.

Les explosions terroristes de Riyad et Casablanca
Par Ibrahim Nafie

Les explosions terroristes qui ont eu lieu récemment en Arabie saoudite et au Maroc suscitent beaucoup d'inquiétudes sur la sécurité et la stabilité des deux pays visés. Ces opérations nuisent en effet considérablement aux intérêts arabes et donnent à nos ennemis de quoi attaquer non seulement les pays, mais aussi la culture et la civilisation arabes. Ce qui a eu lieu dans les deux villes contre des civils innocents n'a pas manqué d'encourager les forces anti-arabes et anti-islamiques à lier injustement « Islam » et « Terrorisme ». Une situation dont nous devons — peuples et gouvernements — prendre conscience pour protéger l'image de notre religion. Ces explosions soulèvent en effet bien d'interrogations et imposent l'obligation d'agir pour déraciner le terrorisme.

Il faut souligner en premier lieu le rôle des politiques occidentales, indifférentes et injustes à l'égard des causes arabes, question palestinienne en tête. Le président Moubarak a affirmé à maintes reprises que le non règlement du conflit arabo-israélien, l'indifférence aux droits légitimes du peuple palestinien contribuent à alimenter des sentiments de haine et d'hostilité à l'égard des Etats-Unis et d'Israël. Un danger qui peut s'aggraver pour atteindre d'autres pays occidentaux. D'autant que certains milieux occidentaux tendent à donner au conflit une dimension culturelle, à travers la propagation de slogans, tels le « conflit des civilisations », donnant lieu à l'accusation de la civilisation et la culture arabes. Cela a naturellement conduit à attiser les ripostes arabes, qui somme toute sont des actes d'autodéfense et de préservation de la culture arabe. Rappelons que le phénomène du terrorisme dans le monde arabe n'est en grande partiez qu'une réaction à l'extrémisme de certains milieux occidentaux ou régionaux, non arabes.

Il suffit d'observer les politiques des grandes puissances, notamment les Etats-Unis, dans la région, pour comprendre la sympathie que trouvent les groupuscules extrémistes auprès de certains secteurs de l'opinion publique arabe. Du coup, ces groupuscules sont perçus comme un défi à l'injustice et l'agression dont sont victimes les peuples arabes. Il n'était donc pas étonnant de voir certains groupes terroristes, comme Al-Qaëda, utiliser la cause palestinienne comme justification et prétexte à des opérations terroristes contre des civils innocents. Il est étonnant que les Etats-Unis se focalisent uniquement sur le phénomène du terrorisme, sans égard à ses origines et sans rechercher une solution équitable à la question palestinienne. « Une telle politique, dit le président Moubarak, donnera naissance à des centaines de Bin Laden ».

Ce que les Etats-Unis doivent bien reconnaître, c'est l'impossibilité d'exterminer le terrorisme tant que persistent ses causes.

Aucun besoin donc de réaffirmer notre absolue conviction des préjudices que ces opérations portent à la culture, à l'Histoire et à la civilisation arabes.

Les religieux saoudiens ont clairement condamné les explosions de Riyad, les considérant comme « interdites par la charia islamique et contraires aux préceptes de l'islam ». De même, le mouvement islamique Al-Tawhid wal Islah au Maroc a vivement condamné ces opérations mettant fortement l'accent sur la tolérance et l'humanisme de l'islam. Dans ses prêches, cheikh Mohamad Hussein Fadlallah dit : « Du point de vue de la charia islamique, ces opérations sauvages visant aussi cruellement des civils innocents que des institutions civiles et provoquant la mort d'hommes, de femmes et d'enfants musulmans et non musulmans, représentent une profanation religieuse défigurant l'image de l'islam et des musulmans ».

Parmi les difficultés que nous posent ces opérations, figure la tendance de certains milieux du monde arabe à soulever la question du rapport entre « stabilité » et « réforme » à travers une logique d'incompatibilité et de contradiction. Ces milieux prétendent que, face au terrorisme, la question centrale aujourd'hui est la stabilité et la paix sociales. D'où la difficulté à poursuivre les réformes.

C'est ainsi que le terrorisme nuit non seulement aux intérêts arabes à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur. Ces opérations terroristes offrent en effet le prétexte et la justification pour entraver la poursuite de la mise en œuvre des réformes que nous souhaitons accélérer.

Rappelons enfin que les explosions en Arabie saoudite et au Maroc ont beaucoup nui aux Arabes. Ces opérations terroristes nuisent enfin considérablement aux causes arabes en Palestine et en Iraq.

Haut de page
La Une    L'événement   Le dossier   L'enquête   Nulle part ailleurs    L'invité   L'Egypte   Affaires   Finances   Le monde en bref   Points de vue   Commentaire   Carrefour   Portrait   Littérature   Arts   Société   Sport   Patrimoine    Loisirs   Echangez, écrivez   La vie mondaine  
Al-Ahram Hebdo
hebdo@ahram.org.eg