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Proche-Orient . Les Palestiniens et les Américains pressent Israël de prendre des mesures pour relancer le processus de paix. Mais Ariel Sharon reste intransigeant.
Qoreï fait le forcing

Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, fait des pressions pour obtenir d'Israël des mesures qui permettraient selon lui un « changement d'atmosphère » avant de voir son homologue israélien. Samedi, il a exigé qu'Israël s'engage à stopper la construction du « mur » en Cisjordanie avant une rencontre avec Ariel Sharon, sans toutefois fermer la porte à une telle entrevue. « Il y a des questions essentielles comme le mur et l'annexion de colonies. Si les Israéliens persistent à vouloir construire le mur, une telle rencontre ne sera pas nécessaire », a dit M. Qoreï, après une réunion de son cabinet. « Le mur détruit tout, et tout effort sera inutile s'ils continuent à le construire ». Toutefois, M. Qoreï n'a pas écarté une rencontre avec M. Sharon si elle débouche sur des résultats positifs. Pour le ministre palestinien chargé des négociations, Saëb Eraqat, l'arrêt de la construction du mur n'est pas une condition pour la rencontre, dont la date n'est pas précisée, mais une obligation à respecter.

Ces demandes sont rejetées par l'Etat hébreu. M. Sharon a annoncé jeudi qu'Israël allait non seulement poursuivre, mais « accélérer » la construction de la ligne de séparation. Celle-ci, censée empêcher selon Israël les attentats sur son territoire, s'enfonce profondément en Cisjordanie. Les Palestiniens, appuyés par la communauté internationale, exigent l'arrêt de la construction de la ligne de séparation estimant que cet ouvrage est devenu un moyen pour Israël de rogner sur le territoire de l'Etat qu'ils ambitionnent d'édifier. Même son de cloche au Caire, où ont débuté mardi des discussions interpalestiniennes sur une trêve unilatérale avec Israël. Zacharia Al-Agha, membre du comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), a affirmé que l'arrêt de la construction par Israël du « mur » était une « condition principale » pour une trêve. Il a affirmé que l'OLP « n'acceptera pas de trêve gratuite » sans contreparties israéliennes.

Outre l'arrêt de la construction de la ligne, Israël doit s'engager « à cesser les assassinats, les raids, la démolition des maisons et à lever le siège imposé au président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat », a ajouté M. Agha. L'OLP réclame également que le cessez-le-feu conduise à « un début sérieux du processus politique pour l'application de la Feuille de route », le dernier plan de paix international, a-t-il poursuivi.

De son côté, l'émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, William Burns, a pressé dimanche Israël de remplir les engagements de la Feuille de route, et de démanteler les colonies sauvages en Cisjordanie occupée, dans le cadre de ses efforts de relance du processus de paix. « Nous continuerons de travailler avec les Israéliens et les Palestiniens pour qu'ils remplissent leurs obligations et cela inclut certainement la question des points de peuplement non autorisés », a-t-il souligné.

La Feuille de route, que le gouvernement israélien a officiellement adoptée mais assortie de 14 « réserves » importantes, exige d'Israël le gel de la colonisation en général et le démantèlement des colonies sauvages créées depuis mars 2001.

Ces points de peuplement ont été établis à l'initiative des colons juifs dans les territoires palestiniens, sans autorisation préalable du gouvernement. La plupart ont été par la suite approuvés. Le mouvement anticolonisation israélien, « La paix maintenant », a fait récemment état de 103 colonies sauvages en Cisjordanie, dont 56 établies depuis l'arrivée au pouvoir de M. Sharon en mars 2001. Ce mouvement a également précisé que cinq des huit colonies démantelées ces derniers mois avaient été reconstruites.

En dépit de ces appels, Israël est intraitable. Dimanche, le chef du gouvernement israélien a écarté toute condition préalable que le premier ministre de l'Autorité palestinienne pourrait poser pour le rencontrer, a affirmé dimanche à Jérusalem l'un de ses proches, le député du Likoud (droite) Guidon Saar. Ce dernier a par ailleurs minimisé les conditions préalables posées par M. Qoreï, estimant « qu'il cherche ainsi à renforcer sa stature auprès de son opinion ». Samedi, Israël a fermement rejeté la dénonciation par le secrétaire général des Nations-Unies, Kofi Annan, de la ligne de sécurité qu'il construit en Cisjordanie, affirmant son caractère nécessaire tant que l'Autorité palestinienne ne mettra pas fin aux attaques.

