L'application
de la feuille de route et la relance du processus
de paix au Proche-Orient ont été au centre d'entretiens
entre le président Hosni Moubarak et le premier ministre
japonais Junichiro Koizumi en visite cette semaine
au Caire. « J'espère que les Israéliens approuveront
la feuille de route sans la vider de son contenu en
posant de nombreuses conditions susceptibles de torpiller
ce plan international pour le règlement du conflit
israélo-palestinien », a déclaré le président
Hosni Moubarak lors d'une conférence de presse conjointe
avec le chef du gouvernement nippon. « Les
Etats-Unis déploient le maximum d'efforts, Israël
doit aider et les Palestiniens doivent aussi aider
à appliquer la feuille de route », a ajouté
le chef de l'Etat.
La feuille
de route, rendue publique le 30 avril dernier et approuvée
par les Palestiniens, prévoit l'arrêt total des violences
de l'Intifada, le gel de la colonisation juive des
territoires palestiniens occupés et la création d'un
Etat palestinien d'ici 2005. Le premier ministre israélien,
Ariel Sharon, a annoncé cette semaine qu'il acceptait
ce plan de paix élaboré par le Quartette (l'Union
européenne, la Russie, l'Onu et les Etats-Unis). Koizumi
Junichiro a réaffirmé lors de sa présence au Caire
la volonté de son pays de jouer un rôle pour la relance
du processus de paix au Proche-Orient. « Il
existe actuellement un nouveau gouvernement palestinien
présidé par Abbass Abou-Mazen, c'est une occasion
en or afin de relancer la paix au Proche-Orient et
d'appliquer la feuille de route. (...) Les Etats-Unis
ont un rôle principal dans la paix, mais le gouvernement
japonais a aussi un rôle particulier », a
affirmé Koizumi qui a qualifié de fructueuses ses
discussions avec le président Moubarak. « Il
faut coordonner les efforts entre les Etats-Unis,
les pays arabes et la communauté internationale pour
parvenir à la paix dans la région », a-t-il
affirmé.
Les Etats-Unis
avaient affirmé il y a quelque temps partager les
préoccupations d'Israël sur la feuille de route et
indiqué qu'ils en tiendraient pleinement et sérieusement
compte dans la mise en œuvre du plan. Mais selon le
président Moubarak, la position américaine a changé.
« Actuellement, les Etats-Unis sont très sérieux
pour relancer la paix. La preuve en est que le secrétaire
d'Etat Colin Powell a affirmé qu'il n'y aura pas de
modifications en ce qui concerne le texte essentiel
de la feuille de route », a déclaré Moubarak.
La direction palestinienne a fait valoir cette semaine
qu'elle était toujours attachée à l'application de
la feuille de route, mais refusait que des changements
y soient apportés. Le gouvernement palestinien a annoncé
avoir obtenu des assurances de Washington concernant
l'application du plan.
L'Egypte
déploie des efforts intenses afin de relancer le processus
de paix dans la région. Outre les entretiens avec
le premier ministre japonais au Caire, le président
Moubarak s'est entretenu au sujet de la paix au téléphone
avec plusieurs dirigeants arabes dont le prince héritier
saoudien Abdallah bin Abdel-Aziz, le roi de Bahreïn,
Hamad bin Issa Al-Khalifa, le roi du Maroc, Mohammed
VI et le roi Abdallah II de Jordanie. Le chef de l'Etat
a également reçu samedi à Charm Al-Cheikh le sultan
Qabous d'Oman. Ces entretiens interviennent alors
qu'il est question d'un prochain sommet réunissant
le président américain George Bush et les premiers
ministres israélien Ariel Sharon et palestinien Mahmoud
Abbass à Charm Al-Cheikh pour examiner la feuille
de route. Des responsables de l'Administration américaine
ont indiqué que Bush pourrait décider de rencontrer
Abbass et Sharon en Egypte, après le sommet du G8
qui se tiendra à Evian en France du 1er au 3 juin.
Cette rencontre au Caire permettrait de relancer la
feuille de route. L'implication de premier plan de
l'Egypte, qui avait accueilli depuis 1993 les premiers
pourparlers officiels entre Palestiniens et Israéliens
et par la suite la signature de différents accords
entre les deux parties, a diminué avec le gel du processus
de paix depuis l'Intifada palestinienne en l'an 2000.
L'Egypte a toutefois continué à utiliser sa carte
de premier pays signataire d'un traité de paix avec
Israël pour réanimer les pourparlers. Un sommet à
Charm Al-Cheikh serait une reconnaissance du rôle
égyptien dans les efforts de rapprochement entre Israéliens
et Palestiniens.
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