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Al-Ahram
Hebdo : Quelle évaluation faites-vous de vos pourparlers
au Caire ?
Dimitri Rupel :
Les relations entre l'Egypte et la Slovénie sont excellentes.
Mais je pourrai dire qu'elles se sont un peu ralenties et
je suis venu en Egypte cette fois-ci pour donner à nos relations
un coup de fouet et pour les vivifier. Il était donc important
de créer de nouvelles possibilités dans notre collaboration
à travers des contacts et une communication politique. La
conjoncture actuelle au Moyen-Orient est très importante.
Il y a un désir réel de trouver une solution à la crise
au Proche-Orient qui préoccupe l'humanité. Vous savez combien
les Européens et surtout les Arabes qui vivent dans cette
région sont soucieux du contentieux israélo-palestinien.
Il y a actuellement
une solution en pleine mutation. Je me réfère à la feuille
de route qui est un plan préparé par le Quartette (la Russie,
les Etats-Unis, l'Union européenne et les Nations-Unies).
Si nous prenons en compte l'histoire du Moyen-Orient, j'ai
l'impression que cette feuille de route peut être un remède
qui fonctionnera.
J'ai débattu
des chances de paix avec le ministre des Affaires étrangères,
Ahmad Maher, tout en faisant aussi un tour d'horizon des
relations bilatérales. Nos relations économiques ont de
fortes chances de s'approfondir. Il y a beaucoup de touristes
slovènes qui viennent en Egypte, qui est un pays de grande
civilisation et son climat ensoleillé en hiver attire nos
touristes puisqu'il fait froid chez nous.
Nous avons
aussi une activité dans le cadre du processus de Barcelone
qui se développe très positivement puisqu'il a articulé
la collaboration étroite entre l'Union européenne et les
pays de la Méditerranée. Comme vous le savez, la Slovénie
sera membre de l'UE, d'un autre côté, c'est un pays méditerranéen.
Et si tout se développe selon le plan établi, la Méditerranée
deviendra une région de coopération, de compréhension et
de stabilité. L'Egypte et la Slovénie seront aussi les pivots
de cette stabilité.
— Quel
rôle peut jouer la Slovénie pour aider à parvenir à un règlement
du conflit israélo-palestinien ?
— Nous
avons des relations avec les Israéliens et avec les Palestiniens
et nos relations sont amicales avec les deux parties. La
Slovénie ne veut pas instruire les autres. Je suis venu
en Egypte pour écouter, pour savoir ce qu'on peut ajouter,
ce que l'on pourrait faire. La Slovénie, après son adhésion
à l'Union européenne et à l'Otan, sera prête à aller au-delà
de ses intérêts nationaux. Elle veut activer son rôle sur
le plan international et est prête à tendre la main à ceux
qui ont besoin d'elle et à offrir son assistance aux pays
qui ont en besoin.
— Comment
l'Europe peut-elle contribuer à la paix au Proche-Orient ?
— L'Union
européenne est un grand édifice regroupant 25 membres qui
soutiendront les efforts de paix. D'autre part, les pays
du sud de la Méditerranée comprennent qu'il faut absolument
se débarrasser du terrorisme et qu'il faut coopérer et se
diriger vers la paix et la stabilité et mettre le passé
entre parenthèses, sans l'oublier. Si l'on ne se débarrasse
pas du passé, on ne peut pas construire le futur.
Par contre,
les Etats-Unis ont les clés nécessaires pour résoudre la
crise au Moyen-Orient. Cela dit, ils sont solidaires des
efforts européens et ont une action importante dans le cadre
de la feuille de route. On a donc des chances de progresser
vers la paix.
— Israël
demande certains amendements à la feuille de route. Qu'en
pensez-vous ?
— J'ai
longuement discuté avec le ministre des Affaires étrangères
de cette question mais je crois que les Américains veulent
appliquer le plan du Quartette sans ajouter des modifications.
On ne peut pas modifier la feuille de route, il faut l'appliquer
comme elle a été conçue. Le président américain George W.
Bush a expliqué cela personnellement au premier ministre
israélien, Ariel Sharon, et à son gouvernement. Nous serons
donc devant une situation objective afin de progresser.
— Quelle
est la position de la Slovénie vis-à-vis de la crise en
Iraq ?
— La
Slovénie n'était pas dans la coalition qui soutenait la
guerre. Nous étions d'ailleurs critiqués au début de la
guerre. Mais la Slovénie veut être active, surtout après
le vote de la dernière résolution du Conseil de sécurité
de l'Onu et cela dans trois directions. La première est
dans la domaine de l'aide humanitaire. Nous avons collaboré
avec l'Autriche et la Jordanie dans le cadre d'une initiative
pour créer en Iraq un centre de réhabilitation des enfants
traumatisés par la guerre.
La deuxième
direction est le déminage. Nous irons en Iraq avec un groupe
d'experts en déminage. Nous avons effectué déjà un grand
travail aux Balkans et au Caucase ainsi qu'en Afghanistan.
Aujourd'hui, nous sommes prêts à assister l'Iraq dans le
déminage de son sol suite à la guerre.
La troisième
direction, c'est que nous serons présents physiquement en
Iraq. Nous ne savons pas encore si cette présence se traduira
par l'envoi de militaires ou de policiers. On discutera
des modalités avec nos partenaires de l'UE afin de savoir
comment on va s'organiser.
— Que
pensez-vous de la dernière résolution du Conseil de sécurité
de l'Onu qui met l'Iraq sous tutelle américano-britannique ?
— Nous sommes
heureux de la dernière résolution des Nations-Unies qui
rendra les choses beaucoup plus faciles en Iraq. Nous sommes
actuellement devant une situation où l'on peut agir plus
facilement et je crois qu'à l'avenir les chances pour l'Iraq
sont meilleures. Il
faut beaucoup de patience quant à l'organisation de la vie
politique en Iraq. Il faut respecter les différences culturelles
et ethniques. La situation en Iraq exige une politique de
prudence et l'on doit traiter le tout lentement et soigneusement.
— Comment
voyez-vous l'avenir des relations entre l'Egypte et la Slovénie ?
— La
Slovénie exporte vers l'Egypte plus que l'Egypte vers la
Slovénie. Les touristes affluent vers l'Egypte à cause de
son climat comme je vous l'ai dit. 12 000 touristes
visitent l'Egypte chaque année.
J'ai invité
le ministre égyptien des Affaires étrangères à visiter la
Slovénie et l'on va signer de nouveaux traités en fonction
de nos excellentes relations. D'autres traités seront modernisés
immédiatement après l'adhésion officielle de la Slovénie
à l'UE. La balance de nos échanges commerciaux est de 48
millions de US$.
Le port slovène
de Koper est une destination intéressante pour l'Egypte
comme les ports égyptiens sont importants pour notre exportation
vers l'Afrique.
Quant à nos
relations parlementaires, elles sont excellents et j'ai
eu des pourparlers intéressants avec Fathi Sourour, président
du Parlement égyptien. Nous avons échangé nos points de
vue sur les questions du Proche-Orient et de l'Iraq.
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