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Huit
mois après la chute de Bagdad, le président déchu est tombé
entre les mains des forces d'occupation américaines. Sa capture
était inévitable, c'était une question de temps. Maintenant
que l'armée est défaite, la police inexistante et les appareils
de sécurité disparues, sur quoi peut parier Saddam ?
Saddam ne s'est
jamais plié aux circonstances, si pressantes soient-elles. La
catastrophe s'est produite lorsque Saddam a refusé catégoriquement
les efforts arabes et internationaux, déployés pour épargner
aux Iraqiens les effets dévastateurs d'une guerre.
A la suite de l'arrestation
de Saddam, le président Moubarak a rappelé ce qu'a fait l'Egypte :
« Personne ne peut ignorer les efforts que l'Egypte
a déployés pendant des années pour épargner à l'Iraq et à son
peuple cette fin douloureuse ». Et il a ajouté :
« Malgré les avertissements, Saddam n'a tenu aucun compte
de ces appels ».
La chute rapide
et humiliante de l'Iraq et l'arrestation d'un grand nombre de
ses dirigeants constituent une frustration et un choc pour les
Arabes. Ils ont laissé le peuple affronter une expérience inédite,
celle de l'occupation par des forces étrangères d'un Etat indépendant
membre des Nations-Unies.
Quoi qu'il en soit,
nous ne pouvons qu'affirmer la nécessité de traiter Saddam et
les symboles de son régime en tant qu'anciens responsables iraqiens.
Quels que soient les crimes qu'ils ont commis en Iraq, il est
indispensable de leur accorder un jugement équitable. L'objectif
est de faire prévaloir le principe de la justice, dans un pays
qui a longtemps subi l'absence de la loi et l'indifférence vis-à-vis
de la légitimité. Le jugement du président déchu devant un tribunal
iraqien servira par ailleurs de leçon à d'autres dictateurs.
La question ne
se réduit pas bien entendu à l'arrestation de Saddam et son
jugement devant la justice. C'est la fin prévisible et normale
d'un tyran qui a commis bien de crimes contre l'humanité à l'intérieur
et à l'extérieur de l'Iraq.
La question essentielle
est celle des moyens de construire un Iraq nouveau, libre et
indépendant. L'Iraq est un pays arabe important, un pilier du
système régional arabe. Un pays important auquel on doit accorder
la priorité. Son retour libre et indépendant dans le giron arabe
est indispensable. Le ministre égyptien des Affaires étrangères,
Ahmad Maher, l'a tant affirmé : « Nous souhaitons que
ce qui s'est passé en Iraq puisse accélérer le transfert du
pouvoir au peuple iraqien, le recouvrement au plus tôt de sa
souveraineté et de sa force. Ce qui implique un retrait des
forces d'occupation ».
Le dernier mot
sur l'arrestation et le jugement de Saddam doit donc être laissé
au peuple iraqien. Cela permettra aux Iraqiens de retrouver
la maîtrise de leur destin dans un Etat souverain.
Le plus important
est la sécurité, la stabilité, la reconstruction et la démocratisation
des institutions de l'Etat. Le
peuple doit procéder à la construction d'un Iraq libre et démocrate,
indépendant, arabe, actif dans les causes nationales, pacifique
dans ses relations extérieures.
Ceci ne doit pas
nous faire oublier la cause palestinienne qui a été, et restera
pour toujours la première cause arabe. Cette vision est d'autant
plus importante qu'Israël tend visiblement à exploiter les événements
récents pour réaliser des bénéfices au dépens des droits palestiniens
et arabes. Ce qui a eu lieu en Iraq ne doit pas détourner notre
attention des causes arabes pressantes, la question palestinienne
en tête. Parvenir à régler équitablement le conflit israélo-palestinien
sera la clé de la sécurité et la stabilité dans la région.
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