Fi
ezz al-dohr, écrite par Ossama
Anouar Okacha et mise en scène par Mohamad Omar, sera redonnée fin
juin au Théâtre national, place Ataba.
Tél. : 591 77
83.
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Théâtre
. Ossama Anouar Okacha,
Samiha Ayoub et Mohamad Omar. Trois grands noms réunis dans
Fi ezz al-dohr (A midi). Mais la pièce n'en est pas
pour autant une réussite. |
| Le
drame des générations
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Sur les planches du Théâtre
national se donne actuellement la pièce Fi ezz al-dohr
(A midi), écrite par Ossama Anouar Okacha et mise en
scène par Mohamad Omar, dont le rôle principal est tenu
par la star du théâtre égyptien Samiha Ayoub. Des grands
noms qui figurent sur l’affiche et qui doivent garantir
le succès du spectacle.
Zeinat possède
des petits chalets et quelques appartements à Miami, à Alexandrie,
qu'elle loue en été à des estivants. Cette propriétaire,
ancienne prostituée, vit avec son frère, le bohémien Sassa,
qui ne s'intéresse qu'à la drogue et aux femmes. Les estivants
sont de différentes catégories. Un businessman qui oublie
complètement sa famille en quête d’argent, une prostituée
qui vit avec sa sœur et la convainc de travailler dans le
tourisme, un homme âgé qui veut abandonner sa femme pour
aller chercher une deuxième épouse. L’après-midi, alors
que chacun est complètement plongé dans ses propres affaires
ou ses problèmes, un ancien marchand ambulant vient annoncer
que tous les enfants de ces familles se sont noyés. Suite
au choc, chacun commence à se juger et à se dévoiler. Ils
finissent par s’imaginer que les enfants sont revenus saints
et saufs et que leur vie continue comme si rien ne s'était
passé. Il n'y a que Zeinat qui découvre la réalité ;
son seul salut est d’aller se jeter à la mer.
Dans cette
pièce, Ossama Anouar Okacha lance un cri contre les générations
de parents issues de la politique d’ouverture, qui étouffent
leurs enfants soit par un excès d’amour ou un excès de négligence.
Des générations qui enfantent les jeunes perdus d’aujourd’hui.
Le dramaturge, qui écrit dans le style dramatique de la
télévision basé surtout sur les problèmes de notre société,
reste ici préoccupé par les questions sociales. Pour mieux
élaborer ses idées, il a bien dessiné ses personnages. Le
problème est qu’il a créé de longues scènes afin de les
présenter à travers des monologues successifs. Un style
évidemment monotone que l’on retrouve dans le premier acte,
quand il présente ses personnages, et qui existe dans le
deuxième quand ils dévoilent leurs tréfonds après le choc.
S’ajoute à
cela le personnage traditionnel et classique du possédé
ou du derviche qui existe pour lancer des maximes et pour
guider les protagonistes vers leur salut. Okacha choisit
de présenter un ancien guerrier pour lequel le temps s’est
arrêté à la date de la défaite de 1967 et qui a fui la guerre
et a trouvé refuge chez Zeinat. |
Une mise en scène classique |
| La mise
en scène de Mohamad Omar est, elle aussi, traditionnelle.
Au cours du premier acte, le metteur en scène donne libre
cours aux effets humoristiques afin de susciter les éclats
de rire du public et de créer une sorte de familiarité entre
les acteurs et les spectateurs. Mohamad Omar a aussi choisi
ce style circulaire dans sa mise en scène. La pièce commence
par la chanson « Oh terre purifie-toi »,
qui n’est qu’une introduction et qui reflète notre société.
Quant à la fin, lorsque le possédé ou l’ancien guerrier
donne la morale de la pièce à travers le conseil qu’il adresse
à Zeinat d’aller se jeter à la mer, on entend une autre
chanson : « Ce n’est pas la fin de l’histoire ».
Les couleurs
de l’éclairage sont limitées tout au long de la pièce à
la couleur jaunâtre, reflétant l’idée du beau temps, qui
devient plus sombre dans le deuxième acte où la vie des
personnages est bouleversée et devient plus dramatique.
La scène du commissariat de police n’est pas nouvelle. L’agent
de police est occupé par les coups de fil qu’il reçoit sur
l’incident de la noyade, il est anxieux et perplexe. On
trouve aussi le stéréotype du soldat qui parle à haute voix
et engueule les prisonniers en fermant les yeux. Un exemple
stéréotypé dans le théâtre qui peut parfois susciter le
rire.
Même les symboles
utilisés par le metteur en scène n’ajoutent pas de grande
valeur. Par exemple, la scène où Zeinat et son frère se
confrontent dans sa chambre à coucher. Une couleur rouge
flagrante domine la chambre et même l’habit de l'héroïne,
cette ancienne prostituée. Le frère, victime de sa mauvaise
réputation, clôture leur conversation en la couvrant d’un
drap blanc. L’opposition entre le rouge et le blanc est
claire.
Autre exemple,
la scène d’illusion quand les jeunes reviennent en portant
des draps blancs avec des masques gris. Comme s’ils étaient
simplement des personnes sans âmes ou plutôt des acteurs
qui continuent à jouer les rôles des fils et des filles
qui se sont noyés pour que la vie continue. Le message est
bien compris.
Samiha Ayoub,
troisième membre du trio, excelle dans son jeu en présentant
une femme qui s’est repentie, qui a de l’humour, mais qui
à l’intérieur de soi, vit beaucoup de souffrance et d’amertume.
S’ajoute à
cette comédienne plusieurs stars, comme le grand comédien
Omar Al-Hariri, Tewfiq Abdel-Hamid (qui a connu un grand
succès dans les rôles qu’il a joués dans les feuilletons
égyptiens pendant le mois de Ramadan), Salwa Khattab et
d'autres encore. Des stars de télévision dont les noms attirent
le public, mais est-ce que les noms suffissent pour monter
un spectacle réussi ? Est-ce que la présence du trio Ossama
Anouar Okacha, Mohamad Omar et Samiha Ayoub suffit à présenter
un spectacle qui prétend atteindre le succès de deux ans
auparavant ? Rien n'est moins sûr. |
May Sélim
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