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Iraq
. En une semaine, le pays a connu les affrontements les
plus meurtriers depuis la fin de l'offensive militaire entre
les forces américaines et la résistance. Dans le même temps,
les attaques visant les alliés des Américains se sont intensifiées.
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Climat
de guerre
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| Début
de semaine particulièrement sanglant en Iraq, où l'armée américaine
a tué une cinquantaine d'Iraqiens pour la seule journée de dimanche,
alors que la veille et l'avant-veille, les attaques contre les
alliés des Américains avaient fait plusieurs morts : sept
Espagnols, deux Japonais, deux Sud-Coréens, un Colombien et
deux soldats.
Dans
des combats qui ont éclaté dimanche entre l'armée américaine
et la guérilla à Samarra, à une centaine de kilomètres au nord
de Bagdad, les forces américaines ont déclaré avoir tué 54 personnes,
sans toutefois préciser s'il s'agissait de combattants ou de
civils. Il s'agit de l'affrontement le plus sanglant avec la
guérilla depuis la chute de Bagdad en avril.
D'après
les déclarations du colonel Fredrick Rudesheim, l'attaque qui
a pris pour cible dimanche les forces américaines à Samarra
(110 km au nord de Bagdad) était une embuscade « coordonnée »
qui visait un convoi transportant un stock de nouvelle monnaie
iraqienne.
Dans
un premier temps, la 4e division d'infanterie américaine (4e
DI) avait annoncé avoir tué dans l'après-midi 46 personnes qui
tentaient d'attaquer des convois militaires à Samarra. Alors
que du côté du personnel de l'hôpital de la ville, on affirme
que huit civils, parmi lesquels une femme et un enfant, ont
été tués et plus de 60 autres blessés par « les tirs
américains » lors de ces affrontements.
Le
colonel Bill MacDonald, porte-parole de la 4e DI, a en outre
affirmé que les assaillants étaient vêtus d'uniformes des Fedayins
de Saddam, l'ancienne milice dévouée au président iraqien déchu.
L'annonce
de ces combats meurtriers à Samarra, qui se trouve dans le « triangle
sunnite » (Bagdad-Tikrit-Ramadi), théâtre d'attaques
régulières contre les forces de la coalition, a clos deux jours
particulièrement sanglants pour le personnel civil et militaire
de la coalition : samedi et dimanche, sept agents des services
de renseignement espagnols, deux soldats américains, deux diplomates
japonais, deux Sud-Coréens et un Colombien ont été tués dans
des attaques. Réagissant à la mort de sept agents secrets espagnols
en Iraq, le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar a
réitéré dimanche « l'engagement » de Madrid
contre le « terrorisme ». « Nous sommes
où nous devons être. Nous n'abandonnerons pas à leur sort les
victimes du terrorisme d'ici et de là-bas », a affirmé
Aznar. De son côté, le premier ministre japonais, Junichiro
Koizumi, s'est déclaré « en colère », tout
en répétant que son pays prendrait part à la reconstruction
de l'Iraq, y compris en dépêchant des soldats dans ce pays.
Avant
que les embuscades de Samarra aient été rendues publiques, le
général Martin Kimmitt, du commandement militaire américain
à Bagdad, avait estimé que la recrudescence des attaques contre
des cibles « faciles » visait à intimider les
alliés des Etats-Unis en Iraq. Mais il avait affirmé que cette
stratégie était vouée à l'échec. Les assaillants « visent
de façon claire la coalition pour intimider nos alliés. Les
terroristes étrangers reconnaissent que les enjeux sont importants,
nous les reconnaissons aussi », a-t-il déclaré. Et
d'ajouter : « Nous avons affirmé au cours des deux
dernières semaines que nous sommes en face d'un ennemi intelligent
capable de s'adapter qui tentera de nouvelles choses, mais qu'ils
ont en face d'eux une armée qui est également intelligente,
pouvant s'adapter et qui a appris leur tactique ».
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Divisions
au sein du Conseil de gouvernement
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Sur
le plan politique, le Conseil de gouvernement transitoire iraqien
a décidé à l'unanimité de demander au peuple son avis à propos
de l'accord sur le transfert du pouvoir aux Iraqiens. C'est
ce qu'a annoncé le futur président du conseil, Abdel-Aziz Hakim,
chef du Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Iraq (CSRII),
sur la chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar. « C'est
la volonté de la hiérarchie religieuse, du CSRII et de toutes
les forces éprises de paix », a ajouté Hakim, qui devrait
assurer la présidence du Conseil de gouvernement pour le mois
de décembre.
