Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Escapades
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Vie politique . Des propos du directeur du centre Ibn Khaldoun, Saadeddine Ibrahim, demandant aux Etats-Unis d'exploiter l'aide pour obliger l'Egypte à engager des réformes politiques soulèvent un tollé.
Le centre de toutes les polémiques

Le centre Ibn Khaldoun pour les études démocratiques fait encore une fois parler de lui. Son directeur, le célèbre sociologue Saadeddine Ibrahim, est accusé cette fois-ci de demander aux Etats-Unis d'utiliser l'aide américaine à l'Egypte comme une carte de pression pour obliger les autorités à engager des réformes politiques. Déjà de 2000 à 2003, Saadeddine Ibrahim a défrayé la chronique dans un procès à sensation où il était accusé d'avoir obtenu un financement de la part de l'Union Européenne (UE), ce qui est interdit par la loi. Il avait été également accusé d'avoir diffusé à l'étranger de fausses informations concernant la fraude électorale et la persécution des coptes. Condamné en mai 2001 à 7 ans de prison, il a été acquitté par la Cour de cassation en mars 2003. Alors que la peine a été confirmée en juillet 2002 par la Haute Cour de sûreté de l'Etat.

La première affaire n'a pas eu le temps de refroidir qu'une autre polémique a été lancée suite à des nouvelles publiées dans la presse affirmant que le Congrès américain accordera 2 millions de dollars, retranchés sur l'aide accordée à l'Egypte, au centre Ibn Khaldoun. Cela a provoqué un tollé médiatique et politique. Et l'affaire risque d'être déférée devant la justice. En effet, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Al-Osboue, Moustapha Bakri, a déposé, samedi 29 novembre, une plainte auprès du procureur général contre Saadeddine Ibrahim. « Je demande l'ouverture d'une enquête sur le financement de ce centre, et sur ses activités suspectes. Le centre ne s'occupe pas seulement des études, mais il organise des conférences et des colloques auxquels des Israéliens prennent part. Ce qui représente un danger pour la sécurité nationale. Nous voulons savoir quelle est la mission que remplit ce centre exactement ? Et pourquoi le gouvernement garde le silence face à cela », se demande avec indignation Moustapha Bakri. La plainte présentée par celui-ci se base aussi sur les dernières déclarations de Saadeddine Ibrahim concernant l'aide américaine selon lesquelles ce dernier ne trouve pas d'inconvénient à utiliser l'aide américaine comme une carte de pression pour obliger l'Egypte à engager des réformes politiques. « Par exemple, dans sa déclaration au magazine hebdomadaire Al-Moussawar, Saadeddine Ibrahim défend le droit des pays donateurs d'utiliser des moyens de pression pacifiques comme les aides pour obliger certains pays à appliquer la démocratie. Donc, il n'est pas contre l'ingérence étrangère dans les affaires internes du pays », résume Bakri.

Parallèlement à la plainte présentée par Bakri, Saadeddine Ibrahim a tenu le même jour une conférence de presse au siège du centre Ibn Khaldoun, à Moqattam, pour se défendre. Il a catégoriquement nié le fait de recevoir une partie de l'aide américaine en expliquant que tout avait commencé par la proposition d'un sénateur au Congrès américain de modifier la loi sur les aides étrangères. Or, le sénateur proposait de retrancher une somme de 2 millions de dollars sur les aides accordées aux pays étrangers en général et non pas seulement sur l'aide américaine à l'Egypte. « Le but était de dédommager le centre, qui avait suspendu ses activités pendant 3 ans entre 2000 et 2003 lorsque j'étais en prison », a déclaré Saadeddine Ibrahim qui a été acquitté avec 27 autres membres du centre Ibn Khaldoun.

« Le fait que j'approuve les Etats-Unis dans leur recherche de l'application de la démocratie dans le monde arabe ne signifie pas que je suis pro-américain. Depuis la création du centre Ibn Khaldoun en 1988, j'appelle à l'ouverture démocratique en Egypte. Il faut le faire avant d'être obligés de le faire », ajoute-t-il.

Notons que plus de onze membres du Conseil du centre, dont Hossam Badrawi, président de la commission de l'enseignement au Parlement, Abdel-Moneim Saïd, directeur du Centre des études stratégiques et politiques d’Al-Ahram, Ahmad Kamal Aboul-Magd, ancien ministre de l'Information, ont présenté leur démission la semaine dernière. Selon eux, ils n'ont jamais été au courant des activités financières du centre. Ils affirment que les dernières déclarations d'Ibrahim quant au droit des pays donateurs d'utiliser les aides comme une carte de pression font peser le doute sur les activités du centre.

Réfaat Al-Saïd, secrétaire général du parti du Rassemblement, appelle tous les autres membres à démissionner du Conseil du centre et à ce que tous les intellectuels le boycottent. « Pendant le procès, nous soutenions Ibrahim en attendant que la justice dise son dernier mot. Nous le respectons toujours en tant que grand sociologue. Mais, nous avons du mal à accepter ses déclarations qui appellent les pays étrangers à intervenir dans nos affaires intérieures », s'indigne Moustapha Al-Fiqi, président de la commission des affaires étrangères au Parlement, qui a démissionné lui aussi du Conseil du centre.

Du côté officiel, aucun commentaire n'a été fait. Seul l'ambassadeur égyptien à Washington, Nabil Fahmi, a affirmé que les Etats-Unis voulaient accorder au centre une aide particulière en dehors de l'aide américaine à l'Egypte. Ce qui ne va pas clore l'affaire pour autant.

Injy Al-Qadi

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631