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Le Caire
croule sous le poids des services gouvernementaux
qui se multiplient principalement au centre-ville.
Cette capitale compte 33 000 bâtiments gouvernementaux
dans lesquels œuvrent 2,3 millions fonctionnaires.
2 millions de véhicules sillonnent les rues de la
capitale tous les jours, alors que celles-ci ne peuvent
contenir plus que le quart de ce chiffre. La population
cairote a atteint 17,5 millions de citoyens.
Tels sont les derniers chiffres publiés par l’Organisme
central de mobilisation et des statistiques (CAPMAS).
Ces chiffres ont poussé plusieurs députés à présenter
des demandes au Parlement pour que ce problème soit
discuté et que des solutions soient trouvées. Après
des discussions qui ont duré plusieurs semaines, la
commission des propositions et des plaintes au Parlement
a préparé un rapport contenant plusieurs réclamations
dont la plus importante est l’interdiction d’installer
de nouveaux services gouvernementaux à l’intérieur
de la capitale et de transférer un certain nombre
des services hors de la capitale. « Le but
essentiel de cette réclamation est de résoudre une
part du problème de la circulation dans la capitale
asphyxiée. Surtout que toutes les mesures déjà prises
n’ont pu résoudre qu’une part minime du problème de
la circulation à l’intérieur du Caire »,
explique Moustapha Al-Sallab, un des députés qui ont
participé à la discussion. En fait, pour régler le
problème de circulation au Caire, notamment dans les
rues du centre-ville, souffrant d'une asphyxie chronique,
plusieurs décisions ont été prises : un organisme
pour la planification des routes et de la circulation
a été créé, de nouveaux axes ont été inaugurés et
d'autres réaménagés, des parkings construits et plusieurs
places principales replanifiées. D’autre part, de
nombreuses stations de minibus et d’autobus ont été
transférées à la périphérie du Caire, et les microbus
arrivant d'autres gouvernorats ont été interdits d'accès
au Caire.
Cependant,
l’urbaniste Soheir Hawas affirme que seul 20 %
du problème a été résolu. « Le vrai problème
réside dans le fait que Le Caire et surtout le centre-ville
déborde de services gouvernementaux. Le centre-ville,
à lui seul, contient le Mogamaa Al-Tahrir (Complexe),
le ministère de l’Intérieur et de la Santé, l’Assemblée
du peuple, le Conseil consultatif et la plupart des
syndicats et banques. Tous ces services impliquent
un grand nombre de fonctionnaires sans compter les
citoyens qui fréquentent ces lieux », assure
Soheir Hawas. Selon une statistique de la faculté
de polytechnique à l’Université d’Aïn-Chams, les rues
du centre-ville accueillent quotidiennement 100 000
véhicules, alors qu’elles ne peuvent assimiler que
20 000 véhicules. Cette statistique a également
révélé que le bâtiment de Mogamaa Al-Tahrir contient
des bureaux de 50 ministères et services tels que
le ministère de l’Intérieur, des Affaires Sociales,
des Affaires étrangères ainsi que le gouvernorat du
Caire. Ces bureaux présentent plusieurs services comme
à titre d’exemple les passeports et le renouvellement
des cartes de séjour pour les étrangers. Voilà pourquoi
ce bâtiment accueille tous les jours de 5 000
à 7 000 citoyens.
Pour
certains urbanistes, le transfert de tous les services
gouvernementaux hors de la capitale est une idée non
applicable. Selon Milad Hanna, urbaniste, ce transfert
exigera de grandes sommes d’argent d'abord pour l'acquisition
des terrains, et des équipements. « En outre,
ce transfert obligerait le gouvernement à fournir
des moyens de transport aux citoyens. Mais l’idée
qui peut être appliquée est d’interdire définitivement
la création de nouveaux services gouvernementaux dans
la capitale », explique-t-il.
Pourtant,
un autre groupe d’urbanistes pense que l’idée de transférer
les services gouvernementaux hors de la capitale pourrait
être tout à fait applicable, surtout qu’il y a au
centre-ville des rues qui contiennent trois ou quatre
ministères. « Par exemple, la rue Qasr Al-Aïni
au centre-ville renferme trois services importants
l’un à côté de l’autre, à savoir le Parlement, le
ministère de la Santé et le Conseil des ministres.
L’élargissement des rues ou la construction de parkings
dans ce lieu ne seront pas efficaces. Pourquoi
ne pas transférer un des trois ministères pour que
le trafic dans ce lieu connaisse une certaine fluidité ? »,
se demande Kamal Riyad, urbaniste.
Pour
sa part, la commission des plaintes et des propositions
a proposé dans son rapport présenté au Conseil des
ministres plusieurs solutions pour que cette initiative
puisse être envisagée. Tareq Moustapha, de la commission
des plaintes, affirme qu'il y a plusieurs moyens qui
permettent de mettre en place cette initiative. « Il
y a des ministères qui possèdent des terrains à l'intérieur
de la capitale. Pourquoi ne pas les vendre et utiliser
leurs sommes dans le financement de la construction
de nouveaux bâtiments dans les nouvelles villes ? »,
conclut-il. Des idées qui sont encore en gestation
et il faudra beaucoup de temps encore avant qu'une
décision salvatrice ne soit prise.
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