| Election
d'un nouveau président, durcissement de la politique du parti
envers le gouvernement et apparition de nouveaux cadres. C'est
le bilan du cinquième Congrès général du parti du Rassemblement
unioniste progressiste (gauche) qui s'est déroulé au Caire les
17 et 18 décembre. L'ancien secrétaire général, Réfaat Al-Saïd,
a été élu comme prévu à la tête du parti. Il succède ainsi à
Khaled Mohieddine, figure historique du Rassemblement. Les 800
cadres du congrès ont en outre approuvé le « rapport
politique ». Il s'agit d'un document fixant les priorités
du parti durant les prochaines années. L'attitude envers le
gouvernement et la réforme politique constituent l'un des thèmes
principaux de ce document.
Lors
du quatrième Congrès général, le parti avait fait de la réforme
politique une priorité. Il s'agit de faire pression sur le gouvernement
pour l'amener à entamer des réformes démocratiques. Cependant,
aucun plan de travail n'avait été établi à ce sujet. En revanche,
le rapport politique de ce cinquième Congrès a mis l'accent
sur plusieurs points précis. Il exige des élections présidentielles
et le rejet du référendum comme mode de désignation du président
de la République. Hussein Abdel-Razeq, nouveau secrétaire général
du parti, explique : « Durant les années passées,
le parti du Rassemblement a insisté sur la modification de quelques
articles de la Constitution, notamment ceux qui se rapportent
à la désignation du président de la République. Cette année,
le congrès a exprimé son refus de nommer un vice-président qui
hériterait du pouvoir. Il a de même rejeté le principe que le
pouvoir soit transmis à un membre de la famille du président ».
Le rapport politique souligne également la nécessité de faire
pression sur le gouvernement pour passer d'un régime présidentiel
à un régime parlementaire.
« Nous
voulons proposer une politique nouvelle en faveur des pauvres
et des classes défavorisées et nous poser en tant qu'alternative
valable au régime. Nous avons préparé un plan d'action politique
et économique qui sera annoncé au peuple. Dans le domaine économique,
nous proposons une réforme fiscale pour améliorer la situation
économique du pays et rétablir la valeur de la livre égyptienne
de même qu'un plan pour la réduction des dettes intérieures
et extérieures et le taux de chômage », affirme Zohdi
Al-Chami, nouveau secrétaire général-adjoint du parti. Il ajoute
que dans le domaine politique le parti exige toujours l'annulation
de l'état d'urgence décrété après l'assassinat de l'ancien président
Anouar Al-Sadate. Le comité central du parti a été chargé de
mener une bataille contre cette loi à travers les manifestations,
la distribution de communiqués et les contacts avec la population.
En
outre, le parti a mis en place un autre plan pour recruter de
nouveaux membres. Selon Mohamad Saïd, secrétaire général-adjoint
chargé de l'action populaire : « Nous avons décidé
d'agir au niveau des syndicats professionnels et des ouvriers.
Nous essaierons de créer une union avec toutes les forces démocratiques
et de gauche afin de former un front fort contre le gouvernement ».
En
perte de vitesse comme les autres formations de gauche, le parti
du Rassemblement tente de se refaire une santé. En durcissant
le ton envers le gouvernement, il tente de relancer ses activités.
C'est dans ce cadre qu'en plus de l'élection d'un nouveau président
à la tête du parti et l'adoption du rapport politique, des élections
ont eu lieu pour renouveler les cadres du comité central et
du bureau politique. Le bureau politique compte désormais 6
nouveaux membres sur un total de 9, la plupart étant des radicaux.
Hussein Abdel-Razeq précise : « Les trois adjoints
au président du parti sont de nouvelles figures. Parmi eux l'ancien
député Raafat Seif et le député Aboul-Ezz Al-Hariri ».
Ces cadres peuvent se heurter à Réfaat Al-Saïd, connu pour sa
politique flexible à l'égard du gouvernement. |