Enppi et Haras,
les révélations de 2003

« Ils ont donné un goût spécial à la compétition de cette année. Enppi et Haras Al-Hodoud l'ont marquée par une grande concurrence ». C'est par ces termes que Hani Moustapha, ex-international d'Ahli et ex-sélectionneur national, a montré son admiration devant les performances impressionnantes réalisées par les deux formations. Enppi (42 points) et Haras Al-Hodoud (41 points), promus en D1 au début de la saison 2002/2003, ont réussi un beau bilan, en terminant respectivement aux 4e et 5e places du classement.

Dépendant du ministère du Pétrole, l'équipe d'Enppi a gagné beaucoup de popularité, notamment parmi les supporters de Zamalek, après avoir réalisé la surprise en battant Ahli (1-0) lors de la dernière journée du Championnat, pour couronner les Blancs rois de 2003. En effet, le directeur technique, Taha Basri, a réussi à bâtir une formation mixte composée de jeunes talents tels Sayed Abdel-Naïm, Magdi Abdel-Ati, Samir Sabri et Ossama Hassan, et d'éléments plus expérimentés, à l'instar de Mohamad Youssef, Amr Abdou et Ahmad Fékri Al-Saghir. Un mélange homogène qui s'est fondu au sein de la solide et stable performance du groupe dans le Championnat. Pour une équipe qui participe pour la première fois en D1, Enppi a réalisé la meilleure performance de la décennie, en terminant à la 4e place. Leurs résultats face aux élites du championnat en sont les meilleurs témoins. Deux nuls contre le champion, Zamalek (1-1, 0-0) et une victoire ainsi qu'une défaite contre Ahli (1-2, 1-0).

A un point d'écart, Haras Al-Hodoud (ex-Sawahel), de retour en D1 après 37 années passées en D2, a décroché la 5e place. Ce club, dépendant aussi d'un organe étatique, qui est le ministère de la Défense, fut aussi l'une des surprises de cette saison. Le directeur technique de l'équipe, Helmi Toulane, a fait un recrutement en or de nombreux talents éparpillés dans les clubs de D1 pour construire son effectif. Les ex-internationaux Hicham Hanafi (ex-Ahli) et Abdel-Latif Al-Doumani (ex-Zamalek), Al-Hassan Mohamad (ex-Zamalek et ex-international olympique), Aboul-Magd Moustapha (ex-Ahli et international olympique) Hani Al-Okabi, Amr Al-Dali et Zamel Héleil (tous de Goldi) ont constitué la base essentielle de l'équipe originaire d'Alexandrie. A la différence de la majorité des équipes de la D1, Haras joue toutes ses rencontres pour gagner, ce qui s'est d'ailleurs reflété sur la performance des joueurs qui tendent vers l'offensive.

Ces deux nouveaux venus veulent continuer sur leur lancée et tracer leurs chemins parmi les poids lourds du championnat. « Nous jouerons pour le titre durant deux saisons », « Attendez-nous la saison prochaine », telles sont les déclarations respectives de Taha Basri et Helmi Toulane qui ont un avenir bien prometteur.

Karim Farouk

 

Football . La déception des Ahlaouis, qui ont vu leurs espoirs s'ébranler, était grande vendredi dernier. Reportage.
Il était une fois, un match
de foot

