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Liban . Le pays recèle encore de lieux vierges de toute exploitation touristique. L’un de ceux-ci, une réserve naturelle située à 70 km de Beyrouth, se prépare à accueillir les visiteurs.
A la découverte de Khellet Khazem

S’il nous est donné de découvrir un petit coin de paradis sur terre, on serait bien tenté de chercher quelque part sur la planète un endroit mirabile visu, d’une beauté rare et plus que parfaite, où la sérénité des lieux est unique au monde. L'un de ceux-ci se trouve au Liban, où de nombreuses régions restent encore inconnues des Libanais comme des touristes. Khellet Khazem est un endroit infime sur la carte du Liban, pays lui-même minuscule à l'échelle de la planète avec ses 10 452 km2, mais dont la beauté s’inscrit en grandes lettres, majuscules. Il ne s’agit pas d’une fierté vaniteuse, loin de là, plutôt d’une vérité révélée par la beauté des sites traditionnels, mais aussi ceux découverts tout récemment, et destinés à figurer bientôt sur l’agenda touristique.

Dame nature a particulièrement doté le Sud-Liban de merveilles à nulles autres pareilles au monde, même si le conflit israélo-palestinien n’a pas manqué de laisser ses empreintes et n’a pas épargné le sud, qui ploie toujours sous le poids de ce conflit. Néanmoins, cela n’a pas empêché le développement continu de la région. A tous les points de vue. La découverte de Khellet Khazem en est le meilleur exemple. Et comme nous dit Voltaire, « On conduit la nature, on ne la change pas », il s’agit d’une très bonne conduite qui a lieu sur ce site. Khellet Khazem est une semi-réserve naturelle de 6 millions de mètres carrés environ, située dans la région de Rihane, à 70 km de la capitale Beyrouth et à 800 m environ d’altitude, dans le caza de Jezzine, au Sud-Liban.

Une eau transparente ruisselant à l’ombre des arbres parfumés du pin, du chêne et autres, un climat doux, où vivent et se côtoient oiseaux, reptiles, sangliers, dunes de sable, plaines, vallées, un vieux moulin de 200 ans. Sans compter l’abondante richesse aquatique qui jaillit de ses terres : 50 sources d’eau minérale environ, dont une thérapeutique, particulièrement riche en soufre. Les vallées sont traversées par deux fleuves, Al-Kella au débit continu été comme hiver, et nahr Sabigh, qui forme la frontière naturelle de la khella, à l’est. Les deux poursuivent leur cours en direction du célèbre fleuve du Sud-Liban, le Litani. Autre fortune aquatique : la source d’eau Aïn-Québira assure quelque 10 000 m de canalisations d’eau et alimente 25 grands réservoirs en permanence. Un tout naturel encadré de vergers à perte de vue. Israël s’est permis de puiser 80 pour cent de cette richesse, alors que la région était le principal exportateur de ces fruits délicieux vers les pays du Golfe.

Au milieu de ce cadre féerique, un beau château a été bâti. Pas en Espagne bien sûr. Un château en bonne et due forme, en pierres et roches de la région, et entouré de jardins, fontaines et dépendances, dans le style architectural purement libanais des années 1950. Aujourd’hui, Khellet Khazem est une propriété privée, non publique. Aboul-Nasr Choumane et Hussein Bédir sont les maîtres des lieux et les promoteurs de ce projet ambitieux, puisqu’au sud de Khellet Khazem, une grotte naturelle ouvre la voie à une seconde Jeita (la célèbre grotte touristique libanaise, située au nord de Beyrouth). Des stalactites et stalagmites millénaires revêtant 23 formes géologiques se retrouvent sur les sommets et les murs sablonneux et rocheux. A l’heure actuelle, seuls 4 183 m ont été découverts, prémices d’un projet touristique à succès. Une fois achevée, l’exploration en profondeur permettra de classer le site au second rang en termes de longueur derrière Jeita (9 000 m), et peut-être avant Aïn-Laban (4 300 m) au nord.

Entre-temps, les promoteurs libanais travaillent d’arrache-pied sur ce projet. Un soutien financier et infrastructurel a été assuré : électricité, absorption d’eau, personnel placé au service des équipes d’exploration des grottes qui ont réussi à déplacer la grosse roche qui bloquait l’entrée. Un travail sérieux, des réalités, non des mots, permettront d’affirmer qu’à l’œuvre on connaît bien l’ouvrier. Ce qui a permis à un éminent personnage, le directeur d’Euro-Disney à Paris, Henri Bertré, de déclarer, après un bref séjour inoubliable à Khellet Khazem, qu’il est disposé à revenir et à s’installer dans la région dès lors que les travaux de la grotte seront achevés.

Mireille Bouabjian

 

 

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