Football . Zamalek a dominé le 91e derby en battant Ahli par 3 buts à 1 samedi dernier au Stade du Caire. Une victoire qui le remet dans la course au titre cette saison.
Les Blancs dans le sprint final

La rencontre des deux géants égyptiens s'est terminée par une forte victoire pour Zamalek sur son éternel rival Ahli 3-1 lors de leur rencontre qui a eu lieu le 19 avril. Une victoire qui réduit l'écart des cinq points entre Ahli (57 points) et Zamalek (55 points) à seulement deux. Elle donne à nouveau un espoir aux Blancs. Cette rencontre était une grande surprise pour les observateurs non pas à cause de la victoire bien méritée des Blancs, mais plutôt à cause de la médiocre performance d'une formation d'Ahli, puissant leader du championnat.

Zamalek a dominé la rencontre de bout à bout en se contentant de marquer trois buts contre une organisation défensive rouge fragile. Le vétéran Hossam Hassan a ouvert le score par un superbe coup de tête de la marque de penalty. Le second but a été inscrit par Abdel-Halim Ali qui a magistralement lobé le gardien Essam Al-Hadari d'en dehors de la zone pour marquer l'un des plus beaux buts du championnat. Et enfin, la star montante, Gamal Hamza, a couronné son énorme effort durant les 90 minutes du match par un tir bien cadré donnant à son équipe une large victoire par trois buts à un. L'attaquant d'Ahli Ahmad Bilal, buteur du championnat, a marqué son 16e but de la compétition pour consoler les supporters rouges. C'est durant ces dix minutes seulement, où Bilal à marqué son but, (en fin de la première mi-temps et début de la deuxième mi-temps) que les millions d'observateurs qui suivaient la rencontre ont senti la présence d'Ahli sur le terrain.

Les flagrantes erreurs de marquage et celles du gardien international Essam Al-Hadari auraient pu aggraver le score si les attaquants de Zamalek étaient plus concentrés devant les buts.


Arrêt de jeu dangereux

Le directeur technique d'Ahli, Jo Bonfrère, a condamné la longue suspension des compétitions locales qui a gravement affecté son équipe. « Après plus de 30 jours sans aucune action, les joueurs ont perdu leur enthousiasme. Ils avaient besoin de disputer quelques matchs officiels afin de réintégrer progressivement la pression avant ce grand match », avait déclaré le Néerlandais après le match.

Ce long arrêt depuis le 15 mars dernier, à cause de la guerre, a eu un effet néfaste sur toutes les équipes, ce qui était évident lors de la reprise. Bien qu'Ahli ait disputé deux rencontres amicales contre Tersana (2-1) et Haras Al-Hodoud (2-0), mais la tension des matchs officiels manquait. Les Rouges avaient perdu leur sens du jeu sur le terrain et la majorité de leurs déplacements étaient erronés. Zamalek avait échappé à cette impasse grâce à la rencontre des 1/16 de finale de la Ligue des champions contre les Kényans de la Nzoia Sugar (3-0), une semaine avant le derby, qui les a remis en forme.

Sur le plan psychologique, il était clair que les joueurs d'Ahli n'avait pas la rage de vaincre. Les joueurs n'ont pas été bien préparés psychologiquement avant cette rencontre. L'écart de cinq points en leur faveur les a trop relaxés. La victoire où le nul leur aurait pratiquement donné le titre alors que Zamalek était dans l'obligation de gagner. « Nous avions joué pour la victoire et uniquement pour la victoire tandis que les joueurs d'Ahli voulaient le nul et c'est ce qui a causé leur défaite », avait déclaré Ahmad Réfaat, directeur du secteur foot à Zamalek.

Mais d'un autre côté, la gestion technique de la rencontre était en faveur du directeur technique de Zamalek, Carlos Roberto Capral, qui prouve une fois de plus qu'il est l'un des meilleurs entraîneurs à avoir foulé les pelouses égyptiennes. Le Brésilien a magistralement mené son équipe lors de la rencontre en faisant preuve d'une extrême habilité de ses outils. Doté du joueur le plus talentueux de sa génération, Hazem Emam, Capral a préféré le garder sur la touche comme une importante pièce de rechange vu que son meneur de jeu n'avait pas complètement récupéré son état physique depuis sa blessure au genou. Son tempo de le mettre en action avec son coéquipier Tareq Al-Saïd avait eu l'effet voulu de redresser le milieu des Blancs qui commençait à perdre le rythme.

Bonfrère, lui, n'a pas fait preuve d'une telle sagesse. Le directeur technique d'Ahli avait fait participer son attaquant Ahmad Bilal à sa première rencontre officielle depuis plus de trois mois. Bilal a épaulé Ahmad Salah Hosni en attaque pour la première fois de leur histoire. Une combine qui n'avait pas bien fonctionné durant la rencontre. Les deux attaquants ont un style de jeu très vraisemblables. Ils évoluaient dans un système de jeu qui ne comptait qu'un seul attaquant, ce qui convenait bien à leur habileté dans et juste autour de la surface. Mais au coude à coude, les deux attaquants internationaux n'étaient pas coopératifs dans leur première mise en scène.

Mais à côté de cela, l'intervention de Bonfrère pour redresser son équipe a été très tardive. Bien que son équipe ait été dominée durant toute la première mi-temps et désavantagée par deux buts contre un, il lui a fallu attendre plus de 70 minutes avant de donner à son équipe un peu de sang frais avec la participation de Réda Chéhata et Sayed Abdel-Hafiz !


Le bon moral de Zamalek

« Pour moi, cette victoire est plus importante que le titre du championnat. Surtout depuis notre humiliante défaite la saison passée (1-6) contre Ahli, qui nous a soumis à une énorme pression de la part des médias et du public. Cette victoire est donc notre revanche. Elle nous a rendu heureux », avait déclaré Tamer Abdel-Hamid le milieu défensif de Zamalek juste après le match.

En effet, la défaite historique du 16 mai 2002 a été une tâche noire pour cette génération de joueurs qui a enregistré la plus grande défaite contre les Rouges dans l'histoire du club. Pour beaucoup de joueurs tels que Tamer, cette victoire est très importante car elle est la première défaite historique.

Désormais, deux points seulement séparent Ahli de Zamalek à présent avec quatre matchs restants jusqu'à la fin du championnat. Bien que les Rouges aient été en tête du classement, les Blancs ont reçu un énorme push moral pour remporter le titre. « Nous avons fait ce que nous devions faire et maintenant il faudrait attendre qu'Ahli trébuche encore une ou deux fois pour que nous remportions le titre », déclare Hazem Emam, le capitaine de l'équipe. D'un coup d'œil rapide sur les rencontres restantes pour les deux équipes, nous pouvons constater que Zamalek passera par certaines étapes difficiles (Moqaouloun, Ghazl Al-Mahalla, Goldi, Ismaïli) surtout face à Moqaouloun qui fuit la relégation et Ghazl Al-Mahalla qui est un adversaire redoutable à domicile. Quant à Ahli, sa mission contre Assouan (à Assouan), Tersana, Baladiyet Al-Mahalla et Enppi s'annonce plus facile. Mais les partisans du camp blanc parient sur la grande forme morale de leur équipe tandis qu'Ahli, soumis à une grande pression, pourra perdre quelques points.

Tout peu arriver, ce qui veut dire que le suspens sera au maximum jusqu'à la dernière journée, car le champion ne sera annoncé qu'avec le sifflet final de la dernière rencontre de la saison.

Karim Farouk

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