| A quelques
jours de son entrée au Parlement, le budget 2003-2004 est
au centre d'un débat agité. Les chiffres du budget ont été
annoncés cette semaine par le Conseil des ministres. Le
montant global de celui-ci s'élèvera à 158,6 milliards de
L.E., contre 141,6 pour l'exercice financier 2002/2003,
soit une progression de l'ordre de 17 milliards de L.E.
« Une progression justifiée
par une augmentation des dépenses publiques dont le but
est de remédier le plus possible à la crise économique dont
souffre le pays », déclare Abdel-Fattah Al-Guibali,
conseiller du ministre des Finances.
La forte progression
des dépenses publiques est donc le trait principal de ce
budget 2003-2004. Pourtant, cette progression est considérée
comme insuffisante par les députés de l'opposition au vu
de la crise économique. « La hausse des dépenses
n'est pas du tout suffisante. Elle ne reflète pas la réalité
économique. A quoi sert ces 158,6 milliards de L.E. quand
on sait que la livre égyptienne a perdu en quelques mois
la moitié de sa valeur et qu'on assiste à une hausse démesurée
des prix des biens de consommation ? »,
interroge le néo-Wafdiste, Mahmoud Al-Chazli. Il
ajoute que les 38,5 milliards de L.E. consacrées aux salaires
ne permettent pas une amélioration réelle des conditions
de vie des fonctionnaires et ne résoudra pas non plus le
problème de la récession. « Les 38,5 milliards de
cette année ne valent pas beaucoup plus que les 34,8 milliards
de L.E. de l'année dernière. N'oublions pas les impôts et
les taxes qui sont imposés aux citoyens, notamment la TVA
qui apportera cette année au gouvernement 22,7 milliards
de L.E. aux dépens des citoyens », lâche Al-Chazli.
Il réclame une baisse des impôts pour alléger le fardeau
qui pèse sur les citoyens. Le montant des recettes et le
déficit budgétaire font l'objet d'interrogations de la part
de l'opposition. En effet, où le gouvernement va-t-il récolter
les 130 milliards de recettes et surtout comment va-t-il
combler le déficit budgétaire ? « Chaque année,
le premier ministre, Atef Ebeid, présente des chiffres douteux
concernant les recettes. Et au moment d'appliquer le budget,
on constate qu'il y a un manque dans les recettes. Résultat :
une aggravation du déficit budgétaire de l'inflation et
une augmentation de la dette publique », explique
le Nassérien Haïder Al-Bogdadi. Selon l'indépendant Réfaat
Al-Béchir, le gouvernement table sur les revenus des taxes
et des douanes, deux secteurs qui souffrent de la fraude
fiscale. Résultat : les prévisions du gouvernement
ne se réalisent jamais. « Le premier ministre a
reconnu, lors de son discours sur le programme du gouvernement,
la présence de fraude. Les recettes de ces deux secteurs
sont réellement en dessous des estimations annoncées par
le gouvernement », estime le député. Il est prévu
que le Canal de Suez rapporte plus cette année en raison
de la guerre en Iraq. Mais les revenus du pétrole vont certainement
diminuer, car la situation sur le marché pétrolier est très
instable.
Certains députés
soulignent la mauvaise répartition des dépenses du budget.
Les 61,6 milliards du volet social sont jugés trop faibles
par Al-Badri Farghali, député du parti de Rassemblement
unioniste progressiste, gauche. « 1,1 milliard de
L.E. pour créer 600 000 emplois, contre 800 millions
de L.E. l'année dernière pour 150 000 offres d'emploi,
c'est dérisoire au moment où la politique du gouvernement
vise à lutter contre le chômage. 8,2 milliards de L.E. pour
la santé ne changeront rien. Les 8 milliards de L.E. qui
vont à la subvention des produits de première nécessité
sont insuffisantes, car le taux de croissance démographique
atteint cette année 1,99 % de la population selon les
chiffres officiels », s'insurge-t-il.
Toutefois,
le député du PND, Talaat Abdel-Qawie, estime qu'une hausse
de 3,8 milliards de L.E. pour le volet social est un fait
positif étant donné qu'au vu des événements étrangers, plus
de la moitié du budget est destiné aux ministères de la
Défense, de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Information.
« Quant au déficit, c'est un fardeau sur les épaules
du gouvernement ; nous y remédierons par les bons du
Trésor des dons d'une valeur de 1,9 milliard de L.E., des
prêts étrangers d'une valeur de 4,5 milliards et de la Banque
de l'investissement de l'ordre de 22 milliards de livres »,
défend-il.
Le projet du
budget qui sera soumis à l'Assemblée du peuple la semaine
prochaine promet un débat animé.
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