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Kiosque . L'énigme de la Banque Centrale fait couler beaucoup d'encre, la presse s'interrogeant sur les raisons de ce vide institutionnel. Loin de ces querelles de pouvoir, à Fayçal, des écoliers organisent des vide-greniers au profit des victimes de l'Intifada.

Le bateau fantôme

Malgré les vacances de l'Aïd Al-Fitr, le débat sur la Banque Centrale, et le différend entre son gouverneur et le premier ministre s'est largement étalé cette semaine dans les colonnes des journaux. Le quotidien Al-Akhbar cherche à résoudre « l'énigme de la Banque Centrale », qui fonctionne actuellement sans règlement interne et sans conseil d'administration. Une situation qui a entraîné la colère du premier ministre, qui s'étonne de voir la Banque Centrale abandonnée à elle-même. L'ancien règlement a en effet été suspendu à la suite de la promulgation de la nouvelle loi sur les banques. Et le nouveau règlement n'est pas encore entré en vigueur, car il doit être accrédité par le Conseil d'administration de la Banque Centrale, encore inexistant. Cette situation « étrange et unique » entrave affaires et intérêts, souligne le journal. L'éditorialiste Saïd Sonbol se demande « quelles sont les raisons qui empêchent la formation d'un Conseil d'administration de la Banque ? ».

Pour sa part, le quotidien d'opposition Al-Wafd écrit qu'il « est déraisonnable que les différends entre le premier ministre et le gouverneur de la Banque Centrale s'intensifient au point que la nomination de la nouvelle administration de la Banque soit bloquée depuis plusieurs mois ». « Ni en Egypte, ni dans n'importe quel autre pays, jamais des différends n'ont empêché la mise en application de la politique monétaire du pays », déplore Al-Wafd.

D'autre part, l'hebdomadaire pro-gouvernemental Al-Moussawar trouve que « le premier ministre a le droit d'être en colère contre le gouverneur de la Banque Centrale ». D'après ce magazine, ce dernier a en effet surpris le chef du gouvernement en publiant la liste des membres du Conseil d'administration de la Banque sans l'avoir préalablement consulté. « Il n'est pas normal que le premier ministre découvre cette liste dans la presse comme n'importe quel autre lecteur », déplore Al-Moussawar. Comment donc fallait-il réagir ? Des différends oui, mais qu'ils restent confinés entre les personnes et non entre les institutions, afin de ne pas gêner les politiques du pays.

L'hebdomadaire Rose Al-Youssef s'est penché cette semaine sur une expérience importée d'Allemagne par la directrice d'une école de la rue Fayçal, à Guiza. Cela consiste à faire organiser aux élèves des « vide-greniers » dans la cour de l'école ! Le but de cette expérience est de « vendre toutes les choses dont les familles veulent se débarrasser, ensuite l'école fait don des bénéfices à l'hôpital du cancer pour les enfants », explique Samia Sadeq dans Rose Al-Youssef. Mona Al-Chal, directrice de l'école, raconte que « l'année dernière, cette même école a fait don de l'argent ainsi récolté aux victimes de l'Intifada ». Cette expérience est intéressante dans la mesure où elle profite à tout le monde. « Ainsi, les élèves prennent soin de garder leurs affaires pendant toute l'année en très bon état, afin de pouvoir les vendre ensuite », ajoute la journaliste. Ce qui est par ailleurs intéressant, c'est que les parents d'élèves se sentent eux aussi concernés et encouragent leurs enfants à la vente et aux achats de ces objets. « Elèves, parents d'élèves, mais aussi les professeurs participent activement à ce marché », précise Samia Sadeq. Mais ce n'est pas tout, cette expérience a bien d'autres atouts : « Les élèves gagnent aussi une petite partie de l'argent ainsi récolté qui leur permet d'acheter certaines choses dont ils ont besoin, et allègent ainsi les charges de leurs familles », relève la journaliste. Une expérience intéressante qu'il semble possible de généraliser dans tout le pays ? Pourquoi ne pas établir ce genre de marché dans les rues et les quartiers populaires pour en faire profiter tout le monde ?

Hoda Ghali
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Nos ancêtres les Pharaons

Le retour cette semaine au Caire de 300 pièces archéologiques égyptiennes sorties illicitement du pays grâce à un effort soutenu du Conseil Suprême des Antiquités (CSA) et des autorités témoigne d'un louable attachement au patrimoine. Reste à savoir si la population est encouragée à connaître ou à aimer ce patrimoine. Tout porte à croire que la politique établie ou convenue est de faire des monuments égyptiens un pactole touristique, une chose pour étrangers à la recherche d'exotisme. Quant aux Egyptiens, il vaut mieux qu'ils restent à l'écart des sites et des musées pour ne pas déranger le touriste ou parce qu'aussi ils pourraient être des terroristes en puissance.

Une scène quotidienne à la sortie du Nile Hilton en direction du Musée du Caire. Les policiers sont déployés et dès qu'ils voient un Egyptien passer, ils le fouillent et demande à voir sa carte d'identité. Ils demandent à certains d'entre eux de rebrousser chemin et de passer d'un autre côté. Une situation des plus humiliantes que justifie un policier en disant « Et si votre sac était plein d'explosif pour faire sauter ce lieu touristique ?! ». Certes, il est important de veiller à la sécurité. Mais pourquoi donc seuls les Egyptiens sont suspectés ? Et si ces personnes voulaient simplement se rendre au musée. Pas très important a affirmé un agent. « D'ailleurs, ils ne paient que 2 L.E. l'entrée contrairement aux touristes qui paient bien plus ... », dit-il. Ce policier n'est pas représentatif, mais il exprime une certaine vision malheureusement admise de l'inutilité pour un Egyptien de visiter ce musée centenaire. Parce qu'à l'entrée aussi, il subit une fouille en règle, on lui demande d'exhiber une pièce d'identité qu'un agent lit soigneusement. Que va-t-il y découvrir ? De plus, il passe par une autre entrée que celle des touristes. Outre l'interdiction faite aux Egyptiens de se rendre aux Pyramides pendant l’Aïd al-fitr ... Avec cela, voyez-vous des Egyptiens s'intéresser à leurs ancêtres les Pharaons ?

Ahmed Loutfi

 

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