Jeudi, M. Sharon a laissé entendre que faute d'accord avec les Palestiniens, il pourrait opter pour des mesures « unilatérales ». Dans le cadre de ces « mesures unilatérales », il a mentionné notamment l'évacuation des colonies isolées de la bande de Gaza dont la défense est problématique. Tout en affirmant qu'il ne tolérerait pas des « avant-postes illégaux », il a affirmé que « certains avant-postes étaient de première importance sur le plan sécuritaire » et resteraient donc en place, du moins jusqu'au règlement définitif. Selon les médias, M. Sharon envisage l'annexion de secteurs de la Cisjordanie, fortement colonisés. M. Sharon fait face à des pressions croissantes internes comme externes, pour relancer le processus de paix au point mort depuis près de trois ans. Des officiers supérieurs de l'armée ont critiqué l'ultimatum que M. Sharon a fixé à son homologue palestinien Ahmad Qoreï en le menaçant de procéder à des retraits unilatéraux des territoires palestiniens, estimant qu'ils favoriseront un regain de la violence. Ils ont notamment suggéré que les troupes israéliennes se retirent des villes palestiniennes de Cisjordanie, lèvent ses barrages routiers et adoptent des mesures d'ordre humanitaire facilitant les conditions de vie dans les territoires occupés.

Sur le terrain, l'armée israélienne a lancé dans la nuit de dimanche à lundi une importante opération de recherche d'activistes palestiniens à Ramallah où elle a effectué des arrestations. Deux Palestiniens ont été tués lundi matin à Ramallah en Cisjordanie, après avoir ouvert le feu vers des soldats israéliens qui menaient une opération de recherche d'activistes palestiniens, a-t-on indiqué de sources militaires israéliennes.

R. A.
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Escalade de la violence à Jénine et Ramallah

Un Palestinien armé a été tué mardi matin par des soldats israéliens au cours d'un échange de tirs à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Le Palestinien tué, Amjad Sadi (28 ans), faisait partie des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, une nébuleuse de groupes armés liés au Fatah du dirigeant palestinien Yasser Arafat. Il a été abattu au cours d'un échange de tirs avec des soldats israéliens qui effectuaient une incursion dans la ville et le camp de réfugiés de Jénine en vue d'arrêter des Palestiniens recherchés.

En outre, l'armée à démoli dans le village de Silat Al-Harithiya, près de Jénine, deux maisons de deux étages appartenant respectivement à deux activistes du groupe radical Djihad islamique. L'un d'eux, Saleh Jaradat, accusé par Israël d'être responsable d'attentats, a été tué par l'armée en juin alors que le deuxième, Iyad Jaradat, est détenu en Israël, selon les mêmes sources.

Par ailleurs, lundi, la Cisjordanie a connu un regain de violence avec la mort de quatre Palestiniens et d'un enfant durant une incursion de l'armée israélienne à Ramallah, tandis qu'une initiative de paix non officielle a été lancée à Genève, en Suisse.

A Beyrouth, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Nabil Chaath, a émis l'espoir qu'un dialogue interpalestinien prévu jeudi au Caire aboutisse à une trêve en vue d'un cessez-le-feu avec Israël. L'armée israélienne, accusée par les Palestiniens d'escalade délibérée, a affirmé que l'opération de Ramallah, baptisée « Nouvel élan » et préparée de longue date, visait à prévenir des attentats.

D'importantes forces, appuyées par des blindés, ont pénétré avant l'aube dans le camp de réfugiés d'Al-Amari pour arrêter des activistes du mouvement radical Hamas et chercher des caches d'armes et d’explosifs. Trois activistes ont été tués après avoir ouvert le feu et lancé des grenades contre des soldats, selon l'armée. Un enfant de neuf ans a aussi été tué quand des soldats ont tiré à balles réelles contre des jeunes qui lançaient des pierres et des bouteilles incendiaires, selon des habitants. L'armée a indiqué avoir découvert deux caches d'armes comptant une ceinture d'explosifs de kamikaze, et un atelier d'explosifs qui a été détruit, lors de l'opération achevée en soirée.

Ailleurs en Cisjordanie, à Tulkarem, une unité spéciale de l'armée a blessé et arrêté un chef local des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, ainsi que quatre autres personnes.

 

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