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Iran
. La République islamique
est de nouveau en butte aux accusations américaines
de soutenir Al-Qaëda et d'accueillir sur son
sol des membres de ce réseau. Ce que dément Téhéran.
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La
bête noire de Washington |
| Une
fois de plus accusé par les Etats-Unis de soutenir
le terrorisme international, le gouvernement iranien
a de nouveau démenti apporter le moindre soutien à
Al-Qaëda et réaffirmé combattre avec force
la présence
de membres de l'organisation terroriste sur son sol.
Téhéran a notamment affirmé qu'il résisterait à d'éventuelles
actions de déstabilisation du régime. Cette déclaration
faite dimanche par l'ambassadeur d'Iran à l'Onu est
intervenue à la suite d'un article du Washington
Post qui prêtait aux Etats-Unis des intentions
en ce sens. « Si les Etats-Unis veulent une
baisse de la tension, alors l'Iran est prêt à faire
de même. Dans le même temps, si les Etats-Unis ne
veulent parler qu'avec un langage de pression, alors
l'Iran résistera », a déclaré l'ambassadeur,
Javad Zarif. « Certains éléments aux Etats-Unis
ont essayé de faire cela (un changement de régime
à Téhéran, ndlr) », a-t-il ajouté. M. Zarif s'exprimait
après la publication d'un article du Washington
Post affirmant que les Etats-Unis envisageraient
des actions, publiques ainsi que secrètes, pour déstabiliser
le gouvernement de Téhéran. Selon le quotidien américain,
le Pentagone proposerait de fomenter un soulèvement
populaire pour faire tomber le gouvernement iranien,
et le département d'Etat pourrait accepter cette approche
si l'Iran ne prend pas des mesures contre Al-Qaëda.
Washington
avait déjà indiqué mercredi dernier faire pression
sur Téhéran pour obtenir la fin des activités des
membres du réseau d'Ossama bin Laden présents selon
lui sur le sol iranien. « Nous avons fait
savoir clairement à Téhéran pas plus tard que cette
semaine que nous pensons que des responsables d'Al-Qaëda
se trouvent en Iran », avait déclaré le
porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher.
Le porte-parole du gouvernement iranien, Abdollah
Ramezanzadeh, avait rétorqué que « les Etats-Unis
savent très bien que nous combattons avec force toute
forme de présence d'Al-Qaëda dans notre pays ».
M. Zarif a lui aussi assuré que « s'il y a
des gens d'Al-Qaëda, ils sont inconnus de nos
services, agissent dans des lieux que nous n'avons
pas pu déterminer encore, et nous sommes preneurs
de toute information qui nous aiderait à les repérer
et les arrêter ». Il a en revanche indiqué
que l'Iran comptait « un certain nombre de
membres d'Al-Qaëda en prison ». « Nous
avons eu un certain nombre de gens d'Al-Qaëda
et nous continuons à en garder en prison et à les
interroger, et une fois que nous obtiendrons des informations
d'eux, nous les transmettrons à des gouvernements
amis », a-t-il assuré. « Nous avons
probablement capturé plus de gens d'Al-Qaëda
dans les 14 derniers mois que n'importe quel autre
pays », a-t-il ajouté, sans préciser le nombre
d'agents d'Al-Qaëda sous les verrous.
Le ministre
iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi, a
également démenti, dans un entretien paru lundi dans
Le Figaro, tout lien entre Téhéran et Al-Qaëda.
« Nos frontières avec l'Afghanistan et le
Pakistan sont si longues qu'un certain nombre de membres
d'Al-Qaëda ont cherché à se réfugier en Iran.
Nous en avons arrêté beaucoup, et en avons extradé
vers leurs pays d'origine », a-t-il assuré.
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L'Iran demande des preuves
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Téhéran n'a jamais cessé de se défendre
contre les accusations de soutien à Al-Qaëda
et de demander aux Américains d'enfin produire les
preuves de ce qu'ils affirment. Avec les attentats
qui ont fait 75 morts, dont huit Américains, au cours
des derniers jours à Riyad et Casablanca, Washington
a relancé ses mises en cause contre Téhéran. Elle
l'accuse même d'avoir laissé les membres du réseau
terroriste sur son territoire préparer et diriger
les attentats du 12 mai à Riyad. Les Américains disent
avoir intercepté des communications suggérant fortement
l'implication d'une petite cellule d'agents d'Al-Qaëda
opérant d'Iran, parmi lesquels l'un des fils d'Ossama
bin Laden, Saïf bin Laden.
Les Iraniens, coutumiers de ces attaques,
parmi d'autres, depuis les attentats du 11 septembre
2001 aux Etats-Unis, les ont de nouveau repoussées
sans rien modifier de leur ligne de défense. « Les
Etats-Unis eux-mêmes savent très bien que nous combattons
avec force toute forme de présence d'Al-Qaëda
dans notre pays », a répondu jeudi le
porte-parole du gouvernement, Abdollah Ramezanzadeh.
Pour preuve, disent les Iraniens, ils ont, depuis
l'automne 2001, expulsé quelque 500 suspects de liens
avec Al-Qaëda, dont bon nombre « vers
les pays occidentaux », ne se privent-ils
pas de souligner. Ils ne manquent pas non plus, comme
M. Ramezanzadeh, de rappeler qu'eux-mêmes combattaient
« Al-Qaëda et les Talibans à l'époque où les
Etats-Unis les soutenaient » en Afghanistan,
et que beaucoup d'Iraniens y ont laissé leur vie.
Les responsables iraniens, qui ont
condamné les attentats du 11 septembre comme ceux
de Riyad et de Casablanca, réclament systématiquement
des preuves. M. Ramezanzadeh a réitéré l'appel de
la République islamique « à tous les citoyens
iraniens et à tous les services de renseignement étrangers
à (lui) fournir toute information sur des éléments
soupçonnés de lien avec Al-Qaëda ».
Depuis les attentats de Riyad et
Casablanca, les Américains ont délaissé le discours
contre le programme nucléaire iranien pour se préoccuper
des membres du réseau terroriste auquel l'Iran, selon
eux, donnerait refuge. L'Iran s'est constamment défendu
contre toutes les accusations américaines, qui ne
sont pas sans rappeler celles portées contre l'Iraq :
programme de développement d'armes de destruction
massive, soutien au terrorisme international, entrave
au processus de paix au Proche-Orient.
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| Maha
Salem |
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