|
A
l'épée comme au sabre, les escrimeurs ont rempli leur
objectif. Grâce à une sérieuse préparation des derniers
mois, les sélections égyptiennes ont amélioré leur classement
mondial. Après les 24e et 20e obtenues lors des derniers
tournois internationaux, elles ont réussi à décrocher
les 20e et 15e places à l'issue des championnats du monde
de Cuba, le mois dernier. Ces équipes sont ainsi qualifiées,
en équipe et en individuel, pour les Jeux Olympiques (JO)
d'Athènes 2004. La sélection de fleuret, elle, s'était
déjà qualifiée lors du Grand Prix de Chine.
Afin
d'accroître le nombre de ses escrimeurs présents aux prochains
JO (à Sydney en 2000, pour l'épée et le sabre, seuls cinq
escrimeurs avaient fait le déplacement), la Fédération
égyptienne d'escrime avait mis en place un plan de préparation
et de financement d'urgence, avec appel à des entraîneurs
étrangers. « La fédération a fait de son mieux
pour que les sélections égyptiennes se qualifient pour
les JO 2004. Afin que les escrimeurs obtiennent l'expérience
suffisante et qu'ils soient confrontés aux différentes
écoles de la discipline, elle leur a fait disputer six
championnats ou tournois internationaux. La fédération
a également fait appel aux entraîneurs étrangers dont
le rôle a été d'améliorer le niveau de l'épée et
du sabre », explique Tamer Al-Arabi, arbitre
égyptien international et trésorier de la Fédération égyptienne
d'escrime. |
Ces
dernières années, l'escrime, notamment le fleuret, a connu
un essor remarquable en Egypte. Ce qui a conduit les responsables
de la discipline à faire de leur mieux pour que l'épée
et le sabre obtiennent des performances similaires. Ces
deux disciplines n'ont en conséquence débuté leur participation
aux tournois internationaux qu'en 2002. « Les
responsables ont réalisé que ce qui manquait à l'épée
et au sabre était une plus importante participation aux
tournois internationaux. En 2002-2003, nous avons donc
eu la chance de participer à plusieurs tournois. Ce qui
nous a fait gagner des points et nous a permis d'occuper
la 20e place mondiale sur 128 équipes », explique
Nasser Amin, entraîneur de l'équipe de sabre. Cette discipline
a disputé les derniers championnats du monde avec trois
escrimeurs. A savoir Medhat Al-Bakri, Mahmoud Samir et
Hassan Chéhata. Ils ont tous atteint les 32e de finale
après leur victoire face, respectivement, à Hong-Kong
(15/7), la Roumanie (15/12) et aux Etats-Unis (15/10).
C'était alors la première fois qu'un pays arabe arrivait
aussi loin dans le tableau. « Nous avons récolté
34 points en plus des 35 gagnés grâce à nos participations
aux championnats et tournois antérieurs. Avec 69 points
au total, nous avons pu ainsi occuper la 15e place mondiale »,
ajoute Nasser Amin.
Quant
à l'épée, les escrimeurs égyptiens ont réussi lors de
ces championnats de Cuba à décrocher 16 points après leur
victoire contre les Etats-Unis (45/44) et l'Ukraine (45/38).
Ce qui les place à la 20e place mondiale (sur 128). Avec
le fleuret qui s'est qualifié lors du Grand Prix de Chine,
et qui occupe actuellement la 10e place mondiale après
les championnats de Cuba, c'est l'ensemble de l'escrime
égyptien qui disputera les JO 2004.
La
phase de travail qui s'annonce exigera d'importants efforts
de la part des responsables de la fédération, des entraîneurs
égyptiens des deux disciplines, et de ceux des escrimeurs.
Car il s'agit, lors des prochains championnats par équipes,
de remporter le plus de points possibles et « d'améliorer
le classement mondial de l'épée et du sabre pour qu'ils
atteignent respectivement la 15e et la 12e ou la 11e places
avant les JO d'août 2004 », assure Al-Arabi.
Au Centre olympique de Maadi, l'entraînement durera trois
heures par jour, et concernera en priorité le développement
des capacités physiques ainsi que la tactique de jeu.
Mais
les ambitions de la Fédération égyptienne ne se limitent
pas aux JO 2004. Car elle prépare aussi activement une
sélection espoir pour les cadets de moins de 17 ans, qui
doit être prête pour les Championnats du monde d'ici 2008,
et aussi pour les JO de Pékin la même année.
Il
n'en reste pas moins que les exploits réalisés en si peu
de temps n'ont pour écho qu'un soutien bien trop modeste
de la part du ministère de la Jeunesse et des Sports.
« Nous nous débrouillons avec les 360 000
L.E. qui nous sont versées annuellement. Avec le temps
qu'il nous reste, il ne sera pas facile de décrocher une
médaille olympique à Athènes. C'est pourquoi notre objectif
est d'occuper une des dix premières places. C'est plus
à notre portée », conclut Medhat Al-Bakri, premier
escrimeur de sabre. |