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Une étape vers la paix
Par Ibrahim Nafie

Les événements se sont accélérés ces derniers jours concernant la reprise des négociations palestino-israéliennes et l'application de « la feuille de route ». Le développement majeur était l'approbation de ce plan de paix par le gouvernement israélien, bien que cette acceptation ait été assortie de nombreuses réserves.

Cette évolution dans la position d'Israël tient aux efforts déployés par le Quartette (Etats-Unis, Russie, UE et Onu). Ces efforts ont d'abord abouti à l'élaboration de cette feuille de route qui a été officiellement annoncée dès la prise de fonctions du premier ministre palestinien, Mahmoud Abbass.

Le gouvernement palestinien avait accepté la feuille de route sans aucune réserve. En revanche, le gouvernement israélien avait suivi des méthodes détournées pour ne pas appliquer le plan, émettant plus de 100 remarques à son égard. Ces réserves ont été plus tard ramenées à 14. Le premier des amendements réclamés par le gouvernement israélien est l'abandon des Palestiniens au droit au retour des réfugiés.

L'Administration du président Bush a joué un grand rôle pour obtenir l'approbation israélienne. Il semble qu'elle a pu obtenir ce résultat en insinuant que le refus israélien affecterait les relations entre les deux pays. Avant de voter pour ce plan, le premier ministre israélien avait dit aux membres de son cabinet : « Votre position nous évitera un choc avec Washington ». Les discussions du plan par le gouvernement israélien se sont soldées par 12 voix pour et 7 contre, dont 3 du Likoud, tandis que 4 ministres se sont abstenus. C'est la première fois que le gouvernement israélien accepte la proclamation d'un Etat palestinien.

Le premier ministre israélien Ariel Sharon, l'un des généraux d'Israël qui ont commis des crimes horribles, voire des massacres à l'encontre des Palestiniens et des Arabes, était obligé de se défendre et de justifier aux courants extrémistes israéliens son acceptation du plan. Ces courants refusent le principe de compromis politique et appellent à poursuivre l'occupation et l'usage de la force militaire. Après l'acceptation du plan, Sharon a annoncé « Qu'il va falloir diviser cette partie de Terre entre Palestiniens et Israéliens » et qu'« Israël ne pourra garder pour toujours 3,5 millions de Palestiniens sous occupation ». Ceci ne veut pas dire que Sharon est subitement devenu un homme de paix, mais plutôt un homme de politique qui prend des décisions conformes aux évolutions et au principe de gain et de perte.

L'acceptation israélienne du plan a encouragé les parties palestiniennes à donner une chance complète aux négociations. Certaines factions palestiniennes estiment qu'en acceptant le plan, Sharon veut gagner la sympathie des Etats-Unis, pariant sur le fait que l'exécution du plan sera entravée par des actes armés de la part d'organisations palestiniennes. Ceci a poussé ces organisations à accepter la demande faite par le gouvernement Abou-Mazen d'entamer des discussions en vue de parvenir à une trêve temporaire. Au cours de cette trêve, ces organisations devront arrêter les actes de résistance armée pour donner l'occasion aux efforts politiques et en même temps priver Sharon de l'occasion de profiter de ces actes armés pour ne pas appliquer la feuille de route. Il semble donc très important que le gouvernement palestinien réussisse à conclure un accord de trêve avec les factions et les organisations palestiniennes.

Ces évolutions ont poussé l'Administration américaine à redoubler d'efforts pour appliquer la feuille de route. D'où la décision de Bush de visiter la région et de tenir deux sommets à Charm Al-Cheikh et à Aqaba. Je pense que ces 2 sommets constituent une chance réelle pour appliquer le plan de paix, conformément à la vision présentée par le président Bush en juin dernier, prévoyant l'instauration d'un Etat palestinien à l'horizon 2005.

D'ici là, il faut que les pays arabes remettent leurs politiques en ordre et adoptent une vision commune, claire et consistante, qui exprimerait les points de convergence arabe. La décision de la Libye de geler son retrait de la Ligue arabe, annoncée lors de la visite effectuée par Moubarak la semaine dernière, constitue un premier pas dans cette direction. Il faudra qu'ensuite, les grands Etats arabes formulent une vision commune.

Fenêtre :Il faut que le gouvernement palestinien réussisse à conclure une trêve à durée déterminée avec les organisations palestiniennes, mettant un terme à la résistance armée.

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