Mais
les 25 membres du Conseil de gouvernement, réunis samedi et
dimanche à Bagdad, restent divisés sur l'opportunité d'une élection
immédiate d'une « assemblée nationale provisoire »,
exigée par la hiérarchie religieuse et les principaux partis
chiites. Un comité de quatre membres du Conseil du gouvernement
transitoire a été chargé de parvenir à un accord sur une formule
pour l'élection d'une assemblée provisoire. Selon Adel Abdel-Mahdi,
du CSRII, le conseil s'achemine vers « une formule acceptable
qui comporte une forme d'élections ». Il ne s'agit
pas d'« élections générales au suffrage universel »,
a-t-il précisé. « Nous devons avoir une sorte de représentativité,
tout en tenant compte des circonstances actuelles »
d'insécurité, a affirmé ce responsable estimant que « nous
pouvons tout aussi bien respecter les échéances et se rapprocher
le plus possible de la volonté du peuple. Ce n'est pas contradictoire ».
Le
débat oppose les « souverainistes » qui considèrent
que le premier objectif est le retour rapide de la souveraineté
et la fin de l'occupation, et les « démocrates »
qui mettent l'accent sur une consultation directe du peuple
iraqien pour donner une légitimité au nouveau pouvoir. Selon
le calendrier fixé par l'accord de la passation des pouvoirs,
signé le 15 novembre entre l'actuel président du conseil Jalal
Talabani et l'administrateur américain en Ira Paul Bremer, l'« Assemblée »
doit être constituée fin mai 2004, suivie un mois plus tard
du gouvernement transitoire, à qui la coalition transférera
la souveraineté après plus d'un an d'occupation. Or, les « souverainistes »
sont convaincus qu'avec l'organisation d'élections directes,
les échéances ne seront pas tenues et que le pouvoir restera
aux mains de la coalition. « L'important est de restituer
aux Iraqiens la souveraineté. Bien sûr, il est préférable que
(l'assemblée transitoire) reflète l'opinion du peuple, mais
pour qu'il y ait élection, il faut que tous les Iraqiens y participent,
même les quatre millions d'exilés », a affirmé Ahmad
Chalabi, membre chiite du conseil. Selon lui, « aucun
Iraqien n'est prêt à retarder le retour de la souveraineté et
la fin de l'occupation ».
« Les
discussions se poursuivent sur cette question », ont
affirmé dimanche Rajaa Khouzaï (chiite) et Nassir Chaderchi
(sunnite), à l'issue d'une séance de près de quatre heures de
l'exécutif iraqien. Le grand ayatollah Ali Sistani, la plus
haute autorité religieuse chiite d'Iraq, avait demandé jeudi
des élections immédiates au suffrage universel et à tous les
niveaux, refusant que les membres d'une future « Assemblée
nationale transitoire » soient désignés comme prévu
dans l'accord sur le transfert du pouvoir.
Abdel-Aziz
Hakim a indiqué qu'une décision avait été prise à ce sujet dimanche.
Pourtant, un autre membre de l'exécutif, M. Chaderchi, « les
discussions sur la tenue ou non d'un scrutin sont encore au
stade d'échanges de vues et aucune position consensuelle ne
s'est dégagée ». « Nous sommes tous d'accord
sur le principe de leur tenue, mais les circonstances ne le
permettent pas, sauf peut-être au niveau local », a-t-il
dit. Ce membre de l'exécutif a indiqué que Talabani avait adressé
un message au grand ayatollah Sistani pour lui soumettre certaines
idées. « Une nouvelle rencontre entre le dignitaire
religieux et une délégation du conseil se tiendra quand nous
parviendrons à une formule acceptable pour tous »,
a-t-il souligné. Selon un autre membre de l'exécutif, cette
rencontre pourrait avoir lieu d'ici une semaine. Entre-temps,
le conseil doit rencontrer ce mercredi l'administrateur américain
civil en Iraq, Paul Bremer, pour évoquer l'épineuse question
des élections.
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| Abir
Taleb |
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Opération
américaine dans le nord de l'Iraq
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Les forces américaines ont lancé
dans la nuit de lundi à mardi, dans la région de Kirkouk (nord),
une vaste opération pour retrouver Ezzat Ibrahim Al-Douri, ancien
numéro deux du régime de Saddam Hussein, selon un responsable
de la police de la ville. « C'est la plus vaste opération
de perquisition jamais engagée dans la région de Kirkouk. Ils
cherchent Ezzat Ibrahim Al-Douri et d'autres dignitaires du
régime à la suite d'informations nouvelles sur sa présence dans
la région », a affirmé ce responsable. « Les
perquisitions durant la nuit se sont concentrées sur la ville
de Hawijah (45 km à l'ouest de Kirkouk) et Rachad
(60 km au sud de Kirkouk). A Kirkouk, il y a des barrages
de contrôle aux entrées de la ville », a-t-il ajouté.
Au sud de Samarra, au moins
un soldat américain a été tué mardi lorsque deux attaques à
la bombe ont visé presque simultanément des convois militaires
sur la route principale conduisant à Samarra, théâtre de combats
sanglants dimanche entre soldats et guérilla, combats qui ont
fait 54 morts iraqiens.
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