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Les autorités
égyptiennes ont enfin réussi à récupérer près de 300 pièces
d'antiquités égyptiennes retrouvées en août dernier dans les
entrepôts du port franc de Genève et qui faisaient partie des
œuvres sorties en contrebande par Tareq Al-Séweissi, homme d'affaires
et membre influent du Parti National Démocrate (PND). Une délégation
égyptienne s'est rendue en Suisse la semaine dernière pour récupérer
ces pièces volées provenant en quasi totalité de fouilles clandestines
en Basse-Egypte.
Il
s'agissait notamment de deux momies, un sarcophage, des masques,
des statues représentant des dieux égyptiens, Ptah, Sekhmet
et la déesse grecque Aphrodite ainsi que des stèles en granit.
Cette affaire remonte
en fait au mois d'avril dernier lorsque les autorités égyptiennes
ont arrêté Tareq Al-Séweissi en flagrant délit dans sa villa
à Mansouriya, essayant de vendre une statue de la déesse Sekhmet.
« Après les investigations qui ont duré près de six
mois, il s'est avéré qu'Al-Séweissi est l'un des plus grands
trafiquants d'antiquités en Egypte », avait déclaré
le procureur général, Maher Abdel-Wahed, à la presse. Le danger
de ce trafiquant provient en fait de ses relations avec les
grands responsables égyptiens de même que sa relation avec les
grands commerçants d'antiquités à l'étranger. Al-Séweissi avait
réussi par ses contacts et en versant des pots-de-vin à faire
sortir toutes ces pièces de l'aéroport du Caire sans être dérangé.
Cette arrestation
a conduit les autorités égyptiennes à éventer un réseau international
de 9 étrangers et 15 Egyptiens, dont des membres du Conseil
suprême des Antiquités (CSA), cinq douaniers de l'aéroport du
Caire et des policiers qui ont tous participé à faire sortir
les pièces du pays. Un grand procès qui a révélé une vraie mafia.
Interrogé par la
presse en Suisse sur les conditions du retour des pièces, l'ambassadeur
d'Egypte en Suisse, Mohamad Nagui Al-Ghatrifi, a refusé de rentrer
dans les détails du procès et a signalé que les pièces couvraient
différentes époques : de la préhistoire jusqu'à la période
romaine. « J'espère que la livraison de ces pièces soit
une leçon pour tout criminel qui pense exporter de façon illégale
l'héritage de l'Egypte », a souligné Al-Ghatrifi.
Un accord a été
signé entre l'Egypte et la Suisse sur la protection des biens
culturels. « Ce procès est le premier cas concret après
la signature d'un accord entre l'Egypte et la Suisse concernant
la protection du trafic illégal des biens historiques »,
a-t-il ajouté. C'est en fait la première fois que la Suisse
accepte de retourner des pièces en sa possession à son pays
d'origine. Il est en fait connu que la Suisse, après les Etats-Unis
et la Grande-Bretagne, constitue le grand marché de l'art du
monde. Elle jouit d'une mauvaise réputation en matière de commerce
illégal et est accusée d'être le pays d'accueil des objets volés.
Contrairement à 97 pays, la Suisse n'a pas ratifié la convention
de l'Unesco de 1970 sur les biens culturels.
L'Egypte, qui souffre
depuis des années du vol de ses antiquités, déploie un grand
effort pour récupérer ces pièces. « Le CSA a formé un
nouveau département dont la tâche est de récupérer les pièces
sorties de façon illégale du pays après 1970, a signalé
Zahi Hawas, secrétaire général du CSA. Il est à noter que
ce département a déjà préparé un catalogue comprenant toutes
les pièces qui devraient retourner au pays, sorties de façon
illégale, pour faciliter leur récupération », a-t-il
repris. De plus, le CSA a décidé d'arrêter toute coopération
avec les musées et les institutions qui ne remettent pas les
pièces volées à l'Egypte.
« Le retour
de ces 300 pièces n'est qu'un début, puisque des milliers d'autres
se trouvent encore en Suisse depuis que le commerce d'antiquités
est devenu illégal », ajoute-t-il.
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