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Médecine . Un nouveau projet de loi qui autorise la création de banques des yeux a fait l'objet, cette semaine, de vifs débats au Parlement.
Un amendement nécessaire

C'est peut-être une chance pour les malades de la cornée. Un projet relatif aux banques des yeux, approuvé la semaine dernière par le Conseil consultatif, a été cette semaine au centre de discussions à l'Assemblée du peuple. Il s'agit d'un amendement de la loi 103/1962 relative à la création de banques des yeux. Le texte autorise sous certaines conditions la transplantation des cornées.

« L'Egypte compte environ un demi-million de malades atteints d'une déficience de la cornée. Il y avait un réel besoin que l'Assemblée du peuple discute de ce projet d'amendement. Nous avons consacré 10 réunions pour le faire et nous avons obtenu l'approbation des ophtalmologues et des hommes de religion », affirme Saleh Al-Chimi, président de la commission de la santé au conseil consultatif. Selon l'amendement, les hôpitaux dépendant des universités ont le droit de créer des banques de cornées à condition d'avoir l'approbation du ministère de la Santé. Le ministre Mohamad Awad Tagueddine a affirmé lors des discussions du projet de loi que l'Egypte importe chaque année des cornées de l'étranger. Le prix d'une seule cornée peut atteindre 14 000 L.E. En plus, cela comporte des risques car les cornées peuvent être porteuses de virus ou de cellules cancéreuses.

Selon Mohamad Al-Réfai, ophtalmologue, ce projet d'amendement ne soulève aucun problème d'ordre moral ou éthique comme ce fut le cas avec la loi sur la transplantation des organes à partir de personnes mortes cliniquement. « Seule la cornée est prélevée et non pas l'oeil en entier et ceci trois ou quatre heures après le décès. En plus, cette partie de l'oeil ne peut pas être considérée comme un organe. Elle est transparente et son prélèvement ne provoque aucune déformation du cadavre comme le prétendent certains », explique Al-Réfai.

En effet, cela faisait 9 ans que les banques des yeux avaient arrêté leurs activités suite à un scandale survenu en 1996. A cette époque, les parents d'une personne qui avait trouvé la mort dans un accident ont accusé un médecin à l'hôpital de l'Université Aïn-Chams d'avoir volé la cornée de leur défunt, ce qui a suscité un débat très médiatisé. Un autre scandale a eu lieu en 1999 à l'hôpital Al-Qasr Al-Eïni. Ce projet d'amendement est censé trancher ce débat. Il permet le prélèvement des cornées sur des volontaires parmi les condamnés à mort ou les personnes décédées lors d'accidents, à condition d'avoir eu leur approbation préalable.

L'amendement stipule que cette approbation doit être « écrite », ce qui a alimenté le débat. Les députés ainsi que le ministre de la Santé ont réclamé l'élimination de ce terme. « Demander une approbation écrite ne va pas encourager les gens à faire don de leur cornée », car c'est une procédure qui compliquera la démarche du don, affirme Akram Al-Chaer, sous-secrétaire de la commission de la santé. Kamal Al-Chazli, ministre des affaires du Parlement, a affirmé que la charte exécutive de la loi réglera ce problème. Toute infraction à la loi sera passible d'une peine de 6 mois de prison minimum et d'une amende de 10 000 L.E. au maximum, de même que du retrait de la licence du médecin qui a pratiqué le prélèvement pour une durée allant de 1 à trois 3 ans. Selon Mohamad Osmane, professeur de fiqh (jurisprudence islamique), à l'université d'Al-Azhar, il faut encourager les gens à faire don de leur cornée. Le cheikh d'Al-Azhar, Mohamad Sayed Tantawi, a voulu donner l'exemple en acceptant dans son testament de faire don de ses organes après sa mort.

Ingy Al-Qadi

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