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Al-Ahram
Hebdo : Cette 12e édition est marquée par la
Rencontre du luth arabe. Comment est née l’idée de cette
rencontre ?
Ratiba Al-Hefni :
Cette année, on a pensé ajouter aux soirées de chant et
aux concerts habituels d'autres rencontres qui mettent
en valeur les divers instruments de la musique arabe.
Les récitals attirent plus les étrangers qui aiment la
musique arabe et qui ne comprennent pas facilement les
chansons interprétées en arabe. On a choisi le luth parce
qu’il est le roi des instruments (instrument de base du
Takht). Pour ce, on a invité les grands
luthistes du monde arabe. De plus, le thème de la compétition
de cette année est le luth également. La compétition regroupe
des jeunes, qu’ils soient amateurs ou étudiants, dont
l'âge ne dépasse pas les 35 ans. Alors que la rencontre
regroupe les stars du luth. Ainsi le 3 décembre dans la
petite salle de l’Opéra, ce sera le rendez-vous avec le
luthiste iraqien Omar Bashir. Le 6 décembre, un récital
avec le Libanais Mahmoud Turkmani, le 8 décembre, le luthiste
turc de renom Yurdal Tockan. De même est prévue, pour
le 9 décembre, une soirée regroupant plusieurs générations
de luthistes, à commencer par les enfants jusqu'aux professionnels.
La soirée « Mon luth et moi », qui se
déroulera le 6 décembre, est basée sur l’improvisation.
Ensuite le chanteur syrien Safwan Bahlawan clôturera la
soirée en solo. J’espère qu’on organisera dorénavant chaque
année une rencontre pareille avec un instrument différent.
— A
chaque édition le festival organise une compétition particulière.
Jouer sur le luth était déjà le thème de la compétition
il y a environ 5 ans. Quelle est la différence entre cette
dernière et la compétition qui a lieu cette année dans
le cadre de la première Rencontre du luth arabe ?
— Il
y a une grande différence. Les critères de choix lors
de cette première compétition consacrée au luth étaient
moins exigeants que ceux d'aujourd'hui. La première compétition,
il y a cinq ans, était ouverte aux jeunes, notamment aux
débutants des instituts de musique qui n’ont pas vraiment
atteint un niveau adéquat. Les pièces choisies par le
comité du jury étaient très légères. Alors que cette année
les pièces choisies exigent une très bonne maîtrise de
la technique et un entraînement d'au moins 5 ou 6 mois,
à l'instar de celles des Iraqiens Mounir et Gamil Béchir
ou de l’Egyptien Michel Al-Masri.
— La
chanteuse égyptienne Anouchka chante dans un style particulier.
Ses chansons sont souvent légères, modernes et très rythmiques.
Pourquoi participe-t-elle cette année au festival réservé
en principe aux concerts de chant arabe classique ?
— Anouchka
est une artiste très laborieuse et très ambitieuse. Elle
a énormément du talent. Et a réussi à approcher le champ
classique et traditionnel. Elle va chanter des chansons
de Mohamad Abdel-Wahab, Mohamad Fawzi, etc. le 3 décembre
à l'Opéra. Elle interprète ainsi pendant 30 minutes seulement
les chansons classiques dans un cadre moderne loin de
la forme orchestrale qui accompagne souvent les chanteurs
durant le festival. Elle a bien étudié les capacités de
sa voix qui l’aident à mieux interpréter ce style de chant.
J'ai déjà assisté aux répétitions et je peux confirmer
qu’Anouchka n'est pas sans rappeler le style de la diva
libanaise Fayrouz. D’ailleurs, il faut encourager la présentation
du patrimoine dans un cadre moderne.
— Les
grandes stars de la chanson arabe comme Assala ou Saber
Al-Robaï sont absentes de cette édition. Cela veut-il
dire que le festival ne les attire plus ?
— Tout
d’abord, où sont nées ces stars dont on parle souvent ?
Assala est née au Festival de la musique arabe. Safwan
Bahlawan, Saber Al-Robaï, Loutfi Bouchnaq, Fouad Zabadi,
etc. ont tous connu un véritable succès à travers les
anciennes éditions du Festival de la musique arabe. Loutfi
Bouchnaq a chanté pour la première fois en Egypte à travers
le festival. Il n’avait pas encore de crédit auprès du
public. Saber Al-Robaï, je savais qu’il avait une voix
remarquable et je l’ai invité plusieurs fois au festival
pour le présenter au public égyptien. Je dois donc, chaque
année aux côtés de ces stars-là, inviter d’autres chanteurs,
peu connus en Egypte en dépit de leur succès dans leurs
propres pays. Cette année j’ai invité des stars syriennes
telles Chadi Gamil qui chante à la manière de Sabah Fakhri,
et je suis persuadé qu'il sera apprécié par le public
égyptien qui l'attendra lors des prochaines éditions.
Il y a également Nour Mahanna, l'un des meilleurs chanteurs
de la Syrie, mais qui est malheureusement peu connu en
Egypte.
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