« C'est la première fois que je vois mon père pleurer. Même lorsque ma mère est morte, il a pu tenir le coup et n'a pas versé de larmes. Aujourd'hui, il n'a pas pu supporter la défaite d'Ahli ni la perte du championnat », explique le petit Moustapha qui est venu avec son père au stade avec son petit drapeau rouge en espérant fêter la victoire de leur équipe. En fait, le vendredi 23 mai restera un jour noir dans l'histoire du club, dans la mémoire de ces supporters. En fait, l'autoroute d'Al-Nasr a connu une contradiction sans pareille dans mes émotions puisque le Stade du Caire, qui a accueilli le match entre Zamalek et Ismaïli, et le stade du club Moqaouloun, qui a accueilli Ahli et Enppi, se trouvent tous les deux dans cette même rue. Moins de 1 000 mètres séparent les deux stades ... et les deux publics. Des centaines de policiers étaient sur place 5 heures avant le début des deux matchs qui a eu lieu à 17h00. Ils envahissaient l'autoroute pour contrôler les manifestations de joie du public, notamment des Rouges venus en masse pour fêter la victoire de leur équipe. « Les mesures de sécurité ici devant le stade de Moqaouloun sont 3 fois plus grandes que celles présentes au Stade du Caire, puisque personne ne s'attendait à ce qu'Ahli perde le match face à une petite équipe comme Enppi. Bien que je sois triste car je suis ahlaoui, je suis satisfait, car à cause de la défaite il n'y a pas eu de manifestation de joie des fans d'Ahli et on arrive à faire notre travail sans aucun problème », explique un policier qui a requis l'anonymat. La mission de la police et des supporters n'était pas si facile, puisque le bilan préliminaire annonçait plus de 21 cas d'évanouissement et de dépression nerveuse dans les 15 premières minutes après la fin du match. Ils ont dû appeler en masse l'ambulance de l'hôpital de Moqaouloun, qui se trouve à 100 mètres du stade.

La mission de la police n'était pas non plus facile pour assurer la protection du bus qui transportait les joueurs d'Ahli. Car après le match, les joueurs ont eu droit à des projectiles lancés par des milliers de supporters d'Ahli qui ont encerclé l'autobus, comme pour se venger des joueurs, du moins pour montrer leur mécontentement. « Ces joueurs ne méritent pas de porter les couleurs d'Ahli. Ils n'ont pas l'esprit de la victoire. Nous sommes au stade depuis midi pour encourager des joueurs incapables de faire un match nul face à une équipe qui vient de monter de la D2 », explique le jeune Tareq, qui est venu avec ses collègues de la faculté de commerce, bien qu'ils aient un examen à passer juste le lendemain matin. Les centaines de policiers présents n'ont pas réussi à assurer la protection de l'autobus des joueurs et Tareq Sélim, le directeur du secteur de foot, a été blessé par un projectile en essayant de protéger ses joueurs. « Je n'ai jamais vu ça ... Des gens qui tombent dans les pommes, d'autres qui pleurent partout, ça me rappelle la défaite de l'armée égyptienne en 1967. Depuis cette nakba, je n'ai jamais vu cet état de tristesse collective en Egypte », affirme Hag Ali, qui est venu avec sa femme et ses enfants pour fêter la victoire d'Ahli au stade de Moqaouloun. « C'est la première fois que j'assiste à un match au stade et ça sera la toute dernière fois. Je ne vais même plus voir les matchs de foot à la télé », ajoute-t-il.

En fait, ce jour-là, le stade de Moqaouloun était une bête noire, puisqu'au moment où Ahli a perdu 0/1 devant le petit club Enppi et a perdu le titre du champion, le club Moqaouloun lui-même, qui était vainqueur de la Coupe d'Afrique des coupes il y a 5 ans, a perdu 1/4 face à Baladiyet Al-Mahalla, pour quitter la D1 et chuter en deuxième division.

Il est 19h25. Les deux matchs de Zamalek-Ismaïli au Stade du Caire et d'Ahli-Enppi au stade de Moqaouloun se sont terminés en faveur des Blancs. L'autoroute d'Al-Nasr a encore une fois connu une contradiction sans pareille dans les émotions : les uns vêtus de rouge pleurant dans les rues, d'autres vêtus de blanc chantant et dansant. Des drapeaux rouges déchirés couvrent les trottoirs de l'autoroute ; d'autres drapeaux blancs hissés bien haut par les supporters ... Même les marchands de drapeaux ont vite fait de cacher les drapeaux rouges et d'exhiber les blancs vendus au double de leur prix. C'est la folie ... Celle du football.

Amr Moheb

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