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Santé
. L'Ordre des médecins a adopté une « charte des
droits du patient ». Une mesure qui vise à combler
les graves lacunes du système médical, notamment dans les établissements
publics. |
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A l'hôpital,
le patient est désormais roi |
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les droits des malades et insister sur l'importance de l'éthique
dans l’exercice de la profession médicale. Tels sont les buts
de la nouvelle « charte des droits du patient »
qui vient d'être adoptée par l'Ordre des médecins. Ce document
énumère les droits et les devoirs des malades dans les établissements
hospitaliers. L'idée de ce « code déontologique »
est pourtant née à l'hôpital Al-Qasr Al-Aïni, au Caire.
« Nous avons été les premiers à élaborer ce document,
qui a été repris ensuite par l'Ordre. Ceci en accord avec notre
politique qui consiste à fournir des soins de qualité. Faire
prendre conscience aux gens de certains concepts, comme les
droits des malades, fait partie de notre mission »,
explique un responsable de l'hôpital.
Les
chartes des droits des patients existent dans de nombreux pays.
Mais c'est la première fois qu'un tel document est adopté en
Egypte. Il vise d'une part à protéger les malades et d'autre
part, à améliorer le niveau du service médical. Conformément
à cette charte, tout patient a le droit d'être bien accueilli
par le personnel de l'établissement hospitalier et de recevoir
les soins nécessaires 24 heures sur 24 dans les différentes
sections de l'hôpital de la réception, aux urgences en passant
par les cliniques externes. Le patient a également le droit
de recevoir les soins médicaux dès son arrivée à l'hôpital.
Tout retard étant inadmissible, selon le document. « Le
malade a le droit d'être informé sur sa maladie, ainsi que sur
les différentes étapes de traitement suivies par le médecin.
Ce dernier, lui, est censé obtenir le consentement écrit du
malade ou de sa famille avant de procéder à une quelconque chirurgie,
tout en les prévenant de ses conséquences », stipule
la charte, qui réaffirme le secret professionnel des médecins,
à moins que le malade ne les autorise à dévoiler leur état à
un tiers. La charte indique aussi les devoirs des malades. Ceux-ci
doivent respecter le règlement de l’établissement où ils sont
hospitalisés et maintenir le calme et la propreté.
Selon
Hamdi Al-Sayed, président de l’Ordre des médecins, le but de
la charte est de faire savoir à chaque patient que le service
médical est un droit pour tous les citoyens sans distinction.
« Accéder à un service médical de qualité est un droit
pour tous les Egyptiens, les pauvres avant les riches. L'Ordre
a demandé à tous les hôpitaux, gouvernementaux et privés, d'appliquer
cette charte, de la publier et de l'exposer de façon à ce qu'elle
soit connue de tout le monde à l'intérieur de tout établissement ».
Chaque
année, des milliers de plaintes sont soumises à l’Ordre des
médecins. La plupart se rapportent au non respect de l'éthique
médicale. « Au cours des trois dernières années, nous
avons reçu 2 000 plaintes environ. Les gens se plaignent
souvent du mauvais traitement, surtout dans les établissements
publics », révèle Hamdi Al-Sayed. |
Négligences
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Tout
le monde se souvient de cette terrible tragédie qui a frappé
le joueur d'échecs Essam Ali Ahmad, mort d'une malaria cérébrale
contractée au cours d'un séjour au Nigeria dans le cadre des
Jeux africains. Il s'agit d'une maladie foudroyante qui entraîne
le décès en 48 heures en l'absence d'un traitement. De retour
au Caire à l'issue de la compétition, Essam Ali Ahmad a ressenti
une forte fièvre et des douleurs multiples. Transporté à l'hôpital,
il y est resté toute la nuit sans qu'aucun médecin ne l'examine.
Affolés, ses proches arpentaient les couloirs de l'hôpital à
la recherche d'un responsable. En vain. Essam est mort le lendemain
des suites de sa maladie.
Cet
incident, qui en cache sans doute beaucoup d'autres, révèle
l'état de négligence et de laisser-aller qui règne dans les
hôpitaux, et pose un problème d'éthique. Car en fin de compte,
il s’agit là de non respect des patients. « L'adoption
de cette charte est la bienvenue », estime le Dr Saleh
Bédeir, ancien doyen de la faculté de médecine. Selon lui, le
non respect de l'éthique ne concerne pas seulement la médecine.
« C'est un phénomène qui touche la société toute entière.
Le problème est qu'en médecine, ceci est inacceptable »,
déclare-t-il. Il ajoute que l'enseignement de la médecine en
Egypte n'aborde pas les questions d'éthique. « Dans
d'autres pays, on enseigne aux futurs médecins les droits des
patients », affirme le Dr Bédeir.
D'autres
médecins pensent que si la charte est appliquée, cela va mener
à une multiplication du nombre de plaintes et inciter les médecins
à renoncer à certaines procédures de traitement qui comprennent
des risques, même si celui-ci est mineur.
« Il
est difficile pour les médecins d'expliquer aux patients leurs
maladies de façon exacte car beaucoup de ces malades sont analphabètes
et n'ont aucune notion en médecine. D'autre part, il faut donner
les moyens aux établissements hospitaliers de mettre en application
cette charte. Dans de nombreux établissements publics, les médecins
sont sous-représentés par rapport au nombre de malades, et il
est parfois impossible de suivre simultanément tous les nouveaux
cas », explique le Dr Hamdi Hassan, médecin et membre
de la commission de la santé à l'Assemblée du peuple. L'Ordre
envisage d'instaurer des sanctions à l'égard des médecins qui
ne se conforment pas aux règles stipulées par la nouvelle charte
du patient. |
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