|
|
|
|
Cartes
de crédit . Les sociétés internationales
comptent étendre leurs activités en Egypte et atteindre
les 7 millions de clients d'ici à 2006.
|
|
Le
boom égyptien |
| Les
quatre sociétés internationales de carte de crédit œuvrant
en
Egypte, à savoir American Express, Visa International,
Diners Club et Master Card, veulent étendre
leur clientèle dans le pays.
« Il
y a une forte chance que le volume des cartes de crédit
en Egypte atteigne les 7 millions dans trois ans »,
affirme Mohamad Bellarage, le vice-président de Master
Card pour le Moyen-Orient et les pays d'Afrique du Nord.
Or, actuellement, ils ne sont qu'un million sur les 70 millions
d'habitants à utiliser une carte de crédit. Et ce chiffre
est en croissance continue.
Or,
Master Card, qui a connu, pour l'année dernière seulement,
un taux de croissance de 71 % pour les cartes de crédits
en Egypte, va bientôt y ouvrir un bureau permanent. « Etre
sur place permettra de mieux se concentrer sur le marché
égyptien et faire des études sur le potentiel existant.
Ce marché jouit d'un grand potentiel, il est en plein boom »,
explique Ahmad Samir, un employé de la banque Al-Ahli.
Par ailleurs, Tareq Al-Husseini, directeur général du bureau
de Visa en Egypte, a annoncé que nombreux projets
étaient actuellement en étude avec le gouvernement égyptien
en vue de transformer la société en société non monétaire.
« Parmi ces projets, on étudie la possibilité de
lancer des cartes pour payer les salaires des employés du
ministère du Commerce extérieur », a-t-il ajouté.
L'idée serait d'attirer une nouvelle clientèle comme les
fonctionnaires, les jeunes, les universitaires et les employés
des petites et moyennes entreprises.
Mais
pour attirer ce nouveau public, il va falloir d'abord le
sensibiliser à ne pas utiliser d'argent liquide. Il va falloir
également préparer une infrastructure de télécommunications
capable de répondre aux nouveaux besoins. En effet, le ministère
des Télécommunications et de l'Information a débloqué 20
millions de livres égyptiennes pour développer 400 bureaux
de poste afin de pouvoir appliquer le paiement électronique
et fournir les cartes en plastique au public. Par ailleurs,
Visa coopère avec l'industrie des banques afin de
construire une infrastructure capable de lancer plus de
cartes. |
Les
effets de la libéralisation
|
American
Express a dernièrement annulé un certain nombre de ses
cartes de crédits parce que ces clients ne se sont pas pliés
aux nouveaux règlements qui exigent de rembourser en devises
étrangères les cartes lancées en dollars. Jadis, les porteurs
de cartes lancées en dollars remboursaient à la banque American
Express Misr en livres égyptiennes. Mais la situation
a changé après la libéralisation du taux de change le 29
janvier 2003. Ossama Saleh, directeur exécutif de la banque
American Express Misr, a expliqué que la banque veut
plutôt consacrer ses devises aux demandes des importateurs,
et s'abstiendra donc de fournir des dollars aux porteurs
des cartes de crédit. Une décision qui obéit aux recommandations
de la Banque Centrale Egyptienne (BCE) qui avait appelé
les banques à réorienter leurs devises étrangères vers le
financement des importations de produits de première nécessité,
comme le maïs et le sucre. Ainsi, un mois après, les porteurs
de cartes American Express ont été avertis qu'à partir
du 23 mars 2003, ils n'étaient plus autorisés à rembourser
en monnaie nationale les cartes lancées en dollar et que
de nouvelles limites seraient introduites pour chaque compte
de carte selon la lettre de garantie fournie.
En
effet, le fait que les porteurs de crédit retirent en dollars,
mais remboursent en devise nationale était un problème pour
toutes les banques. Ainsi si la banque American Express
Misr a préféré retirer ce service, les autres banques
continuent à imposer un taux de change (pour le remboursement
en devise nationale) supérieur au taux officiel de la banque,
pour combler le fossé entre ce dernier et celui du marché
noir. Cette politique avait causé le mécontentement des
clients, comme Yaacoub, qui paie les études de sa fille
à l'étranger et se plaint du taux élevé qu'il doit payer.
Cependant,
cette situation est en partie la conséquence de la spéculation
à laquelle se livraient les porteurs de cartes de crédit.
Certains d'entre eux partaient à l'étranger, retiraient
des dollars, rentraient en Egypte, échangeaient les sommes
au marché noir, remboursaient la banque en livres et empochaient
la différence. Or, cette fuite de dollars à l'étranger nuisait
aux banques comme à l'économie du pays, et la BCE a alors
ordonné de limiter ces dépenses. Ainsi un plafond pour le
retrait de quelques mille dollars par trimestre a été fixé
par les banques en avril 2002 pour chaque porteur de cartes.
Et entre-temps, le dollars continuait à monter sur le marché
noir, creusant encore plus profondément le fossé avec le
taux officiel. Mais, la spéculation n'a pas cessé. Ce qui
a poussé les banques à pratiquer un taux de change pour
le remboursement supérieur de 15 % à 22 % au taux
de change officiel. A la veille de la libéralisation du
taux de change, l'écart avait atteint son apogée. « La
situation était hors contrôle et les banques imposaient
le taux qui leur plaisait », explique un analyste
financier qui a souhaité garder l'anonymat. Aujourd'hui
ces 15 à 22 % sont passés à 2 %. « Avec
25 piastres d'écart, la spéculation ne vaut plus le coût »,
souligne l'analyste financier. |
| Réhab
Moustafa |
|
| Retour
au sommaire |
|
|