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Le directeur
général de l'Unesco, Koïchiro Matsuura, a annoncé à Paris
la création d'un « Fonds spécial pour le patrimoine
iraqien » et proposé la mise en place de « mesures
d'urgence ». Ce fonds spécial sera alimenté par
les contributions de nombreux pays dont l'Italie « qui
a été la première à offrir une contribution de 400 000
dollars » et d'autres pays « dont la liste
grandit chaque jour » émanant d'Etats comme le
Qatar, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Egypte
et diverses institutions.
« Des
mesures d'urgence s'imposent, comme la mise en place par
les autorités sur place, et sur tout le territoire iraqien
d'une police du patrimoine chargée de veiller sur les sites
et institutions culturels, y compris les bibliothèques et
les bâtiments abritant des archives », a affirmé
M. Matsuura.
La réunion
de jeudi au siège de l'Unesco intervient une semaine après
le pillage notamment des Musées de Bagdad et de Mossoul
(nord), au lendemain de la chute de Bagdad et des principales
villes iraqiennes aux mains des troupes américaines.
« Le
plan d'action d'urgence devra bien entendu être élaboré
en coordination avec le plus grand nombre possible de partenaires
et d'institutions (...). La situation est très certainement
confuse en Iraq, mais nous avons déjà hélas des certitudes
préoccupantes : le pillage des Musées de Bagdad et
de Mossoul, l'incendie de la Bibliothèque nationale. Sans
parler des dommages subis par nombre de sites patrimoniaux
et de leur pillage », a souligné M. Matsuura. « Ces
derniers jours, a-t-il poursuivi, nous avons multiplié
les contacts avec les autorités américaines et britanniques,
afin qu'elles prennent immédiatement des mesures de surveillance
des sites archéologiques et des institutions culturelles
en Iraq. Afin d'empêcher l'exportation et le trafic des
œuvres dérobées, nous avons alerté les autorités des pays
limitrophes, ainsi que les autorités de police et de douane
internationales tels Interpol et l'Organisation mondiale
des douanes ». M. Matsuura a indiqué qu'il s'apprêtait
à « demander au secrétaire général des Nations-Unies
de soumettre la question du trafic illicite au Conseil de
sécurité afin qu'une résolution puisse être adoptée qui
impose un embargo, pour une période déterminée, sur l'acquisition
de tout objet culturel en provenance de l'Iraq, et qui demande
le retour de tels biens culturels en Iraq si de telles acquisitions
ou exportations ont déjà eu lieu ». Selon lui,
« cette résolution pourrait ainsi s'appliquer aux
191 Etats membres des Nations-Unies et non seulement aux
97 Etats parties à la Convention de 1970 ». A ce
propos, il a lancé un appel à tous les Etats pour adopter
« les mesures d'urgence pour prévenir l'importation
sur leur territoire de tout bien culturel, archéologique
et bibliographique ayant quitté l'Iraq dans la période présente »,
et il a renouvelé son appel « à tous les musées,
négociants d'art et collectionneurs privés pour qu'ils considèrent
ces biens comme ne pouvant faire l'objet de transaction
commerciale ». M. Matsuura a enfin indiqué que
« l'inscription de la ville d'Assur (nord)
sur la liste du patrimoine mondial et sur la liste du patrimoine
en danger sera proposée à la prochaine session du Comité
du patrimoine mondial qui se tiendra en Chine en juin prochain ».
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