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rapport sur le rôle des institutions non gouvernementales
dans le développement, élaboré par la commission du
développement
humain du Conseil consultatif, critique sévèrement
la faiblesse du rôle des partis politiques dans le
processus de développement. « Il existe 17
partis politiques en Egypte, mais leur rôle dans le
développement est quasi inexistant », souligne
le rapport.
Les
dirigeants des partis d'opposition eux-mêmes estiment
que l'action des partis en Egypte est boiteuse en
accusant le pouvoir d'être à l'origine de leur faiblesse.
« Il n'y a que le Parti National Démocrate
(PND, au pouvoir) qui est présent sur la scène.
On n'a jamais assisté à une action efficace de la
part des partis d'opposition depuis leur installation
il y a une trentaine d'années », affirme
Mohamad Awad, le secrétaire du parti des Verts. Awad
assure toutefois que le programme de son parti est
intéressant. Il s'agit en premier lieu de questions
nationales comme le déminage et la création d'un village
modèle dans la Nouvelle Vallée destiné aux jeunes
pour résoudre en partie le problème du chômage. « Mais
nos projets nécessitent de grands moyens, alors que
la subvention annuelle fournie aux partis politiques
est médiocre ne dépassant pas les 50 000 L.E.,
somme qui couvre seulement les loyers de nos sièges
dans les gouvernorats », avoue Awad. De même,
au cas où le parti accepterait des dons d'individus
ou d'institutions, il est obligé, selon la loi, de
publier dans un quotidien national une annonce disant
qu'il a accepté un don. En général, ces annonces coûtent
très cher (3 000 L.E. pour une annonce de 3 lignes).
Dans une tentative de régler ses problèmes financiers,
le parti des Verts a augmenté la valeur de ses frais
mensuels d'adhésion à 6 L.E., ce qui décourage les
citoyens à y adhérer, sachant que le PND ne collecte
que 50 piastres seulement. De plus, les citoyens ne
sont pas sensibilisés au rôle de l'opposition dans
le développement en comparaison avec le PND au pouvoir.
Outre
le problème du financement, le parti du Rassemblement,
quant à lui, justifie la faiblesse de son rôle social
par les contraintes imposées par le gouvernement.
« Il est interdit aux partis politiques de
lancer un projet, quel qu'il soit, sans l'autorisation
du gouvernement. Il nous est interdit donc d'installer
des classes d'analphabétisme de peur que les citoyens
ne soient conscients de leurs droits. Même nos projets
d'apprentissage des métiers artisanaux ont été suspendus.
Il paraît que le gouvernement est contre les activités
non gouvernementales », s'insurge Soliman
Chafiq, membre à la commission centrale au Rassemblement.
Il affirme que pour mettre en place leurs idées, certains
membres du parti adhèrent à des ONG pour avoir plus
de liberté d'action. Il s'agit d'environ 3 %
des membres. Mais Soliman fait aussi de l'autocritique.
« Le parti ne dispose pas d'un véritable programme
social, sa priorité étant d'accéder au pouvoir. Quant
aux questions sociales telles que la lutte contre
le chômage et l'analphabétisme, il est très difficile
de les réaliser même si nous sommes au pouvoir. Même
l'union féminine du parti ne cherche que l'annulation
des lois qui sont contre la liberté de la femme, question
qui n'intéresse pas les villageoises par exemple ! »,
affirme-t-il en soulignant qu'une révision du programme
du parti est indispensable.
De
l'autre côté, Nabih Al-Alqami, du PND, affirme que
les partis d'opposition ne sont pas interdits de participer
au développement. « Les partis d'opposition
sont aujourd'hui incapables de jouer un rôle actif
sur le terrain social à cause de la faiblesse de leurs
programmes et structures. Ils disent n'importe quoi
pour justifier cette faiblesse. Ils sont pour la plupart
déchirés par des conflits internes », estime-t-il
en soulignant que le gouvernement encourage les citoyens
à participer au développement ainsi qu'à la politique.
La preuve en est, selon Al-Alqami, que le PND a organisé
des manifestations dans le Stade du Caire et auxquelles
ont participé plus d'un million de personnes de tous
les partis politiques. Al-Alqami énumère les activités
du PND dans le développement. Côté social, le PND
dirige des campagnes de sensibilisation au planning
familial, notamment dans les villages et les banlieues.
« Il organise aussi des cours à l'apprentissage
d'ordinateurs et d'Internet dans tous les clubs des
jeunes. A titre d'exemple, 2 000 jeunes profitent
récemment de ces cours au gouvernorat de Kafr Al-Cheikh
contre des sommes modestes », souligne Al-Alqami.
« Quant au financement du parti, il vient
de sources légitimes. Il dépend de son propre budget
ainsi que des donations des hommes d'affaires du PND
et des crédits consacrés à la réforme des jeunes »,
affirme-t-il.
Fouad
Badrawi, du parti du néo-Wafd, estime que le
PND arrive à accomplir ce rôle social grâce à son
pouvoir gouvernemental. « Le PND fait tout
cela en mobilisant le pouvoir exécutif afin d' être
le seul sur le terrain, alors que le parti néo-Wafd
déploie des efforts personnels pour mettre en exécution
son programme ». Badrawi estime que son
parti est le seul parti d'opposition qui se pose en
concurrence au PND. « La réussite d'un parti
est mesurée par la force de sa présence dans la rue
et son histoire politique. C'est donc le cas du néo-Wafd
et du PND », explique Badrawi. Et d'ajouter
que le parti exerce efficacement son rôle au développement :
« Nous organisons dans nos sièges des classes
d'alphabétisation, des cours à prix modérés dans différents
domaines, nous disposons également d'un centre médical,
bref, nous accomplissons un rôle social efficace qui
va de pair avec celui du PND », assure Badrawi
en mettant l'accent sur la performance des députés
du parti au Parlement qui réclament la démocratie,
la continuité de la subvention, de la lutte contre
le chômage, ainsi que la réforme de l'éducation, de
la santé et du statut de la femme, notamment dans
les villages.
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