Al-Ahram
Hebdo : Vous avez créé la surprise en arrachant
le titre de champion du monde de squash. Comment ressentez-vous
cet exploit ?
Amr
Chabana : Je suis très content. C'est le titre de
ma vie. Il sera inscrit pour toujours dans la mémoire
du squash même si j'arrête de jouer et c'est aussi un
titre pour mon pays. On a pu durant les années précédentes
remporter tous les titres de squash sauf celui de champion
du monde individuel homme. En fait, la finale m'a opposé
contre le Français Thierry Lincou, actuel n°3 mondial.
C'est un joueur très rusé mais j'ai joué le match très
calmement et j'ai fait de mon mieux pour gagner sur le
score de 3 à 1. En octobre dernier, il m'avait battu en
demi-finales de l'Open des Etats-Unis.
— Vous
attendiez-vous à arriver en finale du championnat du monde
individuel, le plus prestigieux tournoi du monde de squash ?
— Non,
je ne m'y attendais pas du tout à faire cet grand exploit.
C'est un rêve d'enfance. Avant de venir au Pakistan pour
disputer le championnat du monde, j'ai suivi le tirage
au sort sur l'Internet et je ne pensais jamais pouvoir
dépasser les 16es de finale et battre l'Australien David
Palmer, tenant du titre et actuel n°3 mondial et ensuite
le talentueux Australien Anthony Ricketts, n°6 mondial
puis Karim Darwich, l'actuel n°7 mondial et n°1 égyptien.
Un très difficile parcours m'attendait. Donc, théoriquement,
c'était difficile de gagner ou de dépasser au maximum
les 8es de finale. Mais ce qui s'est passé, c'est que
j'ai disputé le match des 8es de finale contre Palmer
avec beaucoup de concentration et j'ai profité du fait
qu'il n'avait pas suivi d'entraînements pendant 2 mois
avant le championnat du monde à cause d'une blessure au
pied droit. Et d'habitude, si je joue avec cet esprit,
je gagne même si je ne suis pas bien préparé et même si
mon adversaire est le premier mondial. Et, je l'ai battu
et j'ai eu confiance en mes capacités. Il en était de
même lors du match des quarts de finale contre Ricketts.
Quant à la demi-finale contre Karim Darwich, pour moi,
il n'était pas exclu pour moi de le battre, car je l'ai
déjà fait en finale de l'Open d'Espagne au mois
de juillet dernier.
— D'habitude,
lors des grands opens qui regroupent le top 20,
vous êtes éliminés dès les 16es de finale ou les 8es de
finale. Comment avez-vous réussi ce challenge ?
— Depuis
deux mois, j'ai triplé mon entraînement. Je joue du squash
quotidiennement avec mon compatriote Mohamad Abbass au
club Ahli. Cela a beaucoup développé ma condition
physique. D'autre part, je participe actuellement à 8
tournois par an.
— Vos
compatriotes Mohamad Abbass et Omar Al-Borollossi ont
été éliminés lors des 16es de finale du championnat. Darwich
a été battu par Borollossi lors de l'Open du Qatar
et par vous cette fois-ci en demi-finales. Jugez-vous
qu'il y a une baisse de niveau des joueurs égyptiens ?
— Non.
Pour Karim, il ne perd pas de niveau mais il passe par
une période de stagnation. Quant à Mohamad Abbass, il
s'améliore d'un jour à l'autre mais il panique quand il
joue contre les tops du squash et ce phénomène va disparaître
avec l'expérience et le contact. Pour Borollossi, il est
la surprise de cette saison. Premièrement, il a éliminé
Peter Nicol, actuel n°1 mondial et ancien champion du
monde lors de l'Open du Canada et a éliminé Darwich
de l'Open de Qatar.
— Comment
votre classement mondial actuel de 9e mondial sera-t-il
influencé après ce titre ?
— Mon
classement va être influencé mais pas pour le classement
du mois de janvier. En février, je vais gagner 4 ou 5
places, c'est à dire que je vais être 2 ou 3e. Je suis
content d'être parmi le top 5. Mais ce qui me rend vraiment
heureux, c'est le fait que j'ai bien joué et tout le monde
a apprécié mon style de jeu. Le plus important pour moi
ce n'est pas le classement, mais plutôt le titre de champion
du monde, j'y ai travaillé depuis ma plus tendre enfance.
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