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Le
nouveau fait accompli
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Par Salama Ahmed
Salama |
| Nombreux
sont ceux qui sont éblouis par la puissance des Etats-Unis.
Mais ils sont malheureusement incapables de comprendre la
vérité concernant la guerre iraqienne. Cette guerre qui constitue
une véritable catastrophe ayant frappée la nation arabe tout
entière. Ces personnes présentent dans leurs écrits, et avec
une conviction inébranlable, la chute du régime de Saddam
et la destruction de ses statues par le peuple iraqien opprimé
comme un don de Dieu. Un don que nous ont gratifié les frères
américains et britanniques qui ont libéré l'Iraq et son peuple
et qui ont ainsi ouvert la voie à une nouvelle ère de renaissance
arabe.
Ce
point de vue aurait pu être valable si la chute du régime
de Saddam était le fruit d'une véritable révolution ou volonté
populaire et non pas conformément à la volonté du colonisateur
américano-britannique. Un colonisateur qui cherche à redessiner
la carte de l'Iraq et de son peuple d'une manière qui répond
à ses propres objectifs. Tout en imposant aux peuples arabes
et islamiques et non seulement au peuple iraqien, des régimes
politiques, économiques et sociaux servant uniquement les
intérêts colonialistes. Et sans se soucier des peuples ni
de leurs véritables volontés et aspirations.
Personne
ne pleure Saddam Hussein exactement comme ce fut le cas avec
Bin Laden. Les deux ne sont que la sécrétion de sociétés malades
incapables de se développer. Des sociétés inertes ayant perdu
toute capacité de progresser; de changer ou même de penser.
De telles sociétés ont donné à leurs pires éléments l'occasion
de pousser leurs pays vers la catastrophe, le désespoir et
la déception. La conséquence était donc la suivante :
des générations entières de jeunes désespérés ayant fui leurs
pays et leurs convictions pour des destinations inconnues.
Le
véritable danger n'est guère la chute du régime de Saddam.
Au contraire, le danger se trouve dans la situation détériorée
qui a suivi la guerre et abouti en fin de compte à placer
les pays arabes sous la tutelle américano-britannique. Car
personne ne peut croire que ces forces quitteront l'Iraq une
fois la stabilité restaurée ou un nouveau gouvernement transitoire
ou permanent instauré. La preuve en est la vision de nombreux
centres de recherches américains concernant l'Iraq de l'après-Saddam.
Une vision indiquant que les Etats-Unis n'ont pas l'intention
de renoncer à leurs positions ni à leur influence politique
en Iraq. Il ne sera donc pas surprenant si les Etats-Unis
installent en Iraq une base militaire et imposent sur son
nouveau régime des restrictions concernant les forces armées !
Il ne serait même pas étrange que des contacts aient lieu
pour une normalisation entre ce nouveau régime et Israël !
Bref,
il existe un nouveau fait accompli que les Etats-Unis visent
à imposer à tous les régimes arabes. Un fait accompli que
les experts en politique américains et leurs adeptes dans
les médias arabes et égyptiens feignent d'ignorer. C'est un
fait accompli que nous devons déduire non pas à travers les
médias mais via les actes et les politiques qui ne font que
surprendre le monde arabe. Des actes et des politiques qui
concernent pourtant les intérêts purement internes du monde
arabe, sans que ce dernier ne puisse exprimer son avis. On
nous conseille de prendre le train américain, qui roule à
toute allure, vers une destination inconnue, sans que l'on
puisse avoir notre mot à dire !
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Comment
traiter la question des armes prohibées ?
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Par Mohamed Sid-Ahmed
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| La
visite qu'effectuera en Syrie dans les prochains jours le
secrétaire d'Etat américain Colin Powell laisse présager
que les Etats-Unis sont en train de préparer la voie à l'après-guerre
en Iraq. Une phase durant laquelle l'attention sera portée
à la question palestinienne, ignorée depuis plus d'un an.
Cette phase sera sans doute influencée par les conséquences
de la guerre américaine contre l'Iraq et sera régie par
le nouvel équilibre de puissances dans la région.
Le
secrétaire d'Etat a l'intention de visiter la Syrie spécifiquement
pour lui transmettre les mises en garde de Washington qui
vont croissant. Tantôt, il accuse la Syrie d'abriter des
dignitaires du régime iraqien déchu, tantôt de soutenir
le terrorisme, de détenir des armes chimiques ou d'attirer
les savants qui ont fui l'Iraq pour qu'ils contribuent aux
recherches qu'elle effectue en matière d'armes chimiques
et bactériologiques. Tout ceci sans compter les accusations
de soutien au Hezbollah libanais et au Hamas
en Palestine et d'abriter les dirigeants des organisations
palestiniennes qui figurent sur la liste américaine des
organisations terroristes. La liste des accusations est
en effet longue et nous rappelle les accusations qu'avait
adressées Washington à l'Iraq dans la période qui a précédé
l'offensive militaire.
Il
est clair qu'il y a une intention de fusionner les deux
conflits — celui de l'Iraq et celui de la Palestine — en
un seul et d'en faire de la Syrie le lien entre les deux.
Dans
une interview au journal israélien Haaretz, Sharon
a annoncé qu'il est temps de reprendre les négociations
dès que sera formé le nouveau gouvernement palestinien d'Abou-Mazen.
D'après Sharon, la volonté de reprendre les négociations
se justifie par le nouvel équilibre de force établi après
la défaite de l'Iraq.
Il
est fort probable que la fusion des deux conflits en un
seul jettera un lourd fardeau sur l'Iraq notamment en ce
qui concerne la façon de traiter les questions relatives
à la question palestinienne, qui n'ont pu être réglées d'une
manière pacifique. Par exemple Sharon refuse complètement
l'application de la résolution onusienne qui accorde aux
Palestiniens vivant à l'étranger le droit au retour. D'après
Sharon la vraie paix est celle qui n'empiète pas sur la
souveraineté d'Israël. Or, pour lui, accepter le droit au
retour des Palestiniens le ferait. Ce problème ainsi que
d'autres, comme l'allégement de la densité des Palestiniens
dans certaines régions de Gaza et de la Cisjordanie, pourrait
trouver une solution en Iraq. Et ce à travers l'organisation
de déplacements de Palestiniens dans ce pays.
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La
Syrie réplique
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Face
aux accusations que l'Administration américaine lui a adressées,
la Syrie n'a pas adopté une position défensive mais elle
a eu recours à la diplomatie et a même attaqué. Damas a
déclaré qu'elle est prête à accueillir des inspecteurs internationaux
de l'Onu pour vérifier si elle possède des armes prohibées.
Elle est allée encore plus loin en précisant qu'elle tient
à ce que les inspections soient suffisamment sérieuses pour
éviter tout malentendu dans l'avenir. Mais elle a exigé
en même temps que le Moyen-Orient soit entièrement exempt
d'armes interdites, sans oublier d'insister sur la nécessité
d'écarter la politique de deux poids, deux mesures. C'est-à-dire
interdire ces armes aux pays arabes et autoriser leur possession
à d'autres comme Israël.
Le
président Bush a invité, le 16 avril, les Nations-Unies
à lever les sanctions économiques imposées à l'Iraq depuis
13 ans. Le but est de permettre, grâce aux ventes du pétrole
iraqien, de rembourser les coûts de la reconstruction. Il
semble donc que Washington tente d'investir la victoire
politique qui a découlé de sa victoire militaire pour remodeler
le rôle des Nations-Unies dans l'avenir. Mais cette volonté
s'est heurtée au refus qu'ont affiché certains membres du
Conseil de sécurité vis-à-vis de l'adoption d'une nouvelle
résolution levant les sanctions. Et ce, avant le retour
des inspecteurs onusiens pour s'assurer que l'Iraq ne possède
plus d'armes de destruction massive.
Pourtant,
Washington déploie de grands efforts afin d'empêcher la
remise du dossier iraqien au Conseil de sécurité, notamment
après avoir échoué à faire adopter par le Conseil une résolution
conférant la légitimité à sa guerre contre l'Iraq. Washington
trouve qu'un retour au Conseil de sécurité constitue une
concession politique gratuite. D'autres pays membres du
Conseil comme la France, la Russie et l'Allemagne, peuvent
tirer profit du dossier qu'a présenté la Syrie sur l'élimination
des armes de destruction massive au Moyen-Orient, dont Israël,
pour convaincre Washington de recourir à nouveau à la diplomatie
au Conseil de sécurité. La France, la Russie et l'Allemagne
le feront-elles ?
L'Administration
Bush, après les événements du 11 septembre, a voulu renforcer
sa position non seulement en adressant un coup mortel au
terrorisme, mais en adressant également un coup non moins
fort au régime de Saddam Hussein en Iraq sous prétexte qu'il
possède des armes de destruction massive susceptibles de
trouver leurs voies vers les réseaux terroristes, notamment
Al-Qaëda. Mais en liant étroitement la question du
terrorisme à celle des armes de destruction massive, l'Administration
a ouvert un dossier qu'elle tenait toujours à éviter, à
savoir celui des armes de destruction massive que possède
Israël. Que vont-ils faire maintenant les pays occidentaux
qui ont jusqu'à présent ignoré la détention par Israël de
ces armes ? Maintenant que la Syrie a soumis la question
au Conseil de sécurité. Ces pays occidentaux vont-ils abandonner
la Syrie ou vont-ils la soutenir dans sa réclamation ?
Et enfin, que vont faire la Russie et la Chine ?
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