuille de route. Mais les
espoirs d'un règlement du conflit palestino-israélien sont
ténus, après plusieurs accords qui n'ont jamais été exécutés.
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L'arbitrage
américain
|
Plus d'un
demi-siècle de conflit et des dizaines d'espoirs et de chances
de paix étouffés dans l'œuf. Chaque fois on croyait que
le règlement était à portée de main, mais ces rêves ne tardaient
pas à s'évaporer. Aujourd'hui, le même scénario se profile
avec un plan nommé « La feuille de route »
et deux sommets régionaux qui ont l'avantage d'une participation
directe du chef de l'exécutif américain. Les indices laissent
donc prévoir que le terrain est propice pour parvenir à
la paix. Un plan préparé par les Etats-Unis, la Russie,
l'Union Européenne et l'Onu que les Palestiniens ont approuvé
et que les Israéliens ont accepté du bout des lèvres sera
à la base de cette démarche. |
|
Cependant,
il ne s'agit que d'un plan comme les précédents, de Madrid
à Charm Al-Cheikh en passant par Taba et Wye River. Cette
feuille de route paraît d'ailleurs piégée. Son seul aspect
positif est qu'elle prévoit la création d'un Etat palestinien
indépendant provisoire en 2003 avant de passer à un Etat
indépendant, démocratique et viable d'ici fin 2005. D'autres
points comme le tracé des frontières de cet Etat, les colonies
juives, le droit au retour des réfugiés et le statut de
Jérusalem restent flous. Le plan les mentionne dans sa troisième
et dernière phase en tant que sujets « au programme ».
Dans son ensemble, ce plan prévoit d'autres mesures principalement
de la part des Palestiniens avant d'arriver à un règlement
définitif. Ceux-ci doivent « mettre immédiatement
fin à la violence, reprendre leur coopération sécuritaire
avec Israël, procéder à des arrestations et doivent également
entreprendre des réformes politiques ». Cette première
phase prévoit que les Israéliens de leur côté se retirent
des secteurs réoccupés depuis septembre 2000 et gèlent la
colonisation. Les dirigeants israéliens doivent aussi « s'engager
à œuvrer à la création d'un Etat palestinien ».
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Méfiance de part et d'autre |
| Le scepticisme
domine cependant dans les deux camps. Du côté palestinien,
il y a une crainte réelle que le provisoire dure et que
l'Etat intérimaire devienne permanent. Israël, de son côté,
par la voix de plusieurs ministres, a fait savoir qu'il
était exclu que l'Etat juif accepte la naissance d'un Etat
palestinien, même provisoire, sans que les Palestiniens
ne renoncent au préalable au droit au retour des réfugiés.
Cette renonciation était l'un des 14 changements présentés
par Ariel Sharon à Washington et que les Américains ont
déclaré prendre en considération. Certes, les Américains
ne sont pas prêts à exiger des Palestiniens une telle concession
dès le début du processus de négociation, mais ceci ne veut
pas dire qu'ils ont l'intention de l'occulter. Aucune personne
dans la région ne se fait l'illusion que les Etats-Unis
imposeront à Israël quoi que ce soit. C'est pourquoi il
y a un sentiment de pessimisme qui pèse sur le Proche-Orient
en dépit des deux sommets de Charm Al-Cheikh entre le président
Bush et des dirigeants arabes et celui d'Aqaba, qui le réunira
avec les premiers ministres palestinien et israélien. |
Deux guerres, deux tentatives de paix
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La similitude
entre les négociations de Madrid en 1991 et Camp David II
en juillet 2000 ont nourri ce sentiment. Madrid était né
après une confrontation militaire due à l'invasion iraqienne
du Koweït. Ces deux récents sommets interviennent également
après une invasion américaine de l'Iraq. Ces deux guerres
ont secoué le Proche-Orient, provoquant une division des
pays arabes. A l'heure où les Arabes tentaient en vain de
colmater les brèches suscitées par la tempête du désert,
la chute de Bagdad les a encore divisés et affaiblis. Dans
les deux cas, ce sont des républicains à la tête des Etats-Unis,
hier George Bush père, aujourd'hui son fils, les deux sortis
vainqueurs d'une guerre dans la région. En Israël, c'est
le Likoud Itzhak Rabin contre Ariel Sharon, tous deux affaiblis
par l'Intifada. La seule différence est qu'aujourd'hui la
haine contre les Etats-Unis est à son comble, ce qui n'existait
pas lors de la conférence de Madrid et avait donc facilité
les négociations. Si Madrid a eu le mérite de réunir pour
la première fois autour de la même table Israéliens, Palestiniens,
Syriens, Libanais, Egyptiens et Jordaniens, le sommet d'Aqaba
mettra pour la première fois Ariel Sharon, opposé aux accords
d'Oslo, face aux Palestiniens, dans une conférence de paix.
C'est-à-dire comme à Camp David II. Si la concertation avec
les Arabes était absente en 2000, Bush fils rencontre cette
fois-ci ses principaux alliés dans le monde arabe. Mais
c'est la vision stratégique globale qui fait défaut à cette
Administration américaine. Les observateurs estiment que
la politique de Bush est fondée sur une sorte de dynamique,
même de pure forme, qui aboutirait à la réussite. C'est-à-dire
une succession de poussées qui reporteraient les questions
les plus compliquées à la phase finale. Ainsi, estiment
les analystes, c'est le communiqué américain affirmant que
Washington tient compte des réserves israéliennes sur la
feuille de route qui a poussé Sharon à l'approuver et à
participer au sommet. Mais c'est cette même politique américaine
qui a fait que ce plan de paix contienne des failles et
des questions sans réponse. |
Une approche, mais pas de vision
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Mohamad Al-Sayed
Saïd, vice-directeur du Centre d'Etudes Politiques et Stratégiques
(CEPS) d'Al-Ahram, estime que Bush est poussé « par
l'approche des élections américaines. Il veut paraître comme
étant l'homme de la guerre et de la paix. Il y a ainsi deux
interprétations de son attitude ». La première,
selon Saïd, qu'il tente de conquérir l'opinion juive en
continuant le processus qu'il avait entamé avec Sharon qui
consiste à transformer le conflit palestino-israélien en
un autre inter-palestinien. « Sinon, la moindre
des choses serait de fermer le dossier de l'Intifada ».
L'autre interprétation est que Bush après la guerre contre
l'Iraq veut ouvrir le dossier palestinien pour se réconcilier
avec les Arabes et alléger les pressions qu'ils subissent
et qui menacent d'une explosion terroriste. Saïd souligne
que les Etats-Unis ont pris un véritable risque dans leurs
relations avec les pays arabes, en laissant très longtemps
les mains libres à Sharon. Celui-ci n'a presque rien réalisé
et les Américains ne peuvent plus lui laisser encore du
temps. Surtout que l'image d'Israël a été plus que jamais
ternie. En Europe, à l'exception de quelques pays de l'Europe
de l'est, c'est presque l'unanimité sur la question palestinienne
faisant bloc aux Etats-Unis. Il existe par ailleurs une
division au sein des organisations juives américaines sur
le conflit, ajoute le politologue. « Certaines d'entre
elles craignent la détérioration de l'image des juifs en
leur faisant porter la responsabilité indirecte des attentats
anti-américains ». Dans ce contexte, la feuille
de route se présente comme un nouvel Oslo. « C'est-à-dire
un retour à la normale sans pour autant parvenir à un règlement ».
L'ultime objectif serait d'arrêter l'Intifada. Quant aux
questions fondamentales, elles resteront telles quelles.
Le sommet de
Charm se présente ainsi comme une nouvelle assurance des
Arabes aux Américains qu'ils reconnaissent le droit d'Israël
à l'existence, c'est-à-dire confirmer l'initiative arabe
du sommet de Beyrouth. Un sommet, selon Saïd, où les Arabes
« n'auront rien de nouveau ». A Aqaba,
les Palestiniens seront isolés face aux Israéliens soutenus
par Washington. Les observateurs considèrent que cette rencontre
sera dominée par la question du terrorisme identifié à la
résistance palestinienne. Feuille de route ou sommets, les
craintes sont importantes que dans ce jeu de paix, les Américains
et les Israéliens deviennent arbitres et joueurs et les
Arabes uniquement spectateurs. Ceux-ci regretteront d'avoir
pris part à un jeu dont ils ne connaissaient pas les règles
et auquel ils n'ont pas participé. |
| Samar Al-Gamal
Ahmed Loutfi
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