Où est la démocratie ?

L'article intitulé « L'impératif démocratique » publié dans le numéro 452 de l'Hebdo, m'a beaucoup plu. Alors, il m'a poussée à vous présenter mon point de vue sur ce sujet important : la démocratie en Egypte.

A mon avis, l'absence de démocratie en Egypte a plusieurs raisons. Avec la reconduction de la loi d'urgence, la police a le droit d'arrêter et même d'emprisonner n'importe qui, sans jugement. Autre point important, la loi sur la presse. Les journalistes et les écrivains peuvent être condamnés à la prison, pour un seul crime, exprimer une certaine opinion. Quelle démocratie !! Pour ce qui est du processus électoral, c'est une pseudo démocratie. Tous les dirigeants arabes restent au pouvoir jusqu'à leur mort.

D'autre part, bien que le multipartisme soit appliqué depuis très longtemps, nous, les jeunes, ne connaissons rien à ce propos. Et personne d'entre nous ne cherche à participer à la vie politique.

Un autre point que je ne peux ignorer : pour les postes importants, aucune chance n'est donnée aux jeunes. Le directeur d'une entreprise tient le pouvoir entre les mains. Il s'agit là d'exemples parmi d'autres qui démontrent l'absence de démocratie en Egypte.

Pour conclure, je réclame fortement une réforme globale en Egypte et dans tous les pays arabes. Il faut que nous commencions, car nous assumons le rôle de leader au Moyen-Orient, alors cela encouragera les autres pays à nous suivre.

Nous ne voulons pas une démocratie factice, mais il faut une véritable démocratie pour corriger les idées reçues répandues à l'étranger à propos de l'Egypte.

Amira Ahmad,
Gharbiya.

Une lectrice réclame une réforme démocratique en Egypte. Qu'en pensez-vous ? Y a-t-il vraiment une absence de démocratie dans notre pays ? Vos idées et vos réflexions seront les bienvenues.
 

Nous attendons vos réflexions
et vos avis sur pagecourrier@ahram.org.eg

 

palestine. Une de nos lectrices exprime sa colère sur la situation dégradée dans les territoires occupés.
Pourquoi aucune sanction
n'a-t-elle jamais été infligée
à Israël  ?

Pendant des décennies, j'ai analysé et dénoncé, dans des livres, enseignements et articles, l'antiaméricanisme français et ses phantasmes. J'ai combattu de mon mieux les résidus et les résurgences de l'antisémitisme allemand. Mais on n'est pas antiaméricain parce qu'on s'oppose à la politique des Etats-Unis ni antisémite parce qu'on trouve détestable la politique d'Israël. Comment, aujourd'hui, ne pas avoir un sentiment de révolte en voyant le jeu de cartes distribué aux officiers américains ? Le « pourchassez-les et ramenez-les morts ou vifs », on le connaissait des westerns. Pendant la guerre antihitlérienne, les Alliés ont préféré faire mourir sous les bombes un demi-million de civils allemands plutôt que de bombarder le quartier général ou le nid d'aigle du Führer. Mais, lorsque le Japon a été vaincu, aucun ordre n'a été donné de chercher et de tuer les organisateurs de l'attaque sur Pearl Harbor, véritable attaque contre les Etats-Unis, alors que l'Iraq était simplement soupçonné de préparer une attaque. Un tribunal a jugé — et souvent condamné à mort — des politiques et des militaires selon leurs responsabilités criminelles individuelles. Auparavant, aucun wanted appelant au meurtre n'avait été lancé contre les criminels nazis. A Nuremberg, on a jugé individuellement ceux qui ne s'étaient pas suicidés. La notion de culpabilité collective avait été soigneusement écartée. Il est vrai que Nuremberg avait aussi un aspect parfaitement hypocrite : un juge soviétique rendait justice et les crimes staliniens ne pouvaient pas être évoqués. Aujourd'hui, la France et l'Allemagne se réclament du droit aux côtés du massacreur de la Tchétchénie. Il n'empêche qu'il est difficile de comprendre qu'un éditorialiste parisien puisse écrire : « Nous avons fini par croire que seul le droit pouvait justifier l'usage de la force. Les Etats-Unis ont choisi d'user de leur force pour créer le droit ». L'écrasement de Saddam Hussein constitue un revirement heureux pour les Kurdes iraqiens, livrés au gaz en 1988 pour cause de lutte commune contre l'Iran, puis abandonnés en 1991 pour cause de libération achevée du Koweït. Il permettra sans doute d'établir des libertés pour les Iraqiens de toutes appartenances. Mais était-ce le vrai, le seul but de guerre ? En Amérique latine, depuis le Guatemala de 1954 jusqu'au Chili de 1973, ce sont plutôt des régimes se réclamant de la démocratie que la politique américaine a renversés. L'Iraq attaqué pour n'avoir pas répondu aux exigences des Nations-Unies : comment ne pas relever qu'aucune sanction n'a jamais été infligée à Israël. Etat créé sur la base d'un vote de l'Onu pour la violation constant des résolutions du Conseil de sécurité, quand un veto américain ne les a pas empêchées d'être adoptées ? Que reste-t-il des « territoires » quand, en Cisjordanie, les Palestiniens se trouvent regroupés dans des enclaves, isolées entre elles par des colonies et des routes de contournement ? Quand quelques milliers de colons ont pris possession de près d'un tiers de la bande de Gaza ? Israël se sent libre d'intervenir partout, désignant librement qui doit être tué, quelles maisons doivent être détruites ou encore quelle partie de Jérusalem-Est peuvent s'approprier des Israéliens juifs. Le droit et la loi sont aux abonnés absents. Auschwitz ne justifie pas tout. Au contraire : demander que les non-juifs pensent à Auschwitz, c'est se réclamer d'une morale fondée sur la compréhension de la souffrance d'autrui. Donc, aujourd'hui, d'une compréhension juive pour les souffrances des habitants d'Hébron et de Gaza. Faute de quoi, comment leur demander de comprendre les souffrances infligées par les attentats ? Malgré la faiblesse des institutions internationales, malgré l'absence de législations contraignantes, le respect de règles tant morales que proprement juridiques ne relève pas d'une conception périmée et quelque peu utopique. Surtout quand nous le réclamons à ceux qui ne cessent d'évoquer et d'invoquer les grands principes d'une morale universelle.

Nicole Schnitzer,
Toulouse.
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