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Les
événements se sont accélérés ces derniers jours concernant
la reprise des négociations palestino-israéliennes et l'application
de « la feuille de route ». Le développement
majeur était l'approbation de ce plan de paix par le gouvernement
israélien, bien que cette acceptation ait été assortie de
nombreuses réserves.
Cette évolution
dans la position d'Israël tient aux efforts déployés par
le Quartette (Etats-Unis, Russie, UE et Onu). Ces efforts
ont d'abord abouti à l'élaboration de cette feuille de route
qui a été officiellement annoncée dès la prise de fonctions
du premier ministre palestinien, Mahmoud Abbass.
Le gouvernement
palestinien avait accepté la feuille de route sans aucune
réserve. En revanche, le gouvernement israélien avait suivi
des méthodes détournées pour ne pas appliquer le plan, émettant
plus de 100 remarques à son égard. Ces réserves ont été
plus tard ramenées à 14. Le premier des amendements réclamés
par le gouvernement israélien est l'abandon des Palestiniens
au droit au retour des réfugiés.
L'Administration
du président Bush a joué un grand rôle pour obtenir l'approbation
israélienne. Il semble qu'elle a pu obtenir ce résultat
en insinuant que le refus israélien affecterait les relations
entre les deux pays. Avant de voter pour ce plan, le premier
ministre israélien avait dit aux membres de son cabinet :
« Votre position nous évitera un choc avec Washington ».
Les discussions du plan par le gouvernement israélien se
sont soldées par 12 voix pour et 7 contre, dont 3 du Likoud,
tandis que 4 ministres se sont abstenus. C'est la première
fois que le gouvernement israélien accepte la proclamation
d'un Etat palestinien.
Le premier
ministre israélien Ariel Sharon, l'un des généraux d'Israël
qui ont commis des crimes horribles, voire des massacres
à l'encontre des Palestiniens et des Arabes, était obligé
de se défendre et de justifier aux courants extrémistes
israéliens son acceptation du plan. Ces courants refusent
le principe de compromis politique et appellent à poursuivre
l'occupation et l'usage de la force militaire. Après l'acceptation
du plan, Sharon a annoncé « Qu'il va falloir diviser
cette partie de Terre entre Palestiniens et Israéliens »
et qu'« Israël ne pourra garder pour toujours 3,5
millions de Palestiniens sous occupation ».
Ceci ne veut pas dire que Sharon est subitement devenu
un homme de paix, mais plutôt un homme de politique qui
prend des décisions conformes aux évolutions et au principe
de gain et de perte.
L'acceptation
israélienne du plan a encouragé les parties palestiniennes
à donner une chance complète aux négociations. Certaines
factions palestiniennes estiment qu'en acceptant le plan,
Sharon veut gagner la sympathie des Etats-Unis, pariant
sur le fait que l'exécution du plan sera entravée par des
actes armés de la part d'organisations palestiniennes. Ceci
a poussé ces organisations à accepter la demande faite par
le gouvernement Abou-Mazen d'entamer des discussions en
vue de parvenir à une trêve temporaire. Au cours de cette
trêve, ces organisations devront arrêter les actes de résistance
armée pour donner l'occasion aux efforts politiques et en
même temps priver Sharon de l'occasion de profiter de ces
actes armés pour ne pas appliquer la feuille de route. Il
semble donc très important que le gouvernement palestinien
réussisse à conclure un accord de trêve avec les factions
et les organisations palestiniennes.
Ces évolutions
ont poussé l'Administration américaine à redoubler d'efforts
pour appliquer la feuille de route. D'où la décision de
Bush de visiter la région et de tenir deux sommets à Charm
Al-Cheikh et à Aqaba. Je pense que ces 2 sommets constituent
une chance réelle pour appliquer le plan de paix, conformément
à la vision présentée par le président Bush en juin dernier,
prévoyant l'instauration d'un Etat palestinien à l'horizon
2005.
D'ici là, il
faut que les pays arabes remettent leurs politiques en ordre
et adoptent une vision commune, claire et consistante, qui
exprimerait les points de convergence arabe. La décision
de la Libye de geler son retrait de la Ligue arabe, annoncée
lors de la visite effectuée par Moubarak la semaine dernière,
constitue un premier pas dans cette direction. Il faudra
qu'ensuite, les grands Etats arabes formulent une vision
commune.
Fenêtre :Il
faut que le gouvernement palestinien réussisse à conclure
une trêve à durée déterminée avec les organisations palestiniennes,
mettant un terme à la résistance armée.
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