|
Al-Qahira
(Le Caire). C'est le nom de la nouvelle chaîne satellite
dont le lancement par le ministère de la Culture est
prévue pour octobre prochain. Objectif affiché :
développer et enrichir la vie culturelle. « Avec
la concurrence médiatique acharnée et la mondialisation,
nous devons défendre notre identité culturelle et
favoriser le dialogue entre les cultures et les civilisations.
C'est pourquoi on a décidé de créer cette chaîne spécialisée
qui permettra de mettre en relief la richesse de la
culture égyptienne » , estime Samir Farag, président
de l'Opéra et chargé de ce projet.
Le
ministre de la Culture Farouq Hosni a déclaré que
la chaîne sera lancée à partir de deux satellitesNil
Sat et Arabsat. Elle sera diffusée gratuitement
pendant quelques mois avant d'être cryptée. Une société
actionnaire sera mise en place pour sa gestion : 60%
des actions seront détenus par le ministère et 40%
reviendront aux investisseurs. Le ministère utilisera
les studios de l'Académie des Arts qui seront équipés
en accord avec les dernières données technologiques.
Un accord de coopération sera signé avec la chaîne
américaine National géographic qui offrira
à Al-Qahira 180 heures de materiel cinématographique.
Quant aux cadres, ils seront recrutés de préférence
parmi les jeunes possédant des qualifications en langues
étrangères et en informatique.
Avec
la lancement d'Al-Qahira une nouvelle chaîne vient
s'ajouter au secteur satellite égyptien. En 1996 le
satellite de télécommunication Nil Sat a été
lancé. Objectif : faire face à la concurrence
des chaînes satellites arabes et étrangères. Parallèlement
une zone franche des médias a été crée mettant fin
au monopole de l'Etat sur les médias. Au cours des
dernières années plusieurs chaînes spécialisées et
privées ont vu le jour en Egypte. Certains ministères
ont loué des chaînes pour présenter leurs services
tel que les ministères de la santé, de l'enseignement
supérieur et de l'éducation. C'est dans ce contexte
que s'inscrit la création d'Al-Qahira.
Toutefois,
le projet est perçu par certains comme un gaspillage
injustifié. C'est l'avis de Safwat Al-Alem, professeur
à la faculté de communication. Il rappelle qu'il existe
déjà deux chaînes satellites pour la culture, Al-Tanouir
et la chaîne cuturelle Al-Nil. En plus, les chaînes
terrestres transmettent assez de programmes culturels
et présentent toutes les activités du ministère :
« A quoi donc sert une nouvelle chaîne surtout
qu'il ne s'agit pas d'une chaîne privée mais dépendant
d'un secteur gouvernemental ? ». Selon Al-Alem,
le ministère de la culture ferait mieux de renforcer
sa coopération avec le ministère de l'Information
qui possède déjà tous les moyens et les capacités
nécessaires pour couvrir les activités culturelles.
Arguments
qui ne semblent pas convaincre Samir Farag pour qui
la chaîne envisagée n'alourdira pas le budget du ministère
qui jouit de privilèges dont d'autres chaînes ne profitent
pas comme par exemple le grand nombre de documentaires,
la production de l'Académie des Arts, les spectacles
d'Opéra et de théâtre dépendant du ministère. « Le
revenu des publicités et des abonnements couvriront
les autres frais. Cela veut dire que la diffusion
ne nous coûtera rien ». D'autre part,
le succès ne se fait qu'a travers la concurrence.
Cette chaîne sera une nouvelle vitrine pour l'Egypte,
assurent les responsables au ministère de la Culture.
|