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Comment sortir de l'impasse en Iraq ?
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie La sécurité en Iraq va de mal en pis. Les opérations militaires contre les forces d'occupation, les institutions de l'Etat et l'infrastructure se poursuivent sans discontinu pour atteindre des institutions liées à l'Onu, comme la Croix-Rouge. L'intensification de ces opérations représente un choc pour les faucons du Pentagone, un défi intolérable. La riposte américaine prévoit la poursuite des frappes militaires en vue de liquider les capacités de la résistance iraqienne.

Dans leur réponse aux attaques de la résistance, les forces américaines commettent des crimes comparables à ceux que commettent en Palestine les forces israéliennes. Amnesty International n'a pas tardé à accuser les forces américaines d'être responsables de crimes de guerre : démolition des maisons, violation des droits de l'homme.

L'affrontement entre la résistance et les forces d'occupation est un conflit stratégique dont le peuple iraqien est la première victime. Tout se passe comme si la chute du régime de Saddam Hussein devait être payée par une occupation étrangère. L'occupation n'est pas venue pour libérer le peuple iraqien comme le prétendent les Américains.

Le problème essentiel est celui de l'embarras dans lequel se trouvent les Etats de la coalition. Et maintenant que la guerre a eu lieu, que le peuple est devenu victime de la violence, n'est-il pas temps d'agir pour le sauver, pour empêcher les faucons de l'Administration américaine de poursuivre leur jeu qui menace la stabilité de la région ?

La complexité de la situation actuelle, l'impasse dans laquelle se trouvent les forces d'occupation peuvent offrir une occasion favorable pour mettre fin à l'occupation et le recouvrement par le peuple de sa souveraineté, sous contrôle international et pour une période déterminée.

L'Administration américaine a enfin répondu à ce que la Ligue arabe et certaines forces internationales ont réclamé depuis longtemps : un transfert rapide du pouvoir aux Iraqiens. L'Administration Bush n'avait en fait pas d'autre choix. Il est toutefois clair que la question ne sera pas facile et ce pour plusieurs raisons : d'abord, les faucons du Pentagone feront tout pour résister à cette décision qui signifie la défaite de leur vision, de leurs plans et leurs projets. Ensuite, il est possible que la décision américaine a été motivée par la volonté de l'Administration de tempérer la colère de l'opinion publique aux Etats-Unis en raison des pertes humaines survenues dans les rangs des soldats de l'armée. D'où le refus de Washington de définir un calendrier précis pour le transfert du pouvoir au peuple iraqien.

La situation actuelle en Iraq met en lumière la crise des forces d'occupation anglo-américaines. Le peuple iraqien libéré du régime de Saddam Hussein n'accepte pas l'alternative de l'occupation. Tant que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne procèdent pas au transfert du pouvoir au peuple, les opérations de résistance se poursuivront. Plus important encore : l'image des Etats-Unis dans le monde arabe est de plus en plus ternie.

Dans son discours devant l'Assemblée du peuple et le conseil consultatif, le président Moubarak a précisé de façon claire les moyens de sortir de l'impasse en Iraq : « Pour aider le peuple iraqien dans cette étape difficile de son histoire, il est indispensable de mettre fin à la recrudescence de la violence, de procéder au retour de la stabilité et au transfert du pouvoir au peuple iraqien ».

